lundi 31 mars 2014

Elbow 2014


 
Transition idéale dans l'harmonie d'une musique langoureuse, rock cette fois-ci, le nouvel album d'Elbow est une valeur sûre, puissant et au tempo moelleux.
Il y a des groupes que l'on aime suivre, après une compilation de raretés qui aurait pu faire figure d'épilogue, le groupe épique de Manchester arrive ces jours-ci avec « The take off and landing of everything ».
Tout comme Spain, Elbow est apparu en 2001 avec le superbe « Asleep in the back ». 2001 fut une année discographique extraordinaire.
Sa voix est imparable, avec un voile Peter Gabriel, le son est transporté de résonance, lumineux, « My sad captains » morriconien, des espaces proches de Damien Jurado, les mélodies et les idées de production d'une rare finesse avec de légères touches électro.

Elbow est un groupe doué, malin qui avance indubitablement sur une indéfectible carrière. La puissance des cinq membres fidèles s'évapore dans des espaces pop de chœurs et d'échos. Piano et guitares élargissent les dimensions, « Fly boy blue/lunette » est une envolée homérique à la limite du progressif.
Je pense à Doves, au Beta Band.. à Peter Gabriel (« Charges » sublime).

Une totale réussite. Un disque pop-rock qui devrait compter cette année, même si Elbow ne fait pas parti des groupes que l'on brandit.

Elbow 2014 « The take off and landing of everything » label : fiction records
 
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samedi 29 mars 2014

Spain / Barzin 2014




Cool pop sirupeuse, langoureuse, mielleuse, juste histoire d'emballer la soirée, de décrasser les gaines, ramoner les conduits encrassés par des jours de suie, chasser quelques nuages, ou plutôt les figer, les contempler en leur trouvant des formes coquettes, deux albums d'obédience alanguie se succèdent dans les enceintes, Spain et Barzin.

Deux beaux albums plein d'écho, d'indolence, une berceuse pour les fatigues gluantes, du son et des voix à foutre les carburateurs en vrac.
Spain, après l'épique « I believe » en 2001 avait quasiment disparu. Depuis 2010, le quatuor de Los Angeles sort un album par an. Ce cru 2014 ne déroge pas au style liquoreux et à leurs pochettes recyclant les stars de X à la retraite.
Même zenitude pour Barzin, les canadiens d'Ontario. Une discographie parsemée, cinq ans d'absence, et ce retour suave, avant, c'était plus post-rock, Barzin se la joue Spain. Je me souviens de leur premier album sorti par Pop lane en 2003, un petit bijou rare qui annonçait la couleur.

Sensuelle cool pop je vous dis, des trucs à se faire souffler dans le gicleur, ou de faire péter un slow mouillé. En attendant, Spain et Barzin tanguent sous des lumières tamisées.

Spain 2014 « Sargent place » label : glitterhouse
Barzin 2014 « To live alone in that long summer » label : mono-82VNL



vendredi 28 mars 2014

Current 93 2014



David Tibet côtoie les accords jazz, Current 93 part dans les cabarets fantomatiques. La folie est toujours sur ses cordes, « I am of all the field that fell » est une troublante traversée d'une âme torturée sur des accords jazz psychédéliques.
Son monde se dessine sur un piano livide, des percussions malades et des guitares oppressantes. Son ami Antony est à nouveau ici et donne une lueur d'espoir.

Current 93 est de retour, David Tibet chante toujours avec ses yeux habités.


Current 93 2014 « I am of all the field that fell » label : the spheres








mardi 25 mars 2014

Rodrigo Amarante



Pour reprendre le court des « nouveautés », je suis tombé sur une petite merveille minimale qui trinque avec mes rêveries lusitaniennes. Les émotions prennent le dessus sur le son, sa voix filtrée, peu importe la langue, il chante en brésilien, anglais et français. La pochette est blanche, la pureté d'un travail et d'un matériel d'écriture élargi par sa vie planétaire, la pureté acoustique intime d'un artiste des fonds de rades enfumés, un songwriting des arrières courts avec des racines brouillées.

« Son nom » me planque d'émotions... 
« Fall asleep » et son piano qui se meurt...
« Irene » typiquement une ballade en accord du Brésil, saudade...
« Hourglass » nous rappelle qu'à une époque, il a formé Litlle Joy avec un Strokes.

Cet ancien Los Hermanos sort un album discret, puissant dans ses émotions et sa diversité, un petit bijou intime, folklorique et mélancolique.

Rodrigo Amarante 2013 « Cavalo » label : polyso


http://www.youtube.com/watch?v=1WuKhM6WH5U


dimanche 23 mars 2014

Tord Gustavsen quartet



Le jazz pour moi a longtemps été étranger et mon imperméabilité a fondu au fil des découvertes. Depuis, j'avance surement vers le sûr, le grandiose.
Des terres inconnues se sont ouvertes et je m'immisce. On ne m'invite plus, j'y vais et je prends.

Chaque opus jazz est un voyage, un périple empirique et je ne sais pas où je vais, je fouine, creuse, sort la truffe de mes labyrinthes et même si la terre est ronde, je marcherais sur les lopins des trio, des quartets, des combo, des solo, jusqu'à ce je sois fondu aux paysages.
ECM est mon agence de voyage, le chemin qui amène aux sources, un guide. Cette auberge sait incorporer ce qu'il faut de liberté pour me susurrer l'itinéraire.

C'est une nouvelle pièce du catalogue qui allonge mes pas, un quartet autour du pianiste norvégien Tord Gustavsen. Un sax, une basse et une batterie. Un voyage dominical quasiment religieux. Assez classique dans la forme, cet album est une introspection intime et profonde dans l'épopée jazz ambiant.. écoutez « Inside », tout est là, enfoui, reflété, blanc et brillant.

C'est dimanche, je suis seul, dehors les grêlons nous chantent que tout revit, j'écoute un disque de jazz, « The Well », un voyage immobile qui me mène là où je crois savoir aller.


Tord Gustavsen quartet 2012 « The Well » label : ECM







vendredi 21 mars 2014

Brian Eno 2010


JSF 8
SAMEDI 22 MARS :
"I want to drive you through the night, down the hills."
Vous mettez cet album dans l'autoradio et vous conduisez toute la nuit. Pour aller où? Là n'est pas la question...


Quand tout le monde s'est tu, s'éteint et qu'il ne reste que moi à fixer le bout de la route myope que la pénombre rapproche de mes essieux, je sors mes galettes, des berceuses pour les autres, du carburant pour moi, la seule façon de rester éveillé.
Je m'injecte du son qui électrise mes émotions, m'apaise et laisse court à ma solitude qui défile.
Je sais où je vais, pourtant à chaque fois, j'imagine un autre itinéraire, je m'extasie de chaque paysage qui se déposent sur l'écran noir qui dégringole devant moi.
Même si c'est le même, la lumière n'est jamais la même.

Des croissants de lune qui chutent, des orages lointains, des lumières de ville qui se dessinent, des montagnes qui se devinent.
Du monde dans la carlingue, je deviens seul et m'invite sur des voyages à réécrire les panneaux de signalisation. Le nom des villes ou des planètes.
Je fais le plein d'Eno sans plomb et mon habitacle s'allège, je ne sais plus si je roule, vole, flotte ou tourne en géostationnaire.

Au petit matin, mes yeux sont rassasiés, ravagés par ce long voyage perdu, comment peuvent-ils savoir par où nous sommes passés, imaginer ce que j'ai vu, même si nous sommes arrivés à destination ?
Les affects sont différents, les yeux pas aux mêmes endroits, fermés ou pas. Mon épopée d'un voyage semi-immobile, a été pour les passagers, un rêve, la pénétration du subconscient et peut être ont ils rêvés ma réalité.

Je roule souvent la nuit, avec Brian Eno. Dès qu'il fait jour, je m'écroule et pars dans un autre monde, leur réalité.
 
Brian Eno 2010 « Small craft on a milk sea » label : warp
 
 

jeudi 20 mars 2014

Doors / Stooges



JSF 8

Allez, un petit dernier pour la route, je ne peux pas résister à l'envie de parler de ma vision des coïncidences de ces deux pochettes là.

 
Des gangs qui montent, l'explosion d'icônes comme la vitrine fulgurante de deux immenses groupes. Du narcissisme, Jim et Iggy, le cerveau, la queue, symboles, ces deux entités là s'écrivent avec deux « o » et un « the », The Stooges et The Doors écris en jaune, avec quatre tronches, à peu près à la même période, et gamin, lors de mes premières visites dans les bibliothèques, je confondais les deux albums... à cause des pochettes similaires...puis pas que.

 
Une certaine force dans la musique, du gros son d'un côté, des mots forts de l'autre. Sur scène, c'est la même violence. C'est le début de quelque chose, un monde en éruption. C'est leur premier album avec deux grosses locomotives aux micros, des chefs de meutes, des entités extrêmement sexuelles. Défonce, acides, deux disques drogués à mort, une noirceur totale sans aucune limite terrestre, du rock schizo. Les américains ont leurs groupes (enfin ;D), ils rockent comme personne.. et sont très bons musiciens. Ce n'est qu'un début, leurs albums suivant seront encore meilleurs.
Deux opus éponymes..et puis tiens, une autre coïncidence, la major : Elektra.

 
Des similitudes pareilles ajoutées à mon désordre visuel, je voyais les mêmes pochettes...elles se ressemblent non ?

The Doors 1967 « The Doors » label : Elektra
The Stooges 1969 « The Stooges » label : Elektra

mercredi 19 mars 2014

Frank Zappa / Tim Rose





JEUDI 20 MARS :
"It's just a reflektor."
Deux pochettes d'albums qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Coïncidence?...


Pour ce thème, on pouvait aller chez Franky et faire ses emplettes de pochettes à coïncidences. Des années que je visionne ses billets, je suis un fétichiste de disques, j'aime les vinyles et les pochettes et son blog. Il s'agit là, de l'interpeler, si cela est possible :D

D'un côté, il y a Frank Zappa, avec un Lp rare, une compilation italienne de 1997 chez Del-Fi, de l'autre, Tim Rose est son vinyle authentique de 1970 sorti chez capitol.
Et puis il y a Lou Reed qui a dit un jour : « Andy a créé l'art multimédia à New York. Tout le visage de la vile s'en trouva modifié. Après plus rien ne fut pareil ».
Deux mondes différents, deux disques très rares, une coïncidence historique vient percuter ces deux albums, Andy Warhol.

« Que se produit-il lorsque le pap du pop art entre dans la pop music ? : l'album le plus underground ! C'était le nouveau trip d'Andy Warhol sur la scène souterraine ».
Traitement de couleur, damier, sérigraphies et portraits colorisés, une banane comme tremplin, John Cale, les Stones et Joe Dalessandro... concepteur de pochettes.


« Attention, collectionner les disques, ce n'est pas comme collectionner les timbres, les sous-verres de bière ou les dès anciens. Il y a tout un monde la dedans, plus doux, plus sale, plus violent, plus paisible, plus coloré, plus sexy, plus cruel, plaus aimant que ce monde où je vis. Il y a de l'histoire, de la géographie, de la poésie et mille autres choses que j'aurais dû apprendre à l'école, même de la musique ». (Nick Hornby).






Frank Zappa 1997 « How's your bird » label : del-fi
Tim Rose 1970 « Love a kind of hate story » label : capitol





Un petit bonus..c'est tellement joli. Pas de coïncidence cette fois-ci, sauf l'année peut être, 1964. Deux pochettes d'époque qui se ressemblent..dans les grandes lignes.




Yarbirds 1964 « Five live » label : columbia
Animals 1964 « House of the rising sun » label : MGM

mardi 18 mars 2014

Terry Callier 72



JSF8
MARDI 18 MARS :
"Let's get in on."
Le disque qui vous donne envie de jouer des hanches... et pas pour danser...


S'immiscer dans la mélancolie, deviner la faille et s'engouffrer. Juste un voile de tristesse sur une barque mollement chaloupée, un terrain propice pour les vieux marins, les pirates, des pilleurs profiteurs de dérives. L'affaiblissement du socle comme un sable mouvant est une ouverture suffocante, à travers laquelle toute la tendresse s'y déverse.
Ce disque est le chef d'œuvre de la soul mélancolique, les larmes, ce sont avant tout des sécrétions, femme sous la fontaine, quand les écluses menacent et que l'on est à deux doigts de se noyer, la regarder se perdre comme on reste figé et foudroyé devant la « Dancing girl », sentir le feu monter aux tempes, la glande sudoripare faire son effet et avancer, bondir et jaillir, caracoler, danser et chevaucher..redonner aux larmes la raison d'un être assoiffé. Vampire de mélancolie.

Son cœur était triste, la soul mélancolique, à poil sur un vieux fauteuil usé, elle fumait mais ne pleurait pas, ses larmes ont coulé sur moi, j'ai fait naufrage en elle.


« What color is love », je suis reparti avec sa mélancolie.


Terry Callier 1972 « What color is love » label : cadet records














samedi 15 mars 2014

Ferré 70





JSF8

DIMANCHE 16 MARS :

"There's no future, no future, no future for you!"

Le disque que vous écoutez quand tout semble sans issues, histoire de se rouler dans le désespoir...




Ferré est un refuge, un recours ultime quand rien n'y fait et que l'on traine sa tronche de clébard jusqu'au prochain jour.

Plutôt que de hurler à la mort, je ravale ma noirceur et je m'en vais communier avec lui, histoire de me sentir moins seul, d'aller chercher le palier pour y flotter et laisser le désespoir sourd se balader sur ses mots sa voix et sa musique. T'es pas seul me dit-il, ça arrive, ça ira mieux..laisse couler et vient avec moi, écoute ça.
Mettre un disque de Ferré plutôt que de déteindre sur les autres. Quand chez moi un Ferré chante, c'est le drapeau rouge qui est hissé, interdiction de venir se baigner dans mon cerveau, laisser juste les regards me dire « tiens, t'es pas au top ». De toute façon y'a rien à faire, attendre que le vent faiblisse, que le ressac devienne huile.

Ferré a ses époques, il y a avant et après 68, Madeleine, il y a Odeon, Barclay, puis les opéras, la fin discographique philharmonique..
Moi, le cœur de Ferré, c'est ce faux double album « Amour anarchie » que rien ne peut ébranler. Le sommet, mes creux des vagues à l'âme.
Alors quand j'ai la gueule en biais, et les idées en cul-de-sac, je mets un Ferré, souvent ces deux là, ça me parle, et je me vautre dans mon jus. C'est un vieux compagnon de route, j'aime bien venir faire la gueule avec lui.

Léo Ferré 1970 « Amour anarchie » - vol.2 label : Barclay








vendredi 14 mars 2014

Bashung - L'imprudence



JSF 8
VENDREDI 14 MARS :
"Je lui dirais les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux."
Un disque qui se passe de mots, et très bien, merci!...




mercredi 12 mars 2014

Mike Oldfield 2014




Pour le coup, un billet bonus se place ici pour les deux premiers thèmes. Le grand retour de Mike Oldfield arrive avec un gros gros son ampoulé ? trop ? Surement, beaucoup vont le trouver gavé, grandiloquent, voire indigeste. Pourtant ça fonctionne, la puissance du son embarque bien les mélodies typiquement Oldfield. C’est un retour en chansons, il réitère son « Earth moving » 1989 et rompt enfin avec ses travaux Tubular qui peuvent lasser (un peu comme « The Wall » de Waters). Pas de plage instrumentale, et il est fort à parier qu’il va y avoir des tubes en puissance. « Sailing » est une hyper ballade ultra légère à fredonner pour l’arrivée du printemps, voire de l’été.

Mike Oldfield s’est trouvé une nouvelle voix, celle de Luke Spiller, puissante, trop ? il aime les grosses voix. Luke en fait beaucoup, une grande puissance pop qui se marie bien avec le son costaud et maîtrisé.

Son dernier album « Music of the sphere » date de 2008, petit retour de l’artiste, mais grand retour des chansons.
Trop aussi dans la conception, le disque sort directement en version Deluxe, 3CD, la version instrumentale et un disque de démos. Ça fait trop ? sauf quand on aime son travail et sa façon de construire des mélodies qui font mouche. Des accords mineurs que j'adore, comme ceux de REM, avec le même esprit celtique. J’adore son travail et cette apparition est une belle surprise avec un son de grande envergure, easy, frais, et beau.
Mike Oldfield est de retour, il va y avoir des grincements de dents tellement c'est trop... bon, j’écoute le disque en boucle, il est contagieux, un grand disque de chansons du Tubular man.



Trop le retour :D


Mike Oldfield 2014 « Man on the rocks » label : mercury

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mardi 11 mars 2014

Paul McCartney 85



MERCREDI 12 MARS :
JSF 8
"There's too much, too much, too much."

Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé; il y a un peu trop de tout partout, mais... c'est pour cela que vous l'aimez...





La doublette épique « Tugs of war » et « Pipe of peace » a placé Paulo sur un nouveau sommet de carrière. Puis trois ans sans album (outre la parenthèse « Give my regards to Broadstreet »), c'est pas courant chez lui, l'absence sur scène non plus, cinq sans publique, et ce retour catastrophique cette année là, au Live AID.
Nous sommes en 1985 et Paul McCartney sort un album, le plus indigeste pour les médias, les fans et les ventes..pourtant.....


Beaucoup trop de choses vont faire de cet opus un objet que tout le monde va très vite oublier.
Trop d'effets, Paul se veut moderne et s'attèle à user des technologies sonores d'alors. Toutes les nouveautés de programmations y passent, les ordi, et il prend les 80's en pleine tète. Le son n'est pas le sien, Paul a le désir de renouvellement, trop. Sur « Press to play », il travaille pour la première fois avec Eric Stewart (Ten CC) vite remplacé par Hugh Padgham aux manettes. Il y a un batteur ultra moderne aussi Jerry Marotta. Sur « Talk more talk », sublime chanson expérimentale, il réunit même Phil Collins et Peter Townshend.. Il y a presque trop de monde dans le crédit.

L'album est trop high-tech, beaucoup trop compliqué pour la planète qui glisse sur le vinyl à la pochette trop décalée. Trop vieillotte, sépia, fleur-bleue quand on connait le contenu. Paul en fait beaucoup et ne décollera pas de la 21 ème place des charts, échec cuisant.


« Pretty little head » est une chanson single méconnaissable, vouant à l'échec tout non initié s'adonnant à un blind test. Trop expérimentale, trop 80's, les américains n'en voudront pas, ils sortiront à la place « Stranglehod », premier morceau de l'album.

Alors, pour redresser la barre et corriger, il sort en fin d'année un ultime espoir, « Only love remains », morceau typiquement Macca. Tony Visconti arrange les cordes, c'est un pur bijou, mais il est bien trop tard.

Trop de choses pour le pire, et pour mon meilleur. Même si je pense que ce n'est pas l'album à proposer pour faire découvrir Paul McCartney, (peut -on encore le faire découvrir ?), « Press to play » est un grand disque mésestimé, bourré d'idées, intelligent, extrêmement créatif. Le matériel d'écriture est là, et malgré l'époque et l'opulence des programmations, je trouve qu'il se dépatouille assez bien de la technologie, de sa faim et de sa curiosité.
Aucune de ses chansons ne sera reprises sur scène (sauf "Only love remains" lors d'un festival), Paul est fâché. Et il faudra même attendre 1989 pour voire naître le sublime « Flowers in the dirt »..le retour auprès d'Elvis Costello.

Écoutez la perfection sonore et le chant de Paul sur « Angry ».
J'aime particulièrement ce disque un peu too much partout, une maladresse ? Surement pas, faut pas oublier que nous sommes au beau milieu des 80's, et que tout sombre, Paul ultra-moderne, boudé, s'en tire très bien.

Paul McCartney 1985 « Press to play » label : MPL

Barclay James Harvest 2013 (Feat. John Lees)



Je vous assure qu'il m'en coûte de vous avouer cela, mais en bonus de cette première journée, je vous propose le « retour » pour le pire. J'ai vécu il y a quelques semaines, la réapparition de Barclay James Harvest version John Lees.

J'ai aussi appris que le batteur Mel Pritchard était mort en 2004 d'une crise cardiaque et Wolly Wolstenshome, le fameux clavier du groupe s'était suicidé en 2010, c'est la fête. Pour moi, le dernier album en date, c'est « Rivers of dreams » en 97, et encore. Après, c'est la tangente, la séparation, John Lees's BJH, ou Les Holroyd's BJH.. avec les logo qui vont avec.

2013, c'est John Lees qui prend le crachoir, « North » que j'ai failli mettre pour le thème de T « disque du nord » au dernier jeu..mais j'ai pas pu, trop mauvais. En sus du disque studio, un live bonus tout aussi affligeant, ils n'y sont plus, poussifs et grabataires. Et je vous jure qu'il faut m'en mettre dans les rotules pour dire du mal de BJH. Même les photos du livret sont effrayantes.

Ce live bonus enregistré à Buxton Opera House est le coup fatal, même si « Ursula », un vieux vieux titre, est présent dès l'entrée, y'en a un qui chante, je sais pas qui c'est, mais c'est comme Mark Hart qui remplace Roger Hodgson. Puis y'a pas d'orchestre pour une salle d'opéra, juste un synthé qui ne respire plus...tout pourri. Les standards sont massacrés.

 
Bref, le Barclay James Harvest est de retour et tout se déroule sous les meilleurs hospices.

 
J'aime le BJH, aussi, pour redresser la barre et pour parer aux vannes qui vont fuser, je vous propose THE live 74, juste pour vous faire une idée de ce qu'était le groupe à l'époque, la substance. Le live 74, je viens de le trouver d'occas, comme pour me dire d'oublier « North ». C'est la chose à écouter pour se faire une idée.. celui-là et le « Live tapes » 77.

Barclay James Harvest 2013 « North » label : esoteric
 
 

dimanche 9 mars 2014

Gil Scott Heron 2010



JSF 8
LUNDI 10 MARS :
"Oh honey, why don't you come back?"
Le disque du retour, pour le meilleur ou pour le pire, à vous de choisir...
 
 

Pour annoncer le « retour » de Beck et Notwist, je parlais du relatif délai de parution des nouveaux albums des artistes d'aujourd'hui. Un retour ? En sachant que la fréquence des sorties s'est élargie, 5, 6 ou 10 ans ? Bill Fay ? Ed Askew ?...
David Bowie en 2013 est réellement revenu, après un break de 10 ans dû à des problèmes de santé. Bowie pour le meilleur ou pour le pire ?.. rien de tout ça, un retour c'est tout. Un bon disque quoiqu'on en dise.

 
Gil Scott-Heron, c'est une décennie, 70/80.. (même si « Winter in america summer in europe » est venu rompre le silence en 2004), « I'm new here » est LE retour en puissance qui a ébranlé la planète. A tel point que ce disque rejoint le mythe de sa production 70's, et s'immisce au beau milieu de ces meilleurs albums. « I'm new here » est une torpille, un vrai retour pour le meilleur, juste pour témoigner du pire de sa vie. L'ultime point final avec Jamie XX n'y changera rien.. « I'm new here » (j'insiste) 2010 est un véritable retour.


Chamboulé, je devais le retrouver synthétisé sur la boite , la compile 2012 « The revolution begins »... tout s'amoncèle, tout s'entasse, et je reviens sans cesse sur cet objet 2010, le retour colossal et puissant de Gil Scott-Heron dans les bacs.

J'écoute tellement Bowie au quotidien, que son retour semble « normal », camouflé. Je n'ai jamais osé parler de « The next day », c'est pourtant le come-back sans ébranler, neutre, réglo.
Gil Scott-Heron 2010 est surement la grande renaissance improbable, inattendue, violente, la vraie substance.
Depuis j'écoute en boucle le coffret "Flying Dutchman masters" cette boite 2012 qui me transperce les flans, ses albums 70's parsemés dans mon ordi et ce retour 2010, comme on observe une éclipse chaque nouvelle décennie.

« Me and the devil »....et je regarde en boucle « Au bout du conte », j'entends cet air, ce retour ultime est devenu la dernière pièce d'un édifice que nous regardons depuis avec une révolution de larmes et d'incertitudes.

Gil Scott Heron 2010 « I'm new here » label : XL recordings



 

samedi 8 mars 2014

Ian Dury 77



Complètement éclipsé par les apparitions premières des Cash et des Sex Pistols, cet opus 77 de Ian Dury n'est pas l'étendard générationnel que l'on brandit immédiatement. Estampillé British, un vrai, un dur, il a quand même 35 ans quand sort ce petit bijou, et la différence avec ses compatriotes punk, est que « New boots and panties !! » est aussi teinté de jazz, soul, funk, blues, rockabilly même si l'album monte en puissance destroy. Dury est de Londres, plus précisément de l'est, la classe ouvrière, et la tendance argotique Cockney se sent à travers le disque qui ne faibli jamais, et qui annonce même la New Wave à venir.

Quelques semaines avant ce 33T, Dury sort son 45 T catalyseur « Sex and drugs and rock'n'roll », immédiatement interdit sur la BBC. Sommet de carrière pour ce pur anglais aux Doc Martens. Et puis, y'a surtout cette sensation d'une particularité, d'écouter un disque à part, un son extra (on est pas encore dans les 80's), qui en fait un objet récurent, celui d'une époque naissante que j'écoute le plus.
Incontournable.

Pour l'anecdote, sur la pochette, le bambin à côté de lui, c'est son fils Baxter.


Ian Dury 1977 « New boots and panties !! » label : stiff


vendredi 7 mars 2014

Hauschka 2014



Transition idéale, juste après l'Otto, un néo-classique un peu plus expérimental, celui d'Hauschka et sa nouvelle vision cinématographique musicale. C'est un travail pointilleux, précis, sa vision d'une longue avancée à travers une cité abandonnée, c'est moderne, comme un ballet syncopé d'une introspection dans les ruines urbaines. C'est progressif, la BO d'une épopée entre des murs délabrés, il embarque, à vous de choisir votre ville dévastée. Les gravas n'ont jamais été aussi beaux.


Il sort bientôt, il sera le prochain rangé, après l'Otto.



Hauschka 2014 « Abandoned city » label : city slang
http://www.cityslang.com/releases/64220/abandoned-city/

jeudi 6 mars 2014

Otto a Totland



A refaire les choses, je rangerais mes disques par ordre d'apparition dans ma vie, juste histoire d'observer les vagues et de jouir du chemin. Là, je pourrais y accoler mes sentiments, mes nostalgies, mes étapes et découvrir le fil de ma lente construction.. des vagues.
A l'inverse, je m'échine à classer, regrouper par label, géographie, artistes et je passe des nuits blanches à retracer, refaire le trajet des émotions et des tendances.

Phases, constances, sinusoïdales, la ola des étagères ou la régularité d'un style viscéral, résurrections.. Peut être aurait-il fallu que je les amasse ainsi...puis surtout y voir mes rencontres, les influences indéniables, les histoires secrètes, ma vie à moi.
Je brouille les pistes, je deviens le mythomane de mes connections, je brasse ma chronologie. Je voudrais gérer et finalement je ne tourne pas rond. J'organise.


Je vais sûrement placer cet album tout près de Nils Frahm, erased tapes donc, ou réserver un endroit « sonic pieces » qui commence à grossir, le rapprocher du néoclassique des pianistes habités par la lumière blanche. L'émotion est telle à l'écoute de cette moitié de Deaf Center que je voudrais le mettre là devant vous, pour dire que le dernier disque acheter est celui-ci, qu'il passe depuis des jours, ce piano noyé de silence, ces souffles de cordes tapées, ce blanc susurrant la note, ce classique, néo classique, ce ciel, cette biologie musicale, la mer.
« Pinô » est un point unique sur un moment à moi, c'est un album tellement important que je me perds à vouloir le ranger. Par ordre d'apparition, il serait là, devant vous, juste ici, à suffoquer devant cet art d'intimité hyper dimensionnée.

Otto a Totland 2013 « Pinô » label : sonic pieces


samedi 1 mars 2014

Doug Paisley 2014



Rhoo, les bourgeons explosent les branches, ça sent la terre qui reprend ses droits, le terreau exalte et j'y plonge mes doigts comme on malaxe un corps meurtri par l'hiver. Le mois de Mars est ici, tout va avec, c'est le cerveau qui jute la sève, il fallait un album pour fêter cela.
Je l'ai trouvé, je le connais, il s'est développé, étoffé, sa country s'est badinée de blues, de pop même. J'écoute le nouvel et troisième album de Doug Paisley, le canadien. Toujours chez No-Quarter records, il offre la lumière, une douce chaleur de printemps, un disque qui fait renaitre la terre et le chant des oiseaux. Il y a un orgue, des ondes désuettes, une batterie sèche 70's, beaucoup de guitares.. un chant à la Dylan, Cash, Hellberg, Christofersen..que du folk.

Même s'il y a quelques poussées rock, « Where the light takes you » s'achève comme « Let it grow » de Clapton, l'esprit rocking-chair de « Strong feelings » est une bouffée d'oxygène, d'air tiède chargé de parfum, des senteurs de dehors, je remets mes croquenots crotteux et j'y retourne, avec les airs de Doug Paisley dans le pif.


Doug Paisley 2014 « Strong feelings » label : no quarter