vendredi 31 janvier 2014

Peter Walker



Il y a eu John Fahey, Bobbie Basho, et voici Peter Walker que je découvre. Ces références absolues du finger pickling ont fait les beaux jours de Ben Chasny et la naissance de Six Organs of admittance.
Cette belle musique tonique et technique d'une tradition américaine provenant du flamenco et du raga indien, fait fleurir le rocking chair et réchauffe l'échine.
 
Delmore recording society de Nashville, fait ressurgir cette prise de 1970, sépia, avec une roulotte en bois tirant un alambic encore chaud. Incantation des cordes.



Peter Walker 2013 « Has nybody seen our freedoms? » label : Delmore

jeudi 30 janvier 2014

Orso Jesenska



 
Quelques mois il m'aura fallu pour avouer, penaud et fébrile, cette aubaine artistique qui m'a figée les os et amouraché le cerveau.

C'est un peu à peu près tout ce que j'aime.

Lorsque j'ai lu quelques lignes sur la beauté de cet album, sur la gémellité d'avec le A, je me suis précipité au premier comptoir de chansons d'ici, histoire de poser une colle au conseiller bien souvent bredouille et désabusé dès que ça se complique.. exercice de plus en plus facile.
Pas compliqué pourtant, un des plus beau disque de l'année passée, Orso Jensenska qu'un disquaire devrait brandir, hurler.. se gober une burne pour le montrer..passionnément, voire même professionnellement.

Pas de trace physique de cette œuvre bouleversante me dit-on, quelle hérésie, quelle dégueulasserie cette invisibilité. Alors, penché sur mon ordi, coiffé d'écouteur, je crois bien que j'ai mouillé l'azerty, il a bruiné sur le clavier, un joli crachin d'émotions, un peu comme quand je erre sur mes chemins de campagne et que la plaine de froment frais s'étale devant moi, brossant un ciel bleu et blanc, un peu comme on sent le bonheur d'être triste, comme ça, pour rien, pour une complainte, une note, un accord, des mots simples..un paysage humain sans personne.

Je triture et décortique ce « Courage inutile » depuis quelques mois, je suis englué. Il est tombé sur ma mélancolie un soir de novembre et s'est immiscé depuis, à travers mes jours démissionnaires. Ma bande son des jours pour rien où la tète est ailleurs, pleine de courage.

A peu près absolument tout ce que j'aime définitivement.

Je ne laisserai jamais plus Orso me filer entre les doigts, mon étourderie de lacune incompétente. J'aimerais bien moi aussi fuir le monde qui craint de s'effondrer.
Il est pas interdit qu'un jour, ce miracle chanté devienne aussi troublant qu'un petit creux de joue, aussi culte qu'une fossette.


Orso Jesenska 2013 « Un courage inutile »








Une fois n'est pas coutume, je pose ici deux liens de chroniques histoire de compléter, d'appuyer ma sincérité, de me ranger auprès d'eux, de voir ce monde, ces artistes qui gravitent autour d'Orso Jesenska..et puis merci à Antoine (chips et rosé, que je n'ai pas remercié depuis très longtemps) pour la découverte:








mardi 28 janvier 2014

Damien Jurado 2014



Richard Swift est un cerveau arrangeur habité de quelques gadgets pop et idées musicales merveilleuses. Il est sous le même toit artistique que Damien Jurado depuis un bail et vient de prendre en main son dernier album « Brothers and sisters of eternal son ».
Depuis longtemps ces deux là se connaissent et agrémentent leur discographie respective chez secretly canadian. Le folk Jurado habité par la foi, a laissé libre cours aux idées sonores de Swift, et a laissé l'envergure prendre en charge sa texture, son écriture et sa vision musicale, sans pour autant perdre de sa superbe. Il y a même un mellotron qui lui donne de l'altitude, et la voix de Jurado prends alors des chemins aventureux séduisants.

Ma première nouveauté 2014 met la barre très haute, de la forme sur une très belle intelligence d'écriture, même si j'affecte un goût particulièrement appuyé pour tous ses travaux depuis 1997. C'est une pièce de plus dans son épopée discographique quasiment colossale, teintée ici d'une légère tendance.
Je ne pouvais pas demander mieux comme nouveauté, fracassante.. le pilier Jurado s'acoquine avec l'outsider Swift pour un album qui peut déjà s'inscrire dans l'histoire.... ça y 'est ça me reprend..je danse, en transe sur « Silver Donna »..... soul, pop, folk..chamanique.. parfait.

J'ai découvert Damien Jurado avec son grand virage folk 2003 « Where shall you take me ? »..j'ai reculé dans sa discographie, et depuis j'avance avec lui.


Damien Jurado 2014 «  Brothers and sistrs of eternal son » label : secretly canadian






 
 


dimanche 26 janvier 2014

Labi Siffre



Un album totalement dominical, un petit bijou de pop avec le guitariste anglais Labi Siffre. C'est un poète, c'est le début des 70's, ça sonne un peu Simon Garfunkel quelquefois, c'est beau comme un album qui sonne le début d'une grande carrière. Même si les succès vont résonner un plus loin (75), nous sommes en 1970, le premier album de Labi Siffre, avec entre autre, une superbe reprise de « Words » des Bee Gees et plein de ballades habitées par la lumière, Van Morrison, Tim Buckey, des mecs de l'époque... de la poésie folk, titillée de pop enchantée. Rare.
 
Eh..je suis raide dingue de cet album.



Labi Siffre 1970 « Labi Siffre » label : pye international

jeudi 23 janvier 2014

Kevin Morby



Oh le bel album tout plein de fraîcheur que nous propose Kevin Morby en ce début d'année où les nouveautés peinent à venir.
Une belle légèreté comme Adam Green, avec une voix plus Doherty. De séduisantes petites balades pleines de légèreté, avec un matériel mélodique sérieux et des guitares gentilles qui tiennent bien la route deviennent au fil des écoutes très contagieuses.

La pochette est grise, comme dehors dans nos campagnes, nous ne sommes pas au printemps et pourtant « Harlem River » en a tout l'air, ces petits hymnes pop nous apportent direct une poignée de rayons de soleil.. brûlons le calendrier, l'air est printanier. Kevin Morby que je découvre avec cet album est d'un naturel déconcertant, une facilité pertinente et une efficacité évidente. Le pièce principale éponyme de 9 min, est une vraie petite tuerie de cool blues à faire rester indéfiniment sur le chemin de traverse, sans jamais s'arrêter.

Kevin Morby 2013 « Harlem River » label : woodsist


mardi 21 janvier 2014

Rafael Anton Irisarri



Il pleut de la limaille de fer sur mon crane en taule. Le souffre m'arrache la gorge et le souffle sombre du cœur des monts métalliques m'asphyxie. On peut à peine voir dans la pénombre, quelques lueurs seulement laissent agoniser la rétine et le poumon. Les membres sont lourds, impossible d'avancer dans ce lourd sirop boueux.
Je m'écroule et reste collé à la tourbe acide, avalé, aveugle, phagocyté. Il grouille des êtres vivants dans ce composte où je me dilue.

Rafael Anton Irisarri élabore un nouveau décor apocalyptique au milieu duquel on ne peut plus lutter. Imparable, angoissant et beau.

Rafael Anton Irisarri 2013 « The Unintentional sea » label : Room40





lundi 20 janvier 2014

Dennis Johnson




Le pianiste américain R.Andrew Lee s'est approprié l'interprétation remodelé des six heures mythiques de « November », unique pièce minimale de l'artiste Dennis Johnson datant de 1959.
Réorganisé en quatre mouvements d'une heure et dix minutes chacun, il a retracé, corrigé cette mystérieuse œuvre narcotique pour piano. On parle d'avant gardisme pour l'époque, quand le rock'n'roll prenait sauvagement racine sur toute la planète.
La carrière musicale de Dennis Johnson fut éphémère, elle a pris fin en 1962, et même s'il a essayé de refaire surgir cette profonde immersion dans le silence joué dans les 70's, « November » ne reverra le jour que 40 ans plus tard, via la vision respectueuse de R.Andrew Lee.
D'une simple bande audio ce pianiste de Kansas City ressuscite toute la substance des premiers travaux de musique minimale de l'histoire.
Répétitif, résonnant, étude de tonalité comme on dessine l'océan......... mon cerveau est piqué.

 
1959..... la preuve que la musique est intemporelle, cette pièce là affichée « avant-garde » d'alors pourrait se répandre sur le "néo-classique" d'aujourd'hui. Tellement de pianistes se sont absorbés de ce son suspendu, engouffré dans des paysages nus. Tellement de lumières ont vibrés depuis avec quelques nuances de plus ou de moins. Je pense à Nils Frahm, Sakamoto, Satie, Keith Jarrett.....

C'est le calme absolu, l'introspection la plus profonde, l'isolation et le désir de se retrouver quelque part, seul, sans jamais avoir besoin de justifier sa présence, devenir un contemplatif définitif pour se diluer sans force, comme un nuage en haute-pression.
 
L'hiver est une erre frigide et janvier habité de rien. Novembre est derrière très loin quand quelque chose bougeait encore. Un autre est à venir en passant par la lumière et la turgescence végétale. J'écoute « November » au milieu de rien, à attendre, me souvenant encore.

Je rentre ce soir avec sous les yeux, le premier coucher de soleil avant novembre prochain. Cette demi-balle magmatique mirage sur la chevelure canopée de la forêt de Meudon. Mon wagon fuse, comme pour rattraper le temps perdu d'une lourde journée pour rien. Tout s'allume, s'enflamme, le sol détrempé happe l'horizon comme le capillaire, il n'y a plus de ciel, le sépia brûlé dégringole avant le noir froid et humide. L'automne ce soir, n'aura duré que quelques minutes miraculeuse, comme ce rappel fantastique d'outre-tombe.. « November », étalé sur plusieurs heures de dérive, une éternité.


Dennis Johnson (aka R.Andrew Lee) 1959 (2013) « November » 4xCD
 label : penultimate press












vendredi 17 janvier 2014

The Devil Makes Three



Il faudrait trouver une musique vieillotte, traditionnelle, terreuse pour aller avec mon bourbon du vendredi soir. Un truc genre Moriarty, celtique, country mais orienté folk blues, avec une touche de ragtime/rockab. De l'acoustique de toute façon, une voix mais pas celle de Leon Redbone, un petit swing amerloque à déguster dans un rocking-chair.
Il s'impose à cette heure-ci, la bande-son d'une fin de semaine que l'on torchée à la force d'une fatigue enclume qu'il faut purger.

 
En fait je bluffe, le bourbon est déjà servi, et surtout la musique je l'ai déjà qui tourne dans les enceintes.. je me la suis gardée pour ce soir, quelques jours à me dire: nan..je me la garde pour vendredi. C'est pas un jour pour la découverte, le bouleversement musical.. juste un petit truc bon, comme quand le bourbon désinhibe les lourdeurs.


Tiens, Leon Redbone.. longtemps que j'ai pas mis « Sugar ».. il sera le prochain..s'il reste de l'essence dans la boutanche.

« Goodbye old friend »... bah voilà, pas mieux pour finir tranquille la semaine... je la passe en boucle comme on respire à plein poumon. Ces gentils californiens nous font le coup de la vieille Amérique boisée.


The Devil Makes Three 2013 « I'm a stranger here »
label : New west records


jeudi 16 janvier 2014

Set Fire to Flames




Pénétrer la ville, s’immiscer aux travers des architectures pour bouffer du gris anthracite et entendre la complexité des âmes en cage. Attiré par le bruit ambiant on se dirige doucement vers la complainte mélodieuse de ceux qui se battent dans le visqueux silence du quotidien.
Collé à la tristesse urbaine, on se faufile dans les méandres underground comme des fantômes, dans de longues avenues interminables, avant de tomber sur un carrefour croisant d’autres artères infinies.
 
 
C’est le journal intime d’une banlieue, les aveux d'un quartier artistique, de la dentelle urbaine et la noirceur d’une nuit à errer. J’écoute cette bande-son à chaque fois que l’envie de me diluer me prend à la gorge. Il y a un risque, celui de se perdre dans le labyrinthe, le blues cambouis d’asphalte mordorée qui chante. Au loin on aperçoit le fleuve orange, coiffé d’ usines désaffectées, et de longues façades débouchant sur des hangars, des silos. Les no man’s land sont percés de réverbères timides et enfumés. Le monde parallèle n’est pas loin, juste à portée d’humeur.
 
 
 
Nous sommes des martyrs modernes à vouloir survivre dans l’agglomérat, le son d’un carnaval funèbre fredonne nos états d’âme et on avance, nous pénétrons dans ce nouveau monde de trépassés aux cervelles parpaings. C’est une belle virée à des heures très tardives, une longue marche avec des flashs, des images accélérées, des bruits ambiants, une épopée urbaine monstrueusement belle à travers des immenses façades à fenêtres, éclairées ou pas.

 
 
 Cet opus 2003 est une pièce importante dans le collectif, 13 musiciens "en ayant peu ou pas dormi, avec des niveaux variables d'intoxication, et dans un confinement physique"

Set Fire to Flames 2003 « Telegraphs in negative / mouths trapped in static »
label : alien8recordings

mercredi 15 janvier 2014

Kristian, Shalabi, St-Onge



Je crois bien avoir mis le pied dans la musique d’avant-garde sous les paysages sonores de ces artistes hébergés par une arborescence de Constellation, Alien8recordings.
Un clavier électronicien David Kristian, un acoustique spécialisé dans l’Oud Sam Shalabi, et un contre bassiste électronicien Alexandre St Onge se partagent l’affiche sur cet album sorti en 2001. Chacun œuvre en parallèle pour sa discographie respective, ils se retrouvent ici pour un sombre voyage auditif, un moment unique.
Malheureusement, le label alien8 est révolu (ainsi que Fancy, une autre branche), il ne reste plus que la maison mère montréalaise avec sa politique artistique radicale. Cet opus précieux est devenu extrêmement rare.

La substance, ce sont des ambiances, des souffles et des drones pour la lumière, et quelques jeux acoustiques pour les couleurs. Quelques scratch appuient les contrastes. Les instruments sont préparés, triturés et torturés.. des bruits d’objets, des expérimentation captées sur le vif, une grande réflexion sonore. Cette profonde exploration unique est un grand moment de musique nouvelle suspendu au dessus du vide.


Kristian, Shalabi, St-Onge 2001 « Kristian, Shalabi, St-Onge »
label : alien8recordings



mardi 14 janvier 2014

Stevie Ray Vaughan 84 / Johnny Winter 70 / Clapton 77





L'avantage avec les rééditions Deluxe des bluesmen, c'est qu'ils offrent en bonus un live inédit d'époque.
Ricochets de blues blanc live rebondissant de 1970 à 1984 en léchant 1977.
Des cratères en surfusion, du crachin plein le front... des standards ressurgis sur scène, du gros gras grand blues blanc..ce que j'appelle là le 3G bb, juste histoire de prendre en pleine poire des représentations directes de quelques opus cultes qui font l'unanimité, même si j'entends ici et là quelques propos mous sur Slow Hand.

Certes le 3G est révolu, eux, c'est la rafale et jets illimités qu'ils pratiquent, avec des techniques différentes, mais toujours avec la même pertinence, efficacité et puissance. Chacun à leur degré :  The spectrum le 17 aout 84 pour SRV; The Royal Albert Hall le 17 avril 70 pour Johnny Winter, et le Hammersmith Odeon au 27 avril 1977 pour Clapton.. rien n'est à négliger, quelques degré de température oscillent.

Monstrueux.
Tous les musiciens qui gravitent autour de ces trois là imposent le respect, ils ont suivi l'irruption, le flot, le cyclone. Ils ont tenu bon.

 
 
 
Mes K7 audio gardent encore l'emprunte des studios d' époque loués à la bibliothèque du coin, et mes rejetons se souviennent encore des séances de location, quand ils passaient des heures à lire de beaux bouquins en haut au rayon enfant, pendant que moi, je chipais les vinyl/cd de Stevie Ray Vaughan/Clapton/Johnny Winter pour graver, enregistrer..garder.
Les caisses d'occas bradées et hyper dégraissées proposent en numérique grassouillette ces pièces de blues indispensables avec bonus live..juste 3 pour le prix d'1.. du 3G.

Certes, ça fait un peu révision des grands classiques mais si c'est bon, c'est à prendre...révisions, découvertes, prises live d époque. Insistance. Persistance. Trois indispensables avec une grosse préférence sur le cyclone « Couldn't stand the weather », avec un live époustouflant.


Johnny Winter 1970 « Second winter » label : columbia

Eric Clapton 1977 « Slowhand » label : polydor

Stevie Ray Vaughan and the double trouble 1984 « Couldn't stand the weather » label : sony

 
 



dimanche 12 janvier 2014

Lonnie Smith 71



Une basse roublarde roule sa bosse sur la route tracée d'un jazz-soul de derrière les fagots. Tout vient s'agglutiner autour, grossir la marche entêtante et incessante..les peaux, les percussions, la guitare jazz, flutes, sax, trompettes, clavinet et organ. Billy Cobham, Grover Washington, Marvin Cabell, George Davis... tous dansent autour de Lonnie Smith sur ce petit album rarissime et remarquable.
Sony en 2001 a eu la bonne idée de remettre en circuit ce sixième album de l'organiste, « Mama Wailer » sorti en 71 sur kudu kudu, nouveau label jazz d'alors.

 
A ne pas confondre avec Lonnie Liston Smith, un autre claviériste du Cosmic echoes.
Le notre ici, Dr LS, se fera surnommer par la suite Turbanator, changement de look pour une grande carrière. En attendant, un petit bijou de soul-jazz de dimanche matin, un itinéraire précieux, relax, totalement 70's.




Lonnie Smith 1971 « Mama wailer » label : kudu kudu


vendredi 10 janvier 2014

Mika Vainio & Joachim Nordwall


Quelques heures de marches plus loin, la vallée a limé ses galbes, la lumière s'est tue et les formes se sont dilatées dans la turbidité sonore. L'échine est douloureuse, les muscles raides, la sueur perle toute chargée d'angoisses et de toxines. Des jours de marche sur la charpente.


La nuit, le bruit de la nature ou de la ville est décuplé, le silence impose, la musique se met à hurler jusqu'à la sirène d'une tronçonneuse, et si le corps est à nouveau exclu de la symphonie, le crane lui est calé sur un tronc noueux.
Le voyage n'est pas fini chez Touch, Mika Vainio & Joachim Nordwall reprennent la cordée. Le rêve continue, à la limite du cauchemar, n'ayez pas peur, puisque vous avez la tète bien posée sur l'écorce d'un tronc billot immense dont on ne voit pas la cime. La température a repris de la hauteur, des claviers sont dilatés, des larsen requinqués..l'ambiant est dégluti par les esprits vagabonds du fantomatique terrestre menaçant.. celui qui rampe et brûle, juste parce qu'il est possible d'échouer sur une mégalopole éteinte et qui gronde au loin.



  Mika Vainio & Joachim Nordwall 2013 « Monstrance » label : touch
http://www.touchmusic.org.uk/
http://www.touchmusic.org.uk/reviews/mikavainio.html
http://www.mimaroglumusicsales.com/artists/joachim+nordwall.html
http://www.mikavainio.com/

mardi 7 janvier 2014

Bruce Gilbert & BAW




Dans une forêt de sapins, lorsque la température descend sous les -40°C, l'écorce claque net sous la pression du tronc qui bombe le torse. Un concert de percussions résonne alors dans le silence blanc d'une large vallée enneigée. Le jazz improvisées du grand nord.

Éveillé, je n'aime le silence que la nuit ou en pleine nature, au beau milieu de nulle part, plongé au cœur de son silence, là où toutes les musiques naissent. Le moindre clapotis, ruissellement, le plus petit froissement de feuilles est un chant. Le vent donne sa gorge en drone étourdissant et les bruits d'animaux en boucle entonnent des sérénades vastes et intimes, noyées dans de vertigineuses résonances.
J'imagine ce bruit anhydre d'écorces cédant, ce concert acoustique et boisé qui engourdi et émerveilles comme un chant de sirène.

Chaque Field recording dans mon casque me rappelle à ces rêves, pour jouer avec le silence de ma boite crânienne, l'injecter, juste ce qu'il faut pour laisser les bruits alentours chanter et jouer avec mon imaginaire, même un petit souffle urbain lointain peut apporter quelques touches analogiques.

C'est une invitation au rêve.

Le corps est paralysé, exclu et le subconscient embrasé, impliqué. Si les rêves sont incontrôlables, les rêvasseries, flâneries et autres partances surréalistes elles, me sont palpables, juste à l'écoute d'une bande sonore, ou d'un refuge au cœur d'un paysage vierge ou reculé.
Ma vallée m'enchante et si je veux à nouveau frôler sa substance, j'écoute un album Touch records, cet épicentre rêveur de son envoutant.

Si Patrick Watson est un maître en la matière, Bruce Gilbert est au même titre et sous le même toit, un enchanteur sonore.
Étrange et atypique reconversion d'un Wire.

Bruce Gilbert & Baw 2013 « Diluvial » label : touch

lundi 6 janvier 2014

The Amboy Dukes 69




Merde, un pigeon ce midi, m'a jeté un morceau de pain. Je passais là, près de lui et son groupe de hardeurs au cou déjanté, et pof, d'un coup de bec sec il m'a envoyé cette mouillette immonde sur les grolles.
Je dois vraiment avoir une tète de clochard aujourd'hui, ou alors les pigeons ont pitié de nous, le monde à l'envers, un peu comme ma soif croissante de vieux disques. Alors que les bacs se chargent d'une pléthore de nouveautés, moi je suis à l'affut de vieilleries, de raretés, et j'arpente, fouille et fouine dans les caisses poussiéreuses. D'ailleurs, j'ai incrusté pour la première fois un bilan rééditions, coffrets, résurrections musicales.

 
Il n'empêche, avec ce top 2013, j'ai discrètement dépassé la 1000 ème chronique en 6 ans de labeur :D
Bon, on arrête les synthèses, les congrasturbatoires, et on repars au turbin.

Et bien justement, en parlant de rétro et de trésor déniché, un petit cru pas dégueux d'une grande année, et en hommage à mon Pap's, mon fournisseur officiel de disques 69. Des caisses entières par hélico je vous dis.
Je devais avoir de grosses esgourdes à la naissance, je bouffe des brouettes d'opus de cette année sextraordinaires.

 
Ted Nugent, le fantastique guitariste de Detroit, en est à son troisième album avec le groupe The Amboy Dukes. 1969, l'album « Migration » est magnifique, bien au dessus du lot.
Ça commence par un instrumental sublime « Migration », un rock blues façon BJH first avec un son Mike Oldfield, des idées prog en substance, un poil heavy, du Sabbath, du Cream à la papa..cool.
« Prodigal man », on taille dans le vif, riff, gimmick, heavy et il ne reste plus que le Sabbath, Led Zep, et pourtant, ils gardent une petite touche à eux, son, prog, solo, Ted œuvre et Rusty Day à la voix assure un max.
« For his namesake », bim, les pattes d'eph, orgue, basse en folie, des vocalises à la Beach Boys, et toujours l'endiablé Ted avec sa guitare aiguisée...puis derrière les mecs, c'est pas des manchots.
« Good natured Emma », funky torride, ils emballent et racolent...délire et liberté, sérieux et pro.. j'aurais jamais cru tomber sur une perle de ce calibre quand je suis allé racler les fonds de caisses, juste avant me prendre le morceau de pain du pigeon insolent.
« Inside the outside » retour au Cream,
« Curb your elephant » glisse vers la soul...un très grand disque du genre, y'a de tout dedans, Stones, Rare Earth.... de la grande liberté live brut et inconsciente.. du 69 quoi.

En attendant les cargaisons de nouveautés pour la nouvelle année, je me perds sur quelques disques perdus.. The Americain Amboy Dukes 1969 sur Mainstream records, 1991 sur Repertoire réédition... Les débuts de Ted Nugent avec un album collectif magmatique et dévastateur.

69..poil au dent.


The Amboy Dukes 1969 « Migration » label : mainstream/repertoire.