samedi 22 avril 2017

Deep Purple 2017



Deep Purple sur un iPod de récupe dans un TER grande ligne, ça craint un max, c'est pourtant hype et vachement swag, pourtant les yeux se dirigent sur moi, dubitatifs, comme si ma bite avait un goût, heureusement que j'ai pas sorti ma galette blanche « 100 seconds magic esp » qui lit les CD mais aussi les CD MP3 s'il vous plaît. Mon casque fonctionne encore avec des fils qui rentre dans ma besace, branché sur quoi ? Un jour ils vont me taper ou me foutre en zonzon à la peine pour les ringards, c'est bientôt demain la veille. Dedans, quitte à en rajouter, il y a le nouveau Deep Purple.

Quelle est jolie cette journée de silence politique. Profitons jusqu'à plus soif, du silence des porcheries.

Le cockpit en caveau, j'ai l'éphémère impression que « Infinite » me jette une pelletée de charbon pour que cette loquasse loco ne s’arrête un jour, dans quelques instants. Trajet quotidien, cette routine musicale, l'espace d'une heure a délayé l'espace temps, oh, juste à l'entre de deux gares. En boucle « Johnny's Band » revient comme ça à l'unisson et je suis sur le quai comme un con, empourpré à me demander ce que je fous déjà ici à la perpendiculaire d'un bleu cobalt en transe, et à la verticale d'un ciel outremer sans fond alors que tout le monde s'affaire. Ça va passer, je prends quelques poignées de minutes pour me purger la chaudière avec ce heavy prog et je reviens, repars, j'arrive.

Deep Purple 2017 « Infinite » label : ear music




lundi 17 avril 2017

Fink 2017





La puissance de feu de Fink n'est pas dans les watts, pas dans la force des volumes. Fink, je le connais déjà pour quelques disques soul plus tonitruant, avec des productions moins silencieuses sous les tuiles de Ninja Tune. Depuis 2000 ce groove british attire mon attention.
« Fink's Sunday Night Blues Club » dégage une énergie intrinsèque qu'il faut aller puiser à travers un gospel soul sourd de blues introverti. Des braises qui ne demandent qu'à brûler.


Crépuscule urbain flamboyant et le feu déjà est passé, grillant presque tout sur son sillage. Juste à travers les fumées rouillées, la silhouette imposante de l'artiste se détache, comme l'unique survivant. Grave et cuivré, l'envergure en cinémascope, blues apocalyptique, slide coupant, chamanique et chaud, c'est une heure dorée fantomatique.

Fink 2017 «  Fink's Sunday Night Blues Club » label : ninja tune

vendredi 14 avril 2017

Karen Elson 2017



Ni photo, ni people, ni age, c'est de l’honnêteté à l'état pur si mon affect est grisé par cet opus, sans imposture aucune, je ne sais même pas à quoi elle ressemble, j'écoute le nouveau Karen Elson avec beaucoup de plaisir. Une nouvelle fois elle a mouché mes valves et ouvert grand mes esgourdes affamées. 

Je sais juste que ça vient de sortir, je ne connais pas son visage et pourtant sa voix de Maggie Reilly moins physique enchante ma rétine dans un petit instant de douceur. Dès la première chanson tout s'éclaire et devient limpide, « Wonderblind » me souffle un air frais comme savent le faire Isobel Campbell ou encore Joanna Newsom, la harpe iodée, la flûte romantique, l'orgue Manzarek..et ce chant, je suis foudroyé par l’honnêteté. « The End » au seuil de la porte, « Raven » à s'en étrangler.. le doux disque de Karen Elson a tout pour sincèrement me déstabiliser . Amoureusement anodin.

Karen Elson 2017 «Double Roses » label : play it again sam

mercredi 12 avril 2017

John Father Misty 17



Tiens, depuis 2012, je me suis attardé sur chaque album de John Father Misty, et même à l’époque de Fleet Foxes, voire Tillman.  Il semblerait que j’attache une attention particulière à cet artiste au collier généreux. Troisième album et voilà ce que je disais du précédent :
« The night Josh Tillman came to our Apt. », « When you're smiling and astride me », « Nothing good ever happens at the goddman thristy crow » voltigent comme un bal incessant, une improbable promenade sur une route de pavés jaunes. « I Love You, Honeybear » est une épopée musicale fantastique sous des traits fabuleux d'une pop majestueuse, multicolore qui nous emmène dans le musée Elton John.
C'est bariolé, moderne, c'est un conte édulcoré où des personnages féériques dansent.
 
Le nouvel album de Father John Misty est une clémence fauve et romantique. Ça tangue et embarque, on tourne éperdu dans un slow barbapapa. Un large carquois sonore nous plante le cœur dans un paysage mirobolant et luxurieux... chœurs, violons, synthé, pedal steel.. de la pop à plein poumon posé sur un manège de nougatine.

 
Cette écriture est comme un arbre en fleur, forsythia, prunus et cerisier, des branches d'envergure fantasmagorique qui collent à l'hyper production et les arrangements puissants « The ideal husband ».

Et toujours ce fantôme Elton John 70's qui définitivement m'invite sur « Bored in the USA ».
« I love you, Honeybear » tourne et tourne sans que je puisse arrêter cette folle envolée de pollen royal.


 
Pas très loin de Middlake ou des Fleet Foxes dont il était le batteur, Father John Misty c'est aussi J.Tillman chez Fargo ou Bella Union, Joshua son prénom et son folk d'hier à pris des hauteurs légères et fantastiques.

Je ne lâche rien, je persiste et radote, cet opus 2017 est même encore plus maîtrisé, plus haut le solennel des chansons, l’orchestration, les mélodies, aucun signe de faiblesse chez songwriter lyrique et poétique de la côte Est. C’est pourtant sur la côte Ouest que vient se poser une de ses plus belle chanson, un hymne à LA.

J’aime beaucoup ce nouveau Elton John Misty.
 

Father John Misty 2017 « Pure Comedy » label : sub pop


dimanche 9 avril 2017

Bob Seger 73



Retour aux 70's qui racoleNT toutes mes préférences, je vous présente un bon vieux disque de rock, rock'n'roll, soul pur cru, made in Detroit avec une des plus belle voix du genre, voire du monde. Quasiment introuvable pour ceux qui attachent une passion particulière à l'objet physique qui fait du son, ce « Back in 72 » est un petit joyau que j'ai gardé pour moi tout seul tout ce temps à l'écouter en boucle. Ouaih, mais je suis pas tout seul et j'ai aussi une furieuse envie de partager ce discret objet, comme on va donner son sang...c'est pour dire. Surtout et c'est pas négligeable, il y a dès la deuxième position du tracklisting, une petite chanson qui me rend paf et vulnérable, cherchez pas c'est perso.


Alors voilà, Bob Seger , vous en ai-je déjà parlé ?, c'est je crois bien la plus belle voix du rock, un pur produit de Detroit avec des lives fulgurants, un répertoire qui troue, des albums connus « Against the Wind » et d'autres beaucoup moins, comme celui-là ou encore « Seven », coincé entre la discographie du Bob Seger System et le Bob Seger and the Silver Bullet Band, tout ça en dit long sur la puissance de carrière, sur sa présence au sein de l'histoire du rock d'un endroit du monde comme un épicentre culturel..je vous ai dit qu'il était de Detroit, et qu'au tout début de ce disque là, le « Back in '72 », il y avait un petit bijou de ballade rock imparable comme savent faire les rockueurs ? Elle s'appelle « So i wrote you a son ».
Il n'est pas fréquent de se faire choper la main dans le bac avec cet opus là, peut être en vinyle quelque part chez un bon disquaire d'occas.


Sinon, je l'ai bien connue la « Rosalie », on s'est bouffé la bouche juste une soirée, son palais avec le parfum des meilleurs bourbons du Michigan, et son rouge à lèvre framboise en faisait les meilleurs kir de Detroit. Jamais elle m'a donné signe de vie, il m'aura fallu quelques semaines pour tourner la page. « Turn the Page ».. grand classique Seger, là ça rigole plus..je veux pas entendre moufter un drosophile.

J'vous balance un p'tit truc à moi, un Bob Seger de derrière les cageots avec une superbe pochette (:D) ... wok'n'woll.



Bob Seger 1973 « Back in '72 » label : palladium


jeudi 6 avril 2017

Orango



Blues rock de vieille guenille, du bon son un poil hardos au coffre haut perché, les Orango balancent un classique americana …. from Oslo.

Un disque pour les branleurs.

Orango 2017 « The Mules of Nana » label :stickman records

mardi 4 avril 2017

James Murray 2017



C'est un son de nappe à se laisser planer comme une seule guillemet. Je m'injecte le long son du nouveau James Murray sans aucun mot, planant sur le nacre étendu, toutes phrases ouvertes.
Bavardage sonore sur un déroulé en fuite, « Killing Ghosts » dévoile une certaine grâce à patiner sur un miroir satiné.

James Murray 2017 « Killing Ghosts » label : home normal

samedi 1 avril 2017

Claudine Longet 68




Un petit bonhomme à chapeau s'est baladé ce midi dans le parc de Choisy, il chantait « L’amour est bleu » avec sa partition griffonnée, comme une répétition, une représentation imaginaire. Errant au milieu des allées de marronniers à trépigner de la godasse il fredonnait cette mélodie  enchantée au travers des oiseaux du jardin et du brouhaha urbain des artères métropolitaines. 

Un air léger entre deux averses d’un petit bonhomme habité m’a amené vers Claudine Georgette Longet et la fin des années 60.  Fleur bleue,  décalage intersidéral d’un romantisme à fleur de peau, même la mélodie semble coller à l’air printanier.  
J’ai entendu  quelques badauds se moquer, je l’ai vu rager, vociférer, secouer sa feuille comme on donne un soufflet, j’ai sifflotait la mélodie en changeant d’époque assis au même endroit. Jazz pop, chansons.. j'ai découvert cette chanson officiellement grâce aux compilations "Dirty Diamonds", le 1er volume en 2003, une chanson que j’ai du entendre gamin, à force d’être persuadé de la connaitre déjà.
C’est un OVNI délicat, une chanson d'époque pour une courte carrière, un très bel album, c’est quelque chose de frais et de fou qui s’est passé ce midi dans le parc de Choisy.

Claudine Longet 1968 « Love is blue » label : A&M  

https://www.discogs.com/fr/artist/260322-Claudine-Longet