dimanche 29 mai 2016

Charlélie Couture 2016



On peut faire d'un vélo une fusée, d'un kayak un avion, un hamac un auto-propulseur fulgurant intergalactique.. j'ose pas imaginer la balançoire. Quelques arpents en guise de périple, des petits pas pour un homme un monde à explorer, une berge duveteuse, une colline rêveuse, un flan gras, pourvu qu'il y ait de l'herbe. Le tour de mon village en 80 minutes.
Partir très loin, à quelques kilomètres à peine d'ici, se laisser guider par un ruisseau en géostationnaire, dans une coque flottante comme dans un avion. Il n'y a pas de distance, que des échelles.
J'écoute le dernier Couture et je suis chez moi en Louisiane. Finalement le Mississippi n'est qu'un petit ruisseau.

 

J'avais beaucoup aimé le retour de Charlelie via Biolay, la nouvelle fraîcheur exotique de l'artiste nancéien sent le crocodile à plein nez, je vais chercher mes boots et me refoutre dans mon hamac. Y'a un zinc sur la pochette de « Lafayette », je me laisse voyager avec des ailes imaginaires dans mon cockpit de cordes tendues. L'aime bien moi le Charlélie, allez.. « (On va) déconner ».. oups, on va décoller...ou pas.
La musique n'a pas de frontière, Cajun, Acadie, acadiens..... Nancy.... la Louisiane.


Charlélie Couture 2016 "Lafayette" label : mercury

jeudi 26 mai 2016

Joana Serrat




Une petite envie de pas ici, se raccorder à un folk looser, des ballades outsider d'un bout de littoral arboré, Marissa Nadler sur l'écorce « Saskatoon », Joanna Newsom dans le regard, Anna Terhneim dans l'âme, et même si ça frôle la pop Texas quelquefois « Tug of war », il est question de ne pas être ici pour quelques instants à se demander même si on y était vraiment un jour.

Ma grande découverte en ces jours de fraîche grisaille, c'est Joana Serrat, des airs légers de la Catalogne. La pochette de « Cross the Verse » est une fenêtre sur nos dernières matinées, notre printemps à une gueule d'automne à s'y perdre.

Tout tend à partir ailleurs, un petit bijou pour se laisser dériver.


Joana Serrat 2016 « Cross the Verse » label : loose music

lundi 23 mai 2016

Terry Lee Hale 2016




Le plus beau disque depuis des lustres...à force de crier aux loups et d'avoir oublié le dernier instant ou j'ai réutilisé cette phrase pour la énième fois, on va finir par ne plus faire attention... et pourtant là...
Il a même fallu quelques longues minutes de silence une fois le saphir en butée pour réaliser que je n'étais déjà plus là depuis quelques temps, et qu'il fallait reprendre une respiration normale.


Ai-je survolé les précédents, négligé celui d'avant pour être à ce point transpercé par celui-ci. A droite le dernier Clapton, à gauche le nouveau Dylan, les uns vont détester, les autres aduler, des débats, et je ne sais même pas pourquoi je parle de ces deux là en attente (merci mon Pap's ;D), mes deux bras sont rivés au sol, impossible de leur dicter quoique ce soit, de mettre un autre disque.. Vendredi dernier j'ai du resté devant la pleine lune un long moment avec ce disque dans les pensées pour y être encore ce soir, malgré toute ce déluge depuis, ce rideau lustral délavant ou dévalant, je sais plus.. je suis juste rincé comme un reset et je reste figé devant mes enceintes à écouter « Bound, Chained, Fettered », ce disque est beau. Le plus beau disque cette année.

Terry Lee Hale 2016 « Bound, Chained, Fettered » label : glitterhouse


jeudi 19 mai 2016

The Liminanas 2016



 
Il est tant d'aller se baigner dans cette mer d'huile bouillante comme des beignets. Ça tape dur, sur la peau, dans les poumons, le plexus.. mon pote pas loin, à la tronche calcinée s'approche de moi en me demandant.. 
« Eh tu connais Lumineers ?? c'est vachement bon, le mec c'est un grand barbu genre la tronche à Seb Tellier version cow boy, et elle une rockeuse superbe en mode redhead facies Medeiros.. ?? J'viens d'mle prendre au casque dingue, on dirait le truc à trois là, tu nous avais pompé le mou avec ça..une actrice, un duo..frensh ».

 

Des fois y'me saoule le Gillou et sa tronche de chichi trop frit à prendre des cuites comme ça. C'est pas du sucre glace, mais le sable fin des dunes en assise nocturne qu'il a de collé sur la tronche.
« Le grand barbu et la belle rousse qui crache comme un Ultra Orange & Emmanuelle puissance 10, c'est le nouveau The Liminanas...rhhaaa..lâche-moi, moi non plus je vois plus l'horizon. Tu schlingues l'huile à bronzer et la bière à 15000..vas te beignet ailleurs.... ehhhh en passant, Lumineers, c'est des p'tits merdeux imberbes du Connecticut, rien à voir.. t'es vraiment déglingué mon Gillou... casse-toi ».


Pourtant un tel groupe sonore de par ici, ça s'oublie pas, c'est magmatique, cinématographique, puissant, Pellegrini & Noguerra puissance 10 000 ou The Kills en mode Atlantique.. c'est pas des morceaux, c'est des plages cramées de lumières, des côtes irradiées de blanc avec des riffs vers le cosmos ensablé.. de toute façon c'est l'été torride qq part, par loin.



The Liminanas 2016 « Malamore » label : because

lundi 16 mai 2016

Lionlimb .. Magic!



 
Alors la chose est dite, Magic ! n'est plus. Mes étagères vont arrêter de s'alourdir et la pile va se figer, et des numéros très anciens que j'aime revisiter quand il me vient l'envie de fouiller musicalement quelques albums pop vont prendre de la valeur. Malgré une petite lassitude quant aux choix des opus il y a quelques années, je n'ai jamais cessé de me ruer sur les chroniques mensuelles. Le dernier album du mois que Magic me fait découvrir c'est Lionlimb. Magic N°200, avant dernier, avec Christophe en couverture, l'album du mois du dernier, avril 2016, N°201...rideau.
 

Lionlimb est le genre d'album typiquement Magic, pop doucereuse moderne, bien foutue, celle-ci, comme annoncée dans les pages, totalement Elliott Smith, avec des cuivres en plus. Comparaison flagrante, évidence musicale.
Combien de groupes tel que ce duo américain totalement inconnu pour moi, le mensuel m'a fait découvrir, comment devoir se laisser guider autrement pour espérer tomber sur des disques comme « Shoo », des airs d'une grande pertinence, une interprétation futée, une élégance éclatante, un style bien bossé, une production bien à eux, bref, un super album tout neuf malgré un petit son sympa qui sonne un poil 70's.

 
Page 74 en lecture, l'ultime chronique d'un album du mois qui passe dans mes oreilles.. Lionlimb made in Magic.

Lionlimb 2016 « Shoo » label : bayonet

samedi 14 mai 2016

Bertin 82




« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous ». Baudelaire


« Le temps de vivre » Gougaud, « Maintenant que la jeunesse »..Aragon.. en attendant le nouvel album de Bertin retardé, une pause discographique, des aveux, un changement de propriétaire, l'argent des cheveux et le ciel des peintures, cendres et givres.... 1982, une certaine idée des tristesses, des mélancolies de paysages dévidés. De la vie qui passe.

Jacques Bertin 1982 « Changement de propriétaire » label : le chant du monde ;

mercredi 11 mai 2016

The Magnetic North 2016



 
On peut pas dire qu'il fasse froid, c'est juste que je me retrouve à l'abri, dehors à contempler cette pluie de deux jours qui vient rassasier la croute et balayer un soleil printanier qui nous avait causé d'un possible été.
Et ça tombe dru, ce rideau alourdit les lilas, vieillit la pivoine et malgré tout ça, la glycine s'en fout, l'écaille toujours aux aguets. Toutes ces odeurs mouillées et tièdes me consolent.
 

Le ciel est en berne, c'est le retour des anglais.…The Magnetic North c'est la chanteuse Hannah Peel, Erland Cooper ( des Erland and the Carnival) et Simon Tong ( The Verve et The Good, the bad and the queen). Je les avais comparés à Bowerbirds, Melpo Mene, Musée Mecanique, on peut ajouter Peter Von Poelh ou Bardi Johannsson quand il chante auprès de bird Keren Ann.
Sauf qu'ici, c'est totalement made in british, beau comme Belle & Sebastian, et ils ont gardé cette danse fleurie des temps gris, ce crachin mélodique qui ranime.

 

Et puis « Signs » tombe, une chanson comme une éclaircie définitive, une obsession et je reste là sans bouger, vidé de toute envie d'émerger où que ce soit, de trouver une quelconque utilité à cette journée bien abîmée déjà. « Signs » passe et repasse comme un disque rayé infatigable, comme cette pluie continue qui fond sur nos gris embellis.

The Magnetic North 2016 « Signs » label : full time hobby



 
 

lundi 9 mai 2016

Heron Oblivion / Pauw / Night Moves




 


Trois albums psychédéliques aux dosages distincts viennent se déposer sur la météo irradiée par un soleil fraîchement estival. Les couleurs fleurissent et le primaire crible le paysage, comme un pointillisme acidulé, un nouveau triptyque.
 

Heron Oblivion : c'est la voix de Meg Baird sur un rock psyché ankylosé qui fait des merveilles avec des guitares éthérées ... Espers qui vient percuter Six Organs of Admittance ou Comets on Fire.. C'est une aubaine, une rencontre slow-burn inespérée de San Fransisco, une chair sous une cuir dilaté par les premières chaleurs qui proviennent d'en haut, juste au dessus du guignier en fleur sous lequel je me laisse consumer. Je pense à Low, Bardo Pond, Cyann & Ben de chez Gooom....

 
Pauw : sont hollandais, le son coupé à la pop, plus saturé, les chœurs pleuvent, la voix résonnant à travers un micro kaléidoscopique, plus Pram ou Broadcast dans un stade avec pyrotechnie, une basse fauve et des claviers « ovni-tender », une ambiance abyssale, on est projeté dans la décennie 90.

 
Night Moves : Minneapolis et des petits airs princiers si on veut bien les entendre, la pochette très proche de Pauw, un psychédélisme glacial et artificiel plus encore, des guitares à faire froid dans les oreilles, ce son aigrelet là envoie directement vers les 80's. La pop s'impose, le saturé abîme et la voix glisse sur l'hyper saccharosé galactique.



Je retourne vite vers mon Héron préféré, le cendré sur ciel de cobalt. La pochette se détache des deux autres, le son aussi. La lenteur du jeu, des ondes de lourdes escarbilles, comme si ce psychédélisme là avait fusionné avec le silence plombé d'un paysage caniculaire. Y'a du bouillon derrière, de l'humus en dessous, que dis-je, de la lave molle prête à couler paisiblement.
Ils sont un paquet à brandir le flambeau des disques psyché, Heron Oblivion, surement le plus et beau et brulant ces temps-ci.

Heron Oblivion 2016 « Heron Oblivion » label : sub pop
Pauw 2015 « Macrocosm Microcosm » label : caroline benelux
Night Moves 2016 « Pennied Days » label : domino

mardi 3 mai 2016

Murat 2016




Échoué le cul dans le plantin, je laisse la cordulie m'effleurer la bouche. La lenteur des choses est un magot que j'ai enterré là sous ma lourdeur.
 

J'ai encore dans les oreilles la couronne symphonique des orgues de Corrèze et je danse en rond sur mon chemin de ronde, étourdi par les méandres de la Vézère. Ou c'est peut-être la mistelle aux cerises de Collonges-La-Rouge qui me grise et me lubrifie les artères. Je retournerais bien à Bort-Les-Orgues pour aller fouiller les tourbières et voir les pollens millénaires que la lenteur du temps à gardé enfoui malgré lui. « Ça fait des semaines que la chose traine », « un incendie couve en chacun de nous »...

 
Puis j'irais bien grimper dans cet arbre si j'en avais la force, histoire de contempler le plissé. Mais l'herbe est si épaisse, la terre si tiède, le ratafia si doux que je vais rester là à ronronner, à ruminer mon cœur en cerveau de vagues idées du loup-cervier.
« Morituri »..tradililali... je ne suis jamais armé, le cafard me suffit.



Murat 2016 « Morituri » label : pias/scarlett


dimanche 1 mai 2016

Gaspard Royant



 
Une envie dominicale de poser des galette noires sur la crépière à saphir m'embarque directement vers Gaspard Royant, ce mec de Haute-Savoie qui a sorti plusieurs 45T, des rouge, bleu, jaune, rose et blanc, regroupés sur un Lp 2013 les compilant, à l'ancienne.
« Have you met Gaspard Royant? » est le deuxième album, toujours aussi éclaboussé d'emprunts ou d'hommages; des vinyles de ses parents, du son de Phil Spector, du look de Roy ou Buddy, des références similaires à Edwin Collins qui a pris sous son aile ce crooner rock'n'rollé, costard-gominé comme dans les 60's.
 

Il est le seul à faire ça par chez nous, et même s'il revient fraîchement chez Sony et que j'écoute son nouveau CD, j'ai une grosse idée de galettes de cire noire à sillonner mon dimanche ensoleillé.

Gaspard Royant 2016 « Have you met Gaspard Royant ? » label : sony