jeudi 30 mars 2017

Saez 2017



J’ai honte, je ne sais plus où me foutre, je ne sais plus quoi leur dire à mes deux grands. Ils vont devoir faire un choix quant au prochain résident de la république. Ils vont voter un président pour la première fois. Vaste dépucelage. J’ai envie de pleurer et de leur dire de construire avec tous les indépendants, les athées, un parti d’abstentionnistes à entendre, gueuler, bouder ou démissionner. Mais j’ai pas l’échine, le droit et je suis bien tenté par « démerdez-vous » j’ai la nausée. Urner pour éliminer l’horreur, calculer, écarter et bafouer ses convictions. Mais un chien peut en cacher un autre, c’est cuit. Faire en sorte de détruire un fion ou un pen-à-jouir, de garder ses idées hautes dans sa culotte… « des millions de pauvres… des millions de pauvres… », oui je sais, la pluie ça mouille.
Je les sens bien « plus partisane que cellophane » mes grands avec des « odeur de populaire », je leur dirai bien que j’aime le « petit matin au bistrot » et que je suis extrêmement Europe, mais pas celle là.. que j’ai jamais voté avant 2002 et que j'ai encore le sphincter attaqué, que j’irai bien vivre avec mes frères portugais au bout du continent .. Ne lisez pas les programmes, après c’est comme quand on ouvre la boite d’un big mac chit méga macron, rien à voir avec la photo du menu.

Mon grand est allé voir Damien Saez sur scène avec son amoureuse. « Peuple militant » .. peut être depuis, il s’est fait une idée, en tout cas ça vaut ce que ça vaut, mais moi je suis bien dans cette chanson là … voilà, démerdez-vous avec c’que vous avez, ce que vous savez et surtout ce que vous ne savez pas encore. J'écoutais bien Balavoine dans les années 80, et moi aussi j'avais peur de donner le pouvoir à un fou.
Les crevures se déchaînent, les urnes d’épuration frissonnent, la haine ne décante jamais et une quelconque ordure va monter sur le socle, la résistance va bouillir pour qu’on puisse se battre à la survie de l’amour pour l’autre… ah merde, je recommence mes conneries puériles, j’ai un devoir d’adulte buriné, de transmission et de conseil d’homme administré.. moi je vous dis ni fion ni pen-à-jouir.., je vais y aller, bien obligé, voter blanc ou noir, je vous aime mes grands.

Tiens moi ma découverte de Saez, c’est grâce à William Sheller comme beaucoup de quadra. Et déjà je préférais « Petit prince » et « Montée là-haut » à « jeune et con ». Et quelque soit les controverses, les médias et les rumeurs, tout ce qu’on dit et cette merveilleuse pochette censurée, j’écoute la verve infernale de ce Damien lunaire, Barbara, Brel, Renaud, DaSilva, Noir Désir..oui je sais ça va faire hurler.. ses interprétations sont incarnées .
Toutes les chansons « Pierrot » sont belles, et puis là, il y a aussi « Lulu », belle comme un « Pierrot ». C'est un triple album à prendre sans trier, quitte à se perdre dans « La rue de la soif », ….. dans le flot colérique de Damien Saez.

Damien Saez 2017 « Lulu » 

lundi 27 mars 2017

Brian Eno 2016/17







Des étendues, nappes à perte de vue, la lenteurs des éléments végétaux qui naissent à nouveau, Brian Eno revient dans un son biologique, comme avec "Small Craft on a Milk Sea".
"Sisters" et "Reflection" c'est l'heure du débourrement, des bourgeons fleurs ou feuilles, des veines de ligneux suçant les sols et poussent vers le haut tout ce qui va nous contenter d'ombre pour les zénith du soleil à venir.



Il est 6h30 heures au cadran de l'hiver, la nature s'égosille, le merle est en exctase. La lueur du jour après une nuit de "Reflection", avant la renaissance une fois de plus, chante et ondule "Sisters".



Deux nouveaux voyages sur deux ans, à quelques mois d'intervalle, Eno résonne toujours à l'orée du son des cellules et de la résurgence de nos pensées les plus fraîches.




Brian Eno
2016 "Reflection" label : opal limited
2017 "Sisters" label : generate music.

vendredi 24 mars 2017

Albin De La Simone 2017



Pas facile d'écrire un truc quand on trouve pas les mots, quand les siens vous clouent le museau et qu'ils disent tout à la place des vôtres.


L'humilité d'un chansonnier hors pair, la beauté des mots sur des airs plein de tendresse et de poésie.
Je crois avoir entre les oreilles, le plus bel album cette année de par ici. Son livret est un aveu  touchant, son processus créatif sur des mots simples, le studio Vogue... les destinations...le texte d'abord puis la musique... c'est un bavadrage rassurant, tout y est, y'a juste à poser l'écoute à travers ces confidences artistiques et sentimentales, des chansons parfaites d'un quotidien à fondre.

J'ai écouté trois fois le dernier album d'Albin De La Simone, puis j'ai lu quelques Lettres à Anne de François, 1964, est ce que ça existe le grand amour ? J'ai remis le dernier album d'Albin De La Simone en feuilletant le beau livre de "La nature silencieuse", des payages d'Odillon Redon, sa mine de plomb sur papier chamois.. j'ai sruté l' "Arbre" jusqu'à ce que s'éteignent la musique.




Albin De La Simone 2017 "l'un de Nous"  label : tôtoutard
http://www.albindelasimone.com 


mercredi 22 mars 2017

Expo'70 2006/2016





Elle a dû me pomper la moitié du sang, je ne peux plus bouger, la brûlure sur les tempes et la morsure sur le bulbe, je sens sa salive envahir mes cellules.
Un cataplasme à moutarde me pénètre les reins, si j'avais sû qu'elle s'appelait Astrionics, jamais je me serais étendu sur ce granit chaud, endormi par son haleine gingembre. Je vais exploser, pourtant je suis bien là à bouillir, à jaillir liquéfié.


Dix ans après la sortie du CdR, Expo'70 le trio infernal de space rock drone fuzzy experimental ressort son Exquisite en double album et cassette longue durée. Le morceau éponyme qui termine l'album est un long naufrage paradisiaque de 20 min. Je m'y suis échoué.




Expo'70 2006/2016 "Exquisite Lust" label :kill shaman




lundi 20 mars 2017

Monopsone 2017 : Orso Jesenska / Matthieu Malon / Erik Arnaud







La trinité sur le Pilat, trois volets s'ouvrent sur une même teinte, la grande lumière boit toutes les couleurs, aplanit le souffle chaud. Trois beaux auteurs de par ici ont répondu à l'invitation du label Monopsone, chacun de leur côté ils ont dessiné le paysage, et leurs créations se sont croisées sur la dune blanche. Un doux projet dressé par Orso Jesenska, Matthieu Malon et Erik Arnaud. 


La verve, la brûlure, la mélanolie, un soleil nucléaire a irradié les troncs de conifères. Juste passé la dune avec le large oublié, les grands arbres sombres s'ouvrent devant, l'eau, la sève, le sable, la forêt profonde...."Un monument exceptionelle et unique constitué de millions de petits grains de sable, un mastodonte en mouvement qui engloutit la forêt façonnée par l'homme : la dune du Pilat est une histoire en cours d'écriture, le fruit de la puissance destructive des éléments naturels et de l'action de l'homme. Quand Stéphane Merveille a arpenté ses pentes armé de son appareil photo, il a saisi toute la dimension poétique (voire prophétique) du lieu, en pensant aux artistes avec qui Monopsone souhaitaient écrire une nouvelle page du label en activité depuis plus de seize ans"."

C'est vachement bien par ici, ça chante de tout et d'ailleurs, c'est ouvert aux plus belles choses d'un petit endroit, pas loin de là, à quelques portées lumière de la main.


Des créations, des démos, des reprises (2 chacun), trois Eps comme un manège thématique. Des trois je connais un peu moins Erik Arnaud, et sa reprise improbable "Tous les cris les SOS" me plait beaucoup. C'est sûr Stéphane a fait des merveilles, et je me souviens du projet d'un autre label de par ici aussi Arbouse en Aveyron, avec le son collé à la pierre ancestrale.
"Les variations d'ombre" me sont venues biologiquement, comme les ballades naturelles qui allaient de soi, au creux de la dune, le large de l'autre côté, la forêt profonde devant moi.  "Sais-tu ce paysage où l'on meurt au matin "




Orso Jesenska "Les variations d'ombre"
Matthieu Malon "Peu d'Ombre près des Arbres Morts"
Erik Arnaud "Golden Homme"
label 2017 : Monopsone.

http://www.monopsone.com/   





https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/02/matthieu-malon-2014.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2014/01/orso-jesenska.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/05/orso-jesenska-2015.html

vendredi 17 mars 2017

In Gowan Ring 2017



 
Les griffes crayeuses sur l'ombre violette d'un bois sans âge est venue me tirer du cageot. Les yeux éblouis par la blancheur de l'écorce, je suis resté assis sur ce vieux billot mousseux à contempler la danse molle des ligneux qui vont souffler leur poussière sous la nouvelle lumière, une forêt de bouleaux.

Mes tempes blanchissent comme la peau de ces arbres qui n'en finissent pas de vieillir nos troncs.
Les grilles opalescentes me tiennent serrés au beau milieu d'un breuil blanc à faire pisser les naseaux, les noyaux en feu...across the univers.

In Gowan Ring 2017 « Visions of Shadows that Shine »

mardi 14 mars 2017

Thievery Corporation 2017




Cup of tea records et ses compilations, Planet E label et sa profondeur discographique, Klein records, les groupes Alpha, Zero 7, Lovage, Telepopmusik, Cinematic Orchestra, Planet E avec le sublime « Leaving you with this »... j'ai eu une grosse période Trip Hop, avec du super son tout neuf, de l'electronica métissé soft à passer à n'importe quelle heure, sans compter les piliers de comptoir qui ont bétonnaient le mouvement, Tricky, Archive, Massive Attack, Morcheeba et Portishead.
Festif, ambiant, reposant, sensuel et chaleureux, lounge, Troublemakers, Peace Orchestra, exotique comme St Germain, Gotan Project, Zenzile, Dr Alex Paterson's, Terrestre.... cette musique langoureuse est un patchwork papier peint vieillot ou pas.

 
J'ai ressorti tout ça le temps d'un week end, grace à une nouveauté « The Temple of I & I » de Thievery Corporation. Surement ce groupe résume tout ça, bossa nova. C'est en tout cas ceux que j'écoutais le plus souvent, « The Morror Conspiracy » et sa belle « Lebanese blonde ».

 

Fidèle duo américain Rob Garza et Eric Hilton sortent leur dixième album en exactement 20 ans de carrière et un seul label Eighteen Street Lounge Music. Très fortement d'inspiration reggae, ce brûlot d'un mouvement musical qu'on croiyait disparu vient emballer mes enceintes comme si elles n'avaient pas roulé des hanches depuis bien longtemps.
« Let the chalize blaze », typiquement du bon trip hop d'époque.


Thievery Corporation 2017 « The Temple of I & I » label : eighteen street lounge music

dimanche 12 mars 2017

Elbow 2017



Les albums studios de Peter Gabriel commencent sérieusement à me manquer. Après les avoir tous passer pour la énième fois, je me mets un petit Elbow.
Le tout dernier « Little Fictions » ne déroge pas, et je me répète depuis quelques années, Elbow me fascine par sa discrétion et sa perfection. THE groupe anglais.


Elbow 2017 « Little Fictions » label : polydor

mercredi 8 mars 2017

Madrid 2000



 
Découper des petits morceaux du quotidien, une tranche de mauvais temps avec des voix qui résonnent, juste devant la frange du déluge.
C'est un morceau de quelque part, un bout de vécu d'un quidam parmi les fantômes gris, perdu dans la foule lavée par des jours de moral crachin.
Un truc s'est arrêté, polaroïd, instantanée, une capture argentique ou numérique.
Si l'on tend l'oreille des voix d'un autre monde chuchotent. Paysagistes et architectes musicaux, Guilhem Granier, Dominique Dereymez, Joël Galinski dessinent des notes accrochées sur des grilles noires de monde, un paysage brumeux, des trottoirs qui reflètent, un langoureux post rock Lo-fi grenoblois. L'équivalent par ici, de Gastr Del Sol (O'Rourke & Grubbs)
A nouveau un disque perdu retrouvé au fil d'une étagère farfouillée, une petite merveille oubliée, une sacrée belle virée sonore dans la vie de quelques uns.

Madrid 2000 « Madrid »
label : icidailleurs / les disques serpentines

lundi 6 mars 2017

Radar Bros 1999



 
On voyait d'eux un mélange de Neil Young et de Pink Floyd. à l'aube d'un nouveau siècle je me suis précipité sur Radar Bros pour ces raison là. Je les ai gardé depuis pour plein d'autres, avec le vague sentiment qu'il y a aussi dedans du Grandaddy, du Smog.
 

« Singing Hatket » me suit comme une fringue sentimentale qu'on ne lave sous aucun prétexte, comme une paire de boots véritables qu'on porte jusqu'au dernier bout de croco qui ne tient qu'à un fil. Des jours de grande chaleur, il m'arrive de ne rien faire de ma carcasse alourdie et engourdie par ces douze chansons climatiques, une journée pour rien comme je les adore. Un poil bougon, un rythme poisseux, slowcare blues Lo-fi, la gueule emplâtrée par un mauvais réveil, quelques millimètres de plus et mon hamac va frotter la terre craquelée. Faudrait que j'aille resserrer les nœuds, je vais attendre la fin du disque, « You 're been hired » m'ordonne de ne pas bouger.
Ouhh là, pas question que je m'engueule avec qui que ce soit, si mon boule gratte la poussière et que le balancement s'arrête, mon cerveau cajolé par cet americana planant fera le taff. Rien n'arrêtera le tangage mou d'un arbre qui me porte, une fois de plus.
 

Le trésor d'une étagère, un vieil album discret qui me colle à la peau depuis des décennies.. pépite de discothèque.. p'tit bijou, coup de cœur permanent...pouarrfff, on verra plus tard pour le titre. Radar Bros distille, je me rapproche du globe et mon cul embrasse la croute terrestre.


Radar Bros 1999 « Singing Hatcket » label : chemikal underground


vendredi 3 mars 2017

Love 1967



Je tangue dans mon prunus à élaguer, je prends le doux soleil de mars qui console les carences des chairs hivernales.
Une couronne de bourgeons se demande ce que je fous là, une coupe de printemps. Boutons bordeaux, fleurs roses, la chair du ligneux est rosée comme un sang bordelais d'arbre en éveil, un madiran dans les artères. Je tangue et sifflote un air de printemps qui me balade comme un métronome, un air mou et tiède, beau à rester tanguer ainsi jusqu'à perpette.
Un nuage de petits moucherons est venu écouter ce morceau sifflé comme s'il provenait des cellules de tout ce qui peut renaître autour de nous. Pas impossible que j'aille m'étendre sur l'herbe convalescente et détrempée. Chuter sur le sol capillaire pour qu'il me boive toute la fatigue.
 

Petits accords léger en intro Cmaj7 juste pour rendre un poil plus joyeux le Em, puis le remoud merveilleux d'une des plus belle chanson commence avec cette fragile voix d'Arthur Lee qui me rappelle quelques belles mélodies des Bee Gees 60's quand Robin interprétait. Plus que n'importe quel billet sur le groupe, « Andmoreagain » est parmi mes préférences des plus belles chanson de tous les temps et de l'album. Nous sommes en 1967. Un an auparavant, le Rock lâchait son Roll. Les Beatles arrêtaient la scène, Sgt Pepper arrive, le psychédélisme était la nouvelle came romantique planétaire. Flower power, Californie, je sifflote cette petite merveille totalement grisé par cet air de tiédeur narguant l'hiver qui agonise.
 

Bientôt mon prunus va fleurir, mon flower power à moi, juste histoire de fêter les petits moucherons venus écouter « Andmoreagain ».


Love 1967 « Forever Changes » label : elektra