mardi 21 novembre 2017

Baxter Dury 2017



Les albums de Baxter Dury au fil des ans s'installent systématiquement dans les sommets pop rock. Malgré la gravité des ondes, le contexte amoureusement dramatique de l'artiste, comme s'il fallait monter la dune du Pilat à quatre pattes, « Prince of Tears » les surclasse tous. LE disque du genre de l'année de toute la carrière du célibataire anglais.. et vive le Cokney.

La basse est géniale, la voix fidèle, l'accent..le tempo...toutes les chansons tubesques, la classe.

Baxter Dury 2017 « Prince of Tears » label : pias lelabel

vendredi 17 novembre 2017

Barclay James Harvest 70/76




 





Le hasard fait bien les choses, sans aucune autre raison, je rebondis sur les acronymes pour parler des BJH, groupe anglais né en 1967 et qui a marqué mes 15 ans .



Faudrait pas non plus sans cesse crier au génie, il est des choses artistiques nécessaires au ronronnement du quotidien, au confort des sons fidèles qui soignent, et comme disait Murat, « le cours ordinaire des choses me va comme un incendie ».
C'est pourtant un grand bouleversement dans ma discographie lorsque la même année les Dü balançaient leur grabuge Zen, moi je prenais religieusement le « Live Tapes » des Barclay James Harvest exposé comme ça, dans les rayons reculés d'un hypermarché révolu le plus proche de mon bled d'enfance, Rallye. J'avais d'autres disques à écouter, je ne m'attendais pas à cette brèche, c'est celui-là à la pochette fantastique.

Planant, un son de guitare, deux voix et deux écriures complémentaires comme Supertramp, et une colossale discographie s'ouvrait à moi. Il aura fallu des années avant de tout me procurer, bibli, achats, et le premier Lp juste après ce live, trouvé à la « Pie qui chante », le disquaire pointu de Chartres à l'époque : « Octoberon ».
Rock romantique, psyché prog de baladin anglais errant à travers les collines vertes des îles britanniques. Le clavier sur « Rock'n'roll star » et les accords qui embrayent, les premiers accords de « The world goes on », le barré lyrique du clavier fou Wolstenholme, le final poignant « Suicide »....



Bien longtemps plus tard en approfondissant leurs opus (avec juste une mobylette pour remplacer internet), je suis tombé sur une K7 audio de chez Fame, le premier Lp des BJH 1970. Méconnaissables, un peu comme le blues trempé « This Was » des Jethro Tull, et les deux premiers albums rocks psychés des Supertramp. Je défi quiconque sur la jig folklo rock « Talking sometime on » de trouver direct BJH. « Mother dear » à pleurer, complètement de pas d'ici, d'une autre ère , un truc qui n'a pas exister des lustres. Au début, comme les Beatles, impossible de savoir qui chante, Lees, John voire Wolly. « When the wold as spoken » avec son intro cathédrale et son décollage jazz pop psyché à l'orchestre de fond « Medle » ou Sgt Pepper, à la limite du juste pour la voix.
« The iron maiden » comme parler d'un tel morceau sans se perdre, sans avouer n'importe quelle faiblesse irréversible.
« Dark now my sky ».. épopée prog de la même puissance folle que « Atom Heart Mother », ou « Try Again ».
Le mellotron à la Crimson est un peu partout. Contrairement à Supertramp , la formation initiale du groupe n'a pas changé (départ de Wolly en 77).




Le premier album de Supertramp est pour moi le coin poétique rock le plus reculé de ma discographie, un mythe très perso. Juste après, il y a le premier album de Barclay James Harvest. Improbable, méconnaissable, la substance et la genèse, une folie pure, unique.

Un papillon par pochette, celui d' "Octoberon" occupe toute la couverture, des ailes de nacre, une dentelle fabriquée avec les pièces de la monnaie du pape, la graine lunaire.. celui de « Their First Album» est découpé en vitrail.

Juste avant quelques 45T superbes « Early morning », juste après les classiques arrivent, « Mocking bird » « She said » « Medicine man »... « Child of the universe ». Pour les mélomanes je conseille (une nouvelle fois) ce coffret définitif 5CD « Taking Some Time On » the parlophone harvest years (1968-73), et "Octoberon" qui sort ces jours-ci en double réedition.


Barclay James Harvest 1970 « their first album »
Barclay James Harvest 1976 « Octoberon » label:harvest









mardi 14 novembre 2017

FKJ CFM JFDR PVT DBFC BNQT OMNI ........ 2017





J'aime ..j'aime pas.. moi un truc qui me débecquete c'est les acronymes. Dans tous les discours officiels, les réunions, les bavardages professionnels y'a des raccourcis d'initiales. Incompréhensible, codé, un langage de secte administrative, histoire d'aller plus vite ou de se la péter.. ou plutôt de s'enfermer dans un groupuscule élitiste de qq employés du même monde qui ont l'impression d'avoir inventé un langage. BDM.. euhh bordel de merde on ne comprend rien à ces cerveaux automatisés en bugg permanents.

Bon, vu comme ça, ça reste pour moi une participation difficile à une énième réunion pour rien, une matinée entière, mais les initiales strictes débordent sur la musique. 2017 le record et un paquet de nom de groupe qu'il va falloir se sortir grave les doigts pour s'en souvenir. Ou alors c'est pour brouiller les moteurs de recherches  histoire de décourager les élans illicites et curieux.

Dans l'histoire ça reste anecdotique et quasiment ponctuel, AC/DC ou REM ( rapid eye movement), FFF pour faire plus sport... tant que c'est pas une tendance.
Moi même il m'est arrivé de participer par fainéantise, BJH pour Barclay James Harvest mais c'est plus de l'intimité ;D, tout comme les Chris Robinson Brotherhood qui se font maintenant appeler CRB, Anthony est devenu ANOHNI, le management est par chez nous MGMT, HK vient de sortir un album et LDC du Soundsystem ça veut dire Liquid Crystal Display.. bref, jusque là, on s'en sortait sans trop de maux de crâne. Il paraît même que AIR serait en fait l'acronyme de Amour Imagination Rêve !! Même le grand chauve des Smashing vient de se coller un WPC (William Patrick Corgan … quelle horreur ce disque, cette voix).
2017, c'est la cascade, l’hémorragie, ça défile comme une mode, ça schlingue et je m'y pers...2017, que des LPs...c'est parti :


FKJ 2017 « French Kiwi Juice » label : roche music
CFM 2017 « Dichotomy Desaturated » label : in the red recording
JFDR 2017 « Brazil » label : white sun recherches
PVT 2017 « New Spirit » label : felte
DBFC 2017 « Jenks » label : difference
BNQT 2017 « Volume 1 » label : dualtone
OMNI 2017 « Multi-Task » label : trouble in mind
EMA 2017 « Exil in the Matter Ring » label : city slang
PNL 2017 « Dans la Légende » label : QLF
MHD 2017 « mhd » label : artside/capitol
BNRS 2017 « Sugar High » label : yokanta

et pour les plus connu en 2017 :
Alt-J
NLF3
IAM
LCD Soundsystem
ANOHNI
MGMT
The XX ….

Quant à savoir ce qu'il y a dans ces disques … ah si, j'aime beaucoup les errances Lo-Fi psyché de CFM « Dichotomy ». Sinon je suis tombé sur quelques prise de tète JFDR, guidé par la belle pochette, et des trucs franchement très moyens. C'est comme ça, une pluie d'acronymes et je bloque, comme un briefing sur la musique. Y'a surement des trucs bien, mais je mélange tout, de la soupe de lettres.. y'a t'il quelqu'un pour me guider ??









dimanche 12 novembre 2017

R.E.M. 92



C'est un peu la fête à la musique ce week end, le groupe portant le plus bel acronyme de l'histoire musicale nous ramène 25 ans en arrière en célébrant la pièce artistique majeur « Automatic for the People ».

« Green » en 1979 donne une nouvelle teinte au groupe d'Athens, le ukulélé apparaît et va exploser planétairement sur « Losing my religion » deux ans plus tard, 1991, « Out of Time ». C'est la transition, dorénavant REM passe à la postérité permanente.
Ils refusent la tournée du succès, ils entrent de suite en studio, et juste un an après l'incroyable succès, « Automatic for the People » est dans les bacs, permanent, constant, magnifique encore plus que son précédent un poil hétérogène. Aucunement ébranlé par un succès tardif (en Europe surtout.. ils jouent quand même depuis 1980), le groupe emmené par le génial Michael Stipe, propose ce qui sera le sommet d'une carrière qui mettra fin en 2011.

Au studio Scott Lies est à la prod, et John Paul Jones arrange les cordes. D'un sérieux époustouflant les chansons défilent plongeant la sensibilité dans une suffocation lacrymale, un contentement des sens, un sentiment de perfection incarné par le charisme magnétique de Stipe, un autre génie de la chanson, sans oublier Bill Berry, Peter Buck et Mike Mills. 1992, R.E.M. décide de reprendre la route, la tournée pour les deux albums, la musique aura dès lors une couleur de plus. Le bonus du coffret disponible depuis avant-hier offre un concert inédit, la captation du retour sur scène de R.E.M. au 50 watt club.... quel son, quelle prestation, quel objet.

La tète tourne quand on étale toute la discographie du groupe devant soi, tout est indispensable, le monstre « Monster » avec cette hymne grunge « Let me in » ; le monument « Up » ; le plus écouté chez moi « Around the Sun » ; le « Reveal » que j'ai négligé à sa sortie et qui me colle à la platine de plus en plus; la transition « Green », l'explosion « Out of Time » ; la constance folle de « Murmur » à « Documents » et la fulgurance efficace des deux derniers « Collaspe into now », et « Accelerate ».
Là il s'agit de Automatic célébré avec un son sublime, un rajeunissement dans ses plus beaux habits...photos, poster, démos, concert, et un inédits en duo avec Natalie Merchant.

Rare sont les artistes qui font coïncider la qualité de ce niveau là avec le commercial de cette envergure ci. R.E.M. c'est de la pop aux allures faussement rock, des racines de country modernes engloutie par du celtique et beaucoup de mélancolie. Tellement de chansons en accords mineurs.

Je persiste et signe R.E.M. est le plus grand groupe pop rock outre-Atlantique. Ma chaîne est en pâmoison.

R.E.M. 1992/2017 « Automatic for the People » label : warner


jeudi 9 novembre 2017

Simon Joyner 2017



Simon Joyner au physique Townes Van Zandt et à la fragilité récurrente vient de se fendre d'un massif en bois brut, rêveur et Dylanien. Mais pas que.

Après presque une heure de ballades folk rock comme si Damien Jurado voire Jason Molina, était incarné par Daniel Johnston, juste comme ça, pour nous amollir la crânerie, voire nous écorcher la moelle, Simon nous dévoile son rêve habité. Avec les mots de Woodie Guthrie sous des prétextes Velvetiens, Lou Reed est venu hanter ses songes, juste après la légèreté de « I'll fly away ».Comme si on y était.

80 minutes, un double album, 12 promenades et un rêve de 20 minutes sur une seule face, vu comme ça, on pense à un bilan administratif, une cote pour une mission accomplie, un graphique..
« Step into the Earthquake », c'est juste une montagne en bois massif, un malaise amer, un mal de terre contemporain, de la sciure à perte de vue, l'érosion qui dégouline dans la mer.

« Daylight » m'a tué.

Simon Joyner 2017 « Step into the Earthquake » label : shrimper / ba da bing


lundi 6 novembre 2017

Pearls Before Swine



M'ont salis la tète avec leur truc punk machin d'un Dü qu'on ne devrait pas prétendre sans provenir d'un au delà irréel qui flotte et remue l'humus des gus dans la marge sans négliger ses gencives voire ses rotules.
M'ont bien abîmés le casque, j'ai dû souder à la gazinière et au couteau l'armature qui avait lâchée. J'ai emmené ma puce chez le médecin qui m'a envoyé direct chez un exorciste pour soigner son otite purulente.. j'ai manquer de tuer mon garagiste et de fister un clodo avec son clebs... à deux doigts de la chute libre … 


Aussi, comme un son lustral pour me laver de toutes les saloperies de traîtrises que des proches virtuels que j’apprécie énormément m'ont infligés, je me suis mis des disques perso. Comme si y'avait pas assez de vilaines choses dans notre quotidien anthracite pour qu'on soit en plus obliger de se soigner des amis... je suis déçu, le monde est moche, je suis fatigué...


Perso, les BJH 70's ont passé tout le week end à me laver, à me panser l'âme. Mais je les connais trop, c'est pas comme si j'avais vu une nouvelle lueur pour éponger mes larmes .. nan, la thérapie contre les gens pas beaux, je l'ai trouvé avec un album faramineux, un opus enfoui, l'exactitude folk, acoustique, pop psyché comme j'aime. Du chaud, du proche, du terrier musical. La lumière est revenue avec l'espoir qu'on s'aime tous un jour, errant à poil, la nouille dans la chlorophylle et les dents jaunies par la patte à modeler kaki.


Sortie en même temps que Sergent Pepper, un mythe est né autour de ce disque invisible.. Dylan aurait en studio collaboré ici avec les Beatles.
C'est quand même plus beau que les ferrailleurs à la banane brosse multicolore.. acoustique rêveur, accords hippies, acid folk mais juste ce qu'il faut pour partir pas très haut mais juste à la hauteur qu'il faut pour décoller un peu et planer juste au dessus de la canopée pas plus.. il est toujours question de frôler la chlorophylle avec ce qu'on peut.

C'est pas un album que l'on voit dans les références, pas un truc qui excite les journaleux, c'est un disque caché, enfoui, un truc qui ressemble à Crescent avec les espaces de Mickey Newbury, les fleurs de Love, la virginité de Dylan, la folie de Lennon sur « Uncle John », une once de Doors et de Boduf Song, le regard Barrett, la texture Incredible String avec la peau Fairport Convention et des petites lueurs Velvet qui lorgnent sur le quasi chamanique, le transcendantal.. j'ai trouvé mon pansement cérébral avec cet album unique 100% poésie...et je chiale interminablement sur « Surealist Waltz ».
C'est pas joli joli le truc que j'ai subi, Pearls comme un analgésique.


Pearls Before Swine 1967 « One Nation Underground » label : ESP



samedi 4 novembre 2017

Hüsker Dü ..... The Residents





« Te souviens-tu » des Dü ? Carrière fulgurante, séparés alors qu’ils touchaient du doigt la reconnaissance ? Il est question ces jours-ci du culte d’un album !!! Mon œil. Bon faut voir, car pour se souvenir faut déjà avoir écouté ce truc avant. 1984, c’est déjà un peu l’hallali du punk comme le disco, la résistance des vieilles fibres, les guiboles s’ankylosent.




Carrière fulgurante pour ne pas dire éphémère. Fulgurant comme un incendie, tout a brulé et un paquet de gamins se sont posés sur les braises pour sucer et souffer, les flammes n’ont jamais vraiment reprise, que de la fumée…. même REM en cette année 84 venait juste de lâché le style pour une autre carrière faramineuse.


Bon l’étiquette punk dur, mais les mecs du Minesota y rajoutent du hardcore, ça part mal pour moi, et pourtant j’écoute de tout, presque, je suis même fan de rap avec MC Solar. J'ai même chroniqué "Pets Sound" et "Holland" un jour c'est pour dire. Je prends le truc à l’envers. Vidé de tout préjugé, je charge et écoute. Au début, la pochette est magnifique, l’idée d’un double album m’emballe et je me dis qu’il est impossible qu’un disque soit mauvais avec ce format là, j’ai une brouette de doubles albums dantesques que je chéris comme la peau d'mon scrotum . Et puis le chanteur est aussi batteur, Don Henley, Phill Collins, ouraff les références de ouf mais j'aime bien le principe. Et puis il faut bien dire que l’un de mes branleurs préférés sur la toile s'est fendu les poils en 4 pour proposer en mode petit' bit (128) un truc qui m’en mérite pas tant. Oui, car naïf j’ai chargé dans le disque dur, j’ai mis les batteries au max, et j’ai balancé le truc dans le casque juste un peu après que le jour se soit levé. Et là je me souviens qu’on m’avait déjà bien niqué en mode branlico bien mûr avec les Ramones.


La première chanson aïe, pourtant la basse au début part bien, un petit son Stranglers.. , vas-y mets la 2 elle est mieux, ah nan c'est pareil, on dirait même que c'est la même.. ou la 4 ou la 6 ou la 10 ouh la la… c’est un album concept ou bien ?? Il faut que ça aille très vite il parait, quelques heures pour enregistrer, l’urgence ou le manque de thune, ok, quelques minutes pour écouter. De toutes les façons mon casque endolori  je n’avais pas le choix, un punk à yorkshire m’a demandé de la caillasse, j'ai cru tout de suite à une réincarnation, qu'il entendait la même chose que ce j'écoutais, le gars aux vieilles rotules à peine couvertes par un jeans ravagé venait de mettre en image comme un clip graveleux tourné dans une casse ma séance découverte …. j'aurai pu lui mettre le casque on aurait fait un bout de la journée ensemble à shooter dans les boites de conserve.. mais bon son bichon maltais audacieux commencer à montrer ses dents.
Alors connement je lui ai demandé s'il connaissais Bob Mould et là il a lâché son pitt  en me disant comme quoi le Bob avec son physique rangé à la papa etc etc..et qu'avec une moumoutte il pourrait jouer avec Supertramp ... c’est un truc de tarlouze…. Bref.. j’ai stoppé après la 6ème chanson, j'ai stoppé la poisse. Peut être c’est mieux après ??




Fauchés en plein succès, dur. J’ai encore dans la tète la passion contagieuse d’un pote ex-punk qui début 2000’s, m’a balancé quelques opus inconnus pour moi alors, que j’écoute encore alors que j’avais un peu pitié de lui tellement il s’emballait comme un jeune puceau accompagnant sa meuf au concert de Bruel et qui sait qui va bouyave juste après, ou mon collègue de 25 piges qui va voir grease et dirty dancing sur scène et qui m'en parle en frétillant d'la queue. 
De cet ancien chanteur punk devenu PDG au sein d'une grande boite de télécommunication, il me reste Oingo Boingo (excellent "Nothing to Fear"), les géantissime WIRE (indétrônable et je suis d’accord avec lui) et surtout The Residents, ma grande découverte d'alors. 




1980, en plein boom punk, les 4yeux balancent leur foutraque fou avec de supers belles mélodies. Le beau et le bizarre, le punk dans toute son originalité, il faut aller vite, c’est urgent, c’est d’époque.. si Dü a enregistré en un temps records (bâclé ??), les Residents eux ont balancé ce qui aurait dü être un double. 40 chansons, mais 1 minute chacune. Du coup ça tient sur une galette et j’imagine le double Lp s’ils avaient ôté de leur ciboulot le timing imposé. Pourquoi The Residents plutôt qu’un autre ?? peut être parce que là, ça sent pas l’arnaque, que les mecs ils se cachent, se dissimulent pour mieux mettre en avant l’écriture transcendée par le mystère des collaborations et des idées. Camouflés, déguisés, entourloupés. C’est bruitiste, organique, électro, fanfare foutraque, pop rock et barge dissonant, gratteux en délirium tremens.. 
Je ressorts qq Residents et range le Dü (trois écoutes quand même), mon déguisement de vieux branleur me boudine un peu le boul ..mais qui s’en souviens en dehors de quelques briscards qui ne veulent pas lâcher prise ? 




 "Ni rien ni l'autre" ..me répond ma puce qui fait ses treize ans aujourd'hui quand je lui ai demandé laquelle des chansons elle préférait. Vraiment il faut que j’arrête, je vais finir par faire du mal à mon entourage, à nuire, elle est repartie dans sa chambre..l'a pas l'air en forme..j'ai pas le droit de faire ça..... 
J'me casse, Il faut que j'aille chercher un retro au ferrailleur du village d'à côté, l'a pas intérêt à me foutre du Dü en fond, ou j'le fout dans sa broyeuse et monte le son sur "Indecision time" avant de me tirer sous les riffs trempés du dernier Wire qui gronde dans ma bagnole.


« Zen Arcade » sourcilière.. mon œil. Vive les Residents les punks les vrais. 
Merde c'est con, une aussi belle pochette pour un double.. Bon, allez tiens, beau joueur, s'il faut en prendre une ça sera "Never talking to you" :D

Hüsker Dü 1984 "Zen Arcade" label : SST
The Residents 1980 "Commercial Album" label : ralph







jeudi 2 novembre 2017

Esmerine 2017



« If Only a Sweet Surrender to the Nights to Came be True ». Je n'aurais jamais imaginé monter jusqu'à lui, toucher des larmes la même hauteur artistique.
C'était en 2003, Esmerine était alors pour leur apparition sur le label Resonnant, au beau milieu de quelques pointures d'alors : Emery Reel, Port Royal, Olvïs, Do Make Say Thing, le pilier du label Stafraenn Hakon qui vient de sortir un nouvel album, Library Tapes... bref, la naissance pour quatre artistes qui sont aussi des membres de Godspeed, Silver Mt Zion, Set Fire to Flames, Saltland.... Constellation donc chez qui ils sont venus naturellement en 2011 avec « La Lechuza ».

Un rêve absolu quand on aime le mariage du néo-classique et du post-rock. Des paysages grisants avec un hymne biologique dans la tète.

Le ciel fatigué est tombé sur la canopée, il ne reste que cet alignement de troncs blancs des bouleaux crayeux. Marimba et violoncelle. Esmerine est une entité récurrente qui ne m'a jamais lâchée depuis que ces quatre là se rencontrent tous les deux ans et se détachent d'autres collectifs pour des albums au son unique, aussi beau celui-ci que « If Only a Sweet Surrender to the Nights to Came be True » du début d'Esmerine.

Musique de chambre sans mur.


Esmerine 2017 « Mechanics of Deminion » label : constellation

En bonus, une vidéo, une rencontre Esmerine, Lhasa et Arvo Pärt.

mardi 31 octobre 2017

Charles Pasi




Je découvre Pasi via Blue Note, via quelques affiches  métropolitaines, et aussi parce qu’un fameux disquaire parisien a décidé de faire marche arrière. Le jazz est revenu au sein des mêmes murs que la musique en général. Plus la peine de changer d’adresse, de bâtiment et de ticket de caisse, toute la musique regroupée comme un nouvel espoir..bientôt le classique j’espère. Du coup je prends le temps de yeuter du côté Monk Nina & Brubeck. Pasi passe par ici.
 
Bref, une énième pochette jaune cette année, je suis interloqué par ce disque.
 
Vu comme ça, je le vends très mal, et pourtant « Bricks » est un chef d’œuvre jazz-blues-pop-soul dans la plus belle des harmonies. Il a beau être harmoniciste, Charles Pasi est aussi multi instrumentiste avec la voix qui va avec. En fait, l’étiquette jazz n’a de cohérence qu'avec son label, moi « Bricks » est passé comme un moment de curiosité extraordinaire, percuté par le talent et la pertinence de tous les styles, surtout de la belle pop percutée par du jazz, de la soul et du blues, voilà comme si Piers Faccini faisait du jazz … bref, j’ai un peu de mal à en parler. « Bricks » est génialement précieux.

 

Charles Pasi 2017 « Bricks » label : blue note

dimanche 29 octobre 2017

Thelonious Monk 2017



Je me suis retrouvé dehors comme pour fuir la maison trop calme. Un brouhaha taiseux m'envahissait le crane m’expulsant d'un huit clos trop pesant.
Mon village hors saison n'avait pourtant rien pour calmer ma panique sourde. J'ai erré dans la ouateur tiède d'un gris qui picore les paupières. Il a beau être loin des circuits touristiques, le village a des allures apocalyptique. Mais une apocalypse détendue, le genre d’événement qui permettrait de rayer de la carte toute pollution industrielle, humaine, une fraîcheur subite totalement improbable. D'autant plus qu'aucun tremblement ni explosion n'a précédé cette douce mélasse dérivante. 


Rue de la Herse, personne, rue du Croc salé pas âme qui vive, je vais prendre la rue Raide pour voir si le gris se dissipe, voir si le haut de ma tour se dévoile une fois avant la tombée de la nuit.
Vide la rue de la poulaillerie, il y a pourtant un boulanger dans cette étroite ruelle que les pompes funèbres accueille.

Je suis perdu sur mon pays, j'ai besoin d'un son de quelque chose qui me guide, de pas d'ici, de pas très jeune, un truc un peu nouveau quand même, un truc pas dégueulasse. Une envie de me faire alpaguer par un grand connaisseur pour que je puisse me laisser emmener vers les fonds grouillants et séminaux.
Je descends la rue du Marché au Blé, je me dirige vers le Fief des Marmousets, vers ces poutres du bois qui a pompé toute l'histoire de ce coin là, le bois du pied de la flèche et de ma tour qui commence à se perdre mangée par le ciel lourdingue.
Le 16ème siècle est devant moi, le bois reste muet, rien à part quelques petites notes de musiques au loin. Le seul son qui sourde de ces rues désertes, je m'avance, je hume le parfum.. voilà c'est ça, c'est ce son là celui qui happe mon inconscient depuis tout à l'heure.. pas un bruit alentours, que ces notes de piano comme un film, je rêve peut être d'une liaison dangereuse, d'une rencontre folle.


C'est sûr un fou de jazz habite là, un mec qui passe des vinyles à longueur de journée. Mélodies imparables..
J'aimerais bien être le gars qui monte les escaliers happé par la musique, frapper à la porte, et tomber sur deux malades de jazz qui écoute un vinyle rare de Thelonious Monk, ce disque-ci qui m'a attiré jusque là. Les écouter refaire le monde et y être invité quelques instants en sirotant un pastis glacé, devant les yeux vagues et les seins nus de la fille qui tricote sur le lit. C'est sûrement Nelie son prénom. Une vieille mansarde, des disques et des potes.


Je vais pas refaire le chemin à l'envers, je ne suis pas loin de mes pénates. La nuit est tombée une heure plus tôt, j'aime pas cette entourloupe d'automne, ce glas pour l'hiver. Je vais rompre le silence de mes murs et écouter ravagé par le spleen d'un village qui se meure, un vieux Thelonious ressurgi des bandes des sessions pour la BO du film qui ne gardera que les notes d'Art Blakey. Jazz, libertinage, cinéma, Thelonious à torde les restes d'un dimanche langoureux.. dehors tout dort.


Thelonious Monk 2017 / 1960  « Les Liaisons Dangereuses » 
label : sam records / saga / zev feldman




jeudi 26 octobre 2017

Toto 86



Inutile de vous dire que j'étais pas dans mon assiette 80's en dehors de quelques groupes et artistes. Je ne vais y revenir on pourrait croire à un traumatisme alors qu'avec le recul j'y retourne dans mon dédale à moi.
Quelques groupes en question !! Toto en fut un, une discographie presque parfaite, passant outre « Isolation » et « Turn Back ».


Alors voilà, nous sommes en 1986, le casting est de haut niveau, les trois Porcaro sont là, Lukather constant dans le style, Paich mastodonte du clavier, et Joseph Williams dans une forme époustouflante..et puis c'est tout (en dehors de qq guests). Chacun y va de son écriture, les plumes et les notes s'entrecroisent, c'est un grand cru puissant avec une pochette au style Hooper, loin de l'épée récurrente, le fil conducteur des vitrines de Toto.
Finish jazz Lukather/Paich, quelques ballades dignes de l'époque et du groupe, démarrage de feu sur une note de batterie de Jeff et rien ne peut plus freiner la machine, tout s’enchaîne, les jeux sont à leur apogée, les musicos s'amusent, même le très Michael Jackson « Fahrenheit » passe en douceur.

Alors pourquoi un Toto là, comme ça, gratuitement sans prévenir ? Juste parce que là, il passe à fond dans mes enceintes, le plaisir à l'écoute n'a pas bronché d'un poil et que le brouillard s'en est levé. C'est surtout une discussion autour des Porcaro brothers, j'ai placé le Celsius illico, la bonne température.
C'est celui-là souvent que je choisis, il est particulier, il est très bon tout le temps, il se détache un peu des autres même si « The Seventh One » le suit de très près.

Zénith juin 2013, dans la fosse avec ma grande pour lui faire découvrir Toto, la canicule, 45°C dans la salle, ça fait combien en farenheit ?? .. la dream team à nouveau, même s'il ne reste plus qu'un seul Porcaro, Steve et d'ailleurs sur ce disque Joe le père vient taquiner la percu sur « Somewhere tonight » et le final jazz. Z'ont un peu flégon les gars, mais la voix de Williams est toujours là, au plafond, l'incarnation parfaite, la signature vocale du groupe, au beau milieu de quelques grands musiciens de l'histoire.

J'aime Toto, c'est dit, et « Farenheit » ma petite faiblesse.... somewhere tonight.
0 + 0 = 86
Toto 1986 « Farenheit » label : CBS

dimanche 22 octobre 2017

Girls in Hawaii 2017



C'est peut être la chose rock la plus étonnante cette année, le retour des Girls in Hawaii. Un astéroïde a frôlé la terre irradiant de négatif fauve la croûte infra-rouge et la musique diurne des belges.

On passe en nocturne, on plane du côté de Radiohaed amnésique et Granddady sous cannabaceae avec une forte influence Girls in Hawaii.. ah merde, c'est eux dont il s'agit.

Spacieux et délétère.. eux comme une découverte, un moment divin de pop moderne tourmentée d'un vieux groupe mâtiné de Floyd, un virage magnifique et nécessaire pour un véritable come-back.


Girls in Hawaii 2017 « Nocturne » label : 62 tv records




vendredi 20 octobre 2017

Todd Rundgren 1974




De toutes façon, on peut forer tout ce qu'on veut le fossile finira bien par ne plus donner aucune énergie au bipède qui gratte la croûte en surface. Va bien falloir que ça s’arrête un jour, je préviens illico mes gosses.

Plus de pétrole, un monde à réorganiser, presque tout à refaire tellement on a l'impression que le monde est né du moteur à explosion, et c'est pas faux. Les chinois en Afrique, les amerloques qui louchent sur l'Alaska, ça va pomper grave jusqu'à plus soif, jusqu'à la panne sèche, Dubaï c'est presque de l'histoire ancienne. Dommage je ne serai plus là, j'aurais bien voulu voir la gueule du globe sans pétrole avec pour vestige les départementales d’asphalte qui prennent la mousse. Sûr ils vont se foutre sur la gueule avant les prémices d'un équilibre inéluctable..ou pas. Un nouveau Mad Max en pleine Beauce ou sur les plaines de Mongolie ??


On imagine pas l'impact, le truc de cinglé qui nous pend au nez. Tiens au hasard, j'imagine la tronche de la fnac .. « Eh les gars, terminés les vinyles, on arrête les conneries, y'a plus de bouillon noir pour étaler les crêpes, du coup on va relancer le CD numérique, ça va exciter à nouveau les blaireaux qui ont une puce 2 tera dans la nuque pour charger dès l'entrée dans le magasin. A force de nous sucer le serveur on va finir par vendre des cafetières...ahh ahh qu'est ce que t'es con Maurice ». répond un autre employé du magasin.
 

Y'a qu'à voir le Todd, et le bordel avec son chef d’œuvre « Todd ». Il devait sortir en 1973, mais Bearsville, son éditeur fait la gueule. Quelle idée de sortir un double pendant la crise du pétrole, pénurie. La boite temporise, pourtant le Todd cartonne et draine la caillasse (« Something / Anything ».. et « A Wizard, a True Star »). Nenni ils décident de vouloir sortir un single en mode chacal ou kreuvard au choix. Ça s'appelle « Izzat love » et Todd refuse, se fâche et menace. Il faudra donc attendre 1974 pour que ce « Todd » viennent dans les bacs à vinyles. Belle pochette, tronche d'allumée, et un DOUBLE album ravagé par l'originalité et la petite révolution électro avec pas des masses de guitare ( en dehors des soli de ouf), une production de rêve, presqu'un pionnier le Todd tellement le son semble inconnu cette année là.


Faut aimer le foutraque, le doux dingue et les rebondissements, le patchwork musical, la construction sonore folle, moi Todd je le range près de Dr John, Kevin Ayer, Zappa & co.. Ce disque est une montagne bariolée, des vallées psychédéliques, un produit fou d'un hyper actif qui n’arrêtera jamais. D'ailleurs il n'a rien arrêté. Il vient de sortir un nouvel album.


Je tape sur le clavier en plastique noir de mon ordi, et on imagine pas comment la crise du pétrole a pu faire douter les maisons de disque à une certaine époque, celle qui nous attend très très bientôt..la crise de l'énergie fossile... et vive le vinyle.


Todd Rundgren 1974 « Todd » label : bearsville

mardi 17 octobre 2017

Colleen Beck & St Vincent 2017







Trois nouveautés très attendues, trois albums ultra modernes et hypers synthétiques, ma trilogie boudeuse du jour, un de ceux passés à chercher un peu de réconfort. En vain, c'est raté, je suis imperméable.

Je n'avais pas non plus aimé « Midnite Vulture » après « Odelay », je vais retourner à l'éponyme 2014 « St Vincent », quant à Colleen, je suis trop pétrifié par son néo-classique et aussi par « Everyone Alive Wants Answers », son premier album, pour plonger dans cette myriade de boucles de clavier.

C'est pas ma journée, pourtant j'ai une affection particulière pour ces trois là. Pas la tète à me la prendre. C'est sûr y'a du matos sous ces beats de fausse gaîté et ces programmations, rien n'y fait.
Je boude vous dis-je. Je vais attendre la prochaine soirée festive pour voir si le vent tourne, si ponctuellement ça vient de moi.

Trois albums nouveaux, trois pochettes du même acabit, trois organismes synthétiques.

St Vincent 2017 « Masseduction » label : loma vista
Colleen 2017 « A Flame my Love, a Frequency » : thrill jockey
Beck 2017 « Colors » label : capitol




dimanche 15 octobre 2017

Jean-Pierre Ferland 70



Y'a des jours où l'on tangue, c'est un jour de chaleur moite où régentent les moisissures.
Le calendrier perd la tète, pourtant les peupliers déjà sont jaunes. Les brassicacées reprennent du soleil, le dos de la plaine colza se dore comme aux jolis mois d'avril.
Le printemps percute l'automne, un amour de mercure que les grandes saisons veulent démantibuler.


« Jaune » est le dixième album de Ferland, accompagné de Tony Levin, David Spinozza et Jim Young aux CV vertigineux, il est concept et aussi un des plus importants disques québécois. Synthé moog avec Michel Robidoux pour la première fois sur ce territoire francophone tellement riche d'artistes d'envergure.
« Le chat du café des artistes » et Charlotte sur son IRM, 2009 et la réédition en grande pompe, « Jaune » est un objet unique. Ferland c'est aussi Charles-Cros, une tète de l'art, un artiste majeur du côté de Montréal. Un des cinq, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Yvon Deschamps et surtout celui qui me bouleverse depuis bien des automnes Claude Léveillée. « Les fesses », « Les vieux pianos », « Les gens du pays »..... Jean-Pierre Ferland.


Le jaune prend le dessus, je danse sur « Sing sing », le son comme sur le premier album solo de McCartney, les peupliers ouvrent le bal.. « Jaune ». Les couleurs d'automne sont entrées entre mes murs, y'a des jours ou le soleil torride ne trompe plus. Tout est jaune et va jaunir. Ça sent le souffre sur la planète, le déni des ordures, des œillères de bourrin plus aucune pitié pour le cheval. Champ chromatique d'un œuf avorté, nos poumons curcumins vont suffoquer ... poussière de mimosa dans les poumons, prendre un yellow cab ou un sous-marin pour la tangente vers des bleus écarlates, des blancs sur de la chlorophylle à perte de vue, juste histoire de respirer un jour.

Pour l'instant tout est jaune.

Jean-Pierre Ferland 1970 « Jaune » label : barclay




jeudi 12 octobre 2017

Jay-Jay Johanson 2017



J'ai pourtant un faible pour les octobres, mais les novembres me ravagent la chic presque toujours. Octobre dégringole vers l’extinction et JJ Johanson a décidé de me faire changer d'avis, il est presque là à vouloir détendre ma moue. « November » est une pépite rousse et grise, la danse tiède à célébrer l'automne qui va rouiller et mûrir.

A part ça, le crooner électro pop délicat vient de faire des merveilles avec un nouvel album, un opus de plus, un petit cru cru d'une saison à vif. Le jaune s'installe pour faire chier la grisaille, jusqu'à ce que novembre mette tout le monde d'accord. A quelques heures du onzième mois de l'année, Jay Jay Johanson sous un ocre kitch et boisé, fait reluire la lumière qui dégringole.

Je me sers un petit famous grouse, le malt lagopède me retourne la lécheuse, je pense à « Whiskey » 96, je me laisse à nouveau diluer par JJ le suédois.


Jay-Jay Johanson 2017 « Bury the Hatchet » label : kuroneko 29music / art

mardi 10 octobre 2017

Mélanie De Biasio 2017



Je me suis vautré sur le calendrier. L'espace d'un tant a réduit mon élan. J'ai trébuché sur « Lilies » la gospel vêtue de blues moderne.

Le câble rouge caténaire défile sans bouger sous la voûte nuageuse d'un ciel tempéré. Hope Sandoval sous jazz. 
Si la construction sonore est parfaite, sa voix chantée subjugue et n'atténue en rien l'émotion.

Jazz Simone intime, danse ouatée infernale, tendre envoûtement d'une ambiance tribale soft et moderne. Le nouvel album de Mélanie De Biasio est romantiquement glamour.

Le ventre est là avec la gorge et la beauté cellulaire des ondes cérébrales. C'est une saveur ensorcelée et j'ai mis un genou à terre en trébuchant sur « Lilies ». Un petit vent Marilyn ambiant a soufflé sous la texture de Mélanie.


Mélanie De Biasio 2017 « Lilies » label : (pias) le label

dimanche 8 octobre 2017

Clément Cogitore / Jean-Philippe Rameau : opéra krump.



Une chose en amène une autre, trouver des déclics pour parcourir des mondes inconnus ou méconnus, me poser sur un opéra, du classique dans toute sa splendeur. Clément Cogitore draine ma curiosité.
Furiosité du hip hop, le krump et je mets un nom sur le syncopé de quelques danses vues quelque part un jour, force rythmique, comme avec ce morceau opéra de Jean-Philippe Rameau, des codes s'entrecroisent, du social intemporel, évacuer la violence, corps de ballet hyper travaillé, impro de danse d'un groupe, chorégraphie fusionnelle, « Les Indes Galantes », un univers s'ouvre moi, deux mondes artistiques se percutent. Clip ou court métrage, « Air pour les sauvages » retravaillé sur la scène de l'opéra est un pur chef d’œuvre. La danse du calumet de la paix..les Sauvages 4ème entrée. Base de percussion ajoutée, tempo puissant et chaotique.

Réagir à la percussion, ce krump là dévoile toute la splendeur des rythmiques d'un air d'opéra de 1735. Des jeunes gens dansent et dansaient au dessus d'un volcan.
Interaction des civilisations, interaction artistique libératrice.... INTERACTION.

Jean-Philippe Rameau 1735 « Les Indes Galantes » - 2017 Clément Cogitore


jeudi 5 octobre 2017

The National 2017



Brassland justement, le label des débuts de The National, avant de partir pour Beggars Banquet puis 4AD chez qui ils sont toujours.
J'ai l'impression de découvrir le groupe. Certes la voix m'est familière, mais j'ai toujours été perplexe à l'écoute de leurs albums, même l'éponyme « The National » 2001 sorti chez Brassland.


J'écoute les chansons et regarde la pochette, « Nobody else will be there » m'envoûte immédiatement. « Walk it back », je pars conquis vers les paysages gris anthracites d'Arab Strap, ça pue l'air aviné et je regarde à travers cette fenêtre qui m'intrigue, voyeurisme, le studio, un monde. Je me fais des films.
Tiens un tube potentiel « The system only dreams in total darkness », un sommet de pop moderne, sombre et dansant.....
« I still destroy you » débroussaille un désespoir mou électro-ambiant absolument nocturne.


Et pourtant tout semble apaisé. Dans la ville où je vais pour aller là où l'argent me mène, il y a sur les réverbères modernes peints en gris-nuit, une ampoule bleue cobalt intense et doux. Une touche de thérapie monochrome absorbe le stress alentours, caresse l'éblouissement de la glauque led jaune juste au dessus, alcôve, climax, je resterais bien des heures sous cet œil bleu hypnotique à écouter le dernier The National, que je redécouvre avec une lueur neuve. 6 ème album, c'est pas faute d'avoir écouté les autres avant, c'est sûrement la pochette que je fixe sans me lasser, cette petite touche de bleu intense..et douce.


The National 2017 « Sleep Well Beast » label : 4AD