mercredi 30 janvier 2013

The Beach Boys


Jeudi 31 janvier : A rebrousse poil
Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Le webzine pour lequel je bosse depuis plusieurs mois, me commande un billet sur un album incontournable, dithyrambique, qui a cartonné planétairement, mais qu'on peut pas blairer. Il faudra le défendre quand même!  (Mauvaise foi, préjugés, exubérance, faux-cul... tout est permis, sinon on est viré!)
 
 
Pas facile d'aborder une telle entité artistique, des talents les joues gonflées, généreux, un tel bonheur de bergerie à moumoutes, les poils du berger.
« Pet sounds » est un disque facile à trouver dans les étagères, pour le cas où l'on aurait du mal à mettre la main dessus. Il est vert tendre et jaune vif, devant, derrière et sur les arrêtes. Une prairie jonchée de pissenlits où viennent s'ébattre des Télétubies zoophiles.
Un pied de né aux vieux des 50's et aux jeunes bobos de l'époque, intemporel et neuf. Deux continents s'affrontent, « Revolver » d'un côté, « Pet sounds » de l'autre. Et puis on retourne vers l'Est, puisque « Pet sounds » aura eu l'avantage de titiller Macca, et d'engendrer Sgt Peppers. Mais le retour ne se fera jamais, « Smile » naitra en 2009, la date de péremption largement dépassée. A croire que c'est le Titanic qui transportait les deux inspirations.
 
Seize tubes derrière lui, avant de bâtir cet opus à lui seul, l'innocence comme philosophie, du son pour les drive-in naissants, des jeunes filles américaines qui se consolent de ne pas voir les Beatles plus souvent, des burger comme nourriture, et des pouet-pouettes sur « you still believe in me ». Les sodas sont pour eux, les radis pour les chèvres, l'atout des Beach Boys, c'est d'avoir des plages ensoleillées proches des disquaires. Quelle pieds cet infantilisme, cette légèreté comme si on tenait debout sur une planche à grosse vague.
C'est l'Amérique, Wilson est millionnaire, le son est hyper saccharosé, les chœurs comme un gâteau gigantesque de crème saturée. « Rubber soul » dans le casque, ses rêves, ses extrapolations, ses envies de hauteur, Brian Wilson cogite sur une riposte, gavé de shit et de Milk-shake. Et ça se sent.
Des thèmes tournent autour des angoisses d'enfance, bim, ça marche, on retourne à nos 3 ans Casimir et Chapi-chapo.
 
Seul hic à ce disque, la phrase de Brian Wilson « je veux faire le meilleur disque de tous les temps ». C'est ballot, pas loin. Ah si, un deuxième hic, Phil Spector qui repartira pour un autre sabordage « Let it be ». Wilson, conscient de ses limites à ne pouvoir plaquer des mots sur des mélodies, embauchera un spécialiste et rentre en studio en grand patron. Trois pianistes, deux bassistes, trois guitaristes... gastro (fidèle la mienne..eh je me mets à niveau !!:D)
Brian lutte, combat, et avoue qu'il n'est pas fait pour son époque, on comprend pourquoi « Smile » sortira trop tard en 2009 donc. Du son, des gadgets, une petite révolution, même Paul McCartney avouera que « God only knows » est la plus belle chanson de tous les temps. Quel déconneur ce Paulo.
Et puis « Pet sounds », c'est quand même que des chansons qui finissent décrescendo.. pas besoin de s'étendre, de trouver une fin, ça dégringole tout seul sans rien faire, comme un travail pas fini.
Le deux-piste est mort.. vive le deux-pistes, symphonie de poche, intelligence sonore, trouvailles houleuses.. et terrible muse pour des groupes de maintenant que tout le monde adore  Animal collective  … ouuaarrrfff . J'crois qu'vais vomir là....
Pièce discographique planétaire incontournable que l’on retrouve dans les bacs, ainsi que tous les autres albums des Beach Boys en digipack pour pas cher, quelques mois après leur macabre résurrection.





Quoi !!!?? je suis viré ??? !!!
Beach Boys 1966 « Pet sounds » label : capitol


mardi 29 janvier 2013

Gibb / Anderson / Siebenberg ... solo-bonus



Combien de temps Ringo Starr a t-il sorti des disques avec des remugles Beatles ? Bob Siebenberg lui sort en 1985 son premier album solo alors que Supertramp cartonne avec « Cannonball ». Il est le batteur régulier du groupe, il écrit et compose ici avec naturellement des élans Supertramp. Ceci dit, ce disque loin d'être indispensable est un objet rare, jamais réédité en cd, spécialement réservé pour les collectionneurs des Super-clochards. Le son analogique de synthé froids programmés, la gaieté un peu puérile, une voix moyenne, une pochette ignoble qui pourrait faire l'objet d'un autre thème, du rock FM américain léger, mais avec quand même quelques moments agréables.
Bob Siebenberg, en bonus, par curiosité, le batteur de Supertramp qui s'amuse tout seul, même le saxo n'est pas assuré par Helliwell.
Une pièce de collectionneur que j'ai acheté en 85 parce qu'il y avait marqué dessus « First solo album from the drummer of Supertramp ».
De l'autre côté, Roger Hodgson sort son premier disque solo alors qu'il vient de quitter le groupe. Trois pièces a se procurer pour un divorce, une entité culturelle qui prend l'eau.. et pourtant « In the eyes of storm » et « Brother where you bound » sont des disques excellents, presque inespérés après rupture, reste Bob, anecdotique.



Bob Siebenberg 1985 « Giants in your room » label : A&M

Ian Anderson 1983 « Walk into light » label : EMI

Robin Gibb 1983 « How old are you? » label : polydor



Deux années avant le batteur de Supertramp, le héron Tull montre à nouveau les dégâts des 80's pour les mecs déjà en circuit. Les mélodies en sont attaquées, lui-même avoue la médiocrité de quelques pièces de cet album. « Under wraps » du groupe aura la même saveur juste l'année d'après. A l'époque, son esprit expérimental privilégie l'utilisation de nouveaux matériel analogique. C'est Peter-John Vettese, le spécialiste des synthés qui le seconde dans cette affaire.
Disque rare aussi, même s'il est réédité en numérique en 2010. Du lourd, encore pour les collectionneurs. Le Tull ne rentrera même pas dans le Top 50 de Toesca avec ce disque. Un seul point positif, la flute est intacte et enregistrée acoustique... faut pas déconner.. c'est Jethro Tull quand même.

Un qui s'en tire bien ces années là, le petit frère Gibb. 1983/84/85 trois albums solo, alors que les Bee Gees sont essoufflés, sans être définitivement splités. Le redémarrage 87 sera d'envergure.
« How old are you? » est surement le meilleur des trois, avec le single « Juliet » qui cartonne. Une cohérence sonore et surtout l'impact des mélodies comme à son habitude chez Robin. Ici, la modernité est justifiée, moins maladroite. Faut juste aimer les Bee Gees post disco. Écoutez « Another lonely night in New York ».. du pur jus Gibb, avec Maurice à l'écriture. Juste pour l'anecdote, Barry lui s'échappe en solo aussi, et avec Barbara Streisand. (mais nan c'est pas une chronique people).
Pour les Robin solo.. demandez.. je collectionne..même « Agent secret » 1984 tout pourri... :D

Bonus de chez les bonus..je n'ai pas mis l'entête du jeu pour profiter de vous filer tout ça, un bruit de fond des officiels. Un cadeau du père Charlu. De toute façon, écoutez..vous allez comprendre...




Panda Bear



J'ai beau avoir une aversion particulièrement tenace avec les Animal Collective, je reste quand même attaché à quelques morceaux, à quelques idées loin de leurs extravagances vocales tralalatélétubies Beachboyardes. Il y a une pièce de l'un d'entre eux que j'écoute très souvent et qui n'a pas grand chose à voir avec le collectif. Panda Bear tient son premier album seul alors que le groupe cartonne partout, « Young Prayer ».

Une grande pause thérapeutique pour l'Animal, des douleurs, un drame personnel, un disque introspectif, totalement intime et géré seul. C'est leur label à eux qui héberge cette escapade, Paw-Tracks.

Grande simplicité, comme la pochette, acoustique, introvertie et étourdissante, divagations sentimentales, ce disque là est mon rescapé du collectif. Même les albums suivant de Panda Bear me laisseront de marbre. Un disque très rare pour un trip torturé.

L'américain Noah Lennox continue de grossir la discographie du buzz-group Animal Collective, il habite Lisbonne et son dernier album solo en date est « Tomboy » 2010. Rien à voir avec l'émotion de « Young Prayer ».
Un moyen de se réfugier et de faire un pieds de nez à l'animal collective.



Panda Bear 2004 « Young prayer » label : paw tracks.





Je ne triche pas.. ces billets officieux sont des choses rares et particulières dont je veux vous faire partager, et je fayotte pas :D.. vous l'envoie ce soir.

BONUS 1

lundi 28 janvier 2013

Aidan Baker 2012



Mardi 29 janvier : l'échappée belle
Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Tous les groupes ont vu un ou plusieurs membres prendre la poudre d'escampette. Pour compliquer un peu, le membre en question doit s'extirper d'un groupe toujours en activité à la sortie du projet solo.
 
 
Nadja est une entité tellurique constituée de deux lobes cérébraux. Graal gothique ambiant que je décroche à mes heures sombres. L'hémisphère qui tient le manche est Aidan Baker. Sa carrière solo est un parallèle solide à ses collaborations.
Nadja vient de sortir son nouvel album « Dagdrom », Aidan Baker lui, est à l'origine de trois collaborations et deux albums solo la même année. Deux visions symétriquement différentes:

« Variations on a loop » est une longue descente ankylosée dans les abysses cosmiques d'un fond océanique étoilé. Les deux morceaux d'une demi-heure chacun injectent dans les veines un coagulant qui paralyse la moelle. Juste le cerveau et la rétine envoient quelques signes de vie. Au delà des niveaux autorisés le virtuel devient expérimental, les ondes inexplicables. Une apnée musicale douce comme un Pan Americain, un coma outremer visqueux.



« The spectrum of distraction » est dans un autre monde, à la surface, un travail percutant de guitares folles. Free-jazz-rock-drone-psyché-dub-drum'n'bass-heavy metal-minimal-saturé.... cet album fourre-tout fourmille d'invité, 17 batteurs viennent participer à cet esprit libre, à ce jam ludique et sportif. Tous les tempi y passent et la pédale chauffe à blanc, du lourd. Les morceaux (de 3 sec à 7 min) passent du sprint au marathon sans oublier la pause ravitaillement. Des thèmes, 97 morceaux, Aidan Baker en foutraque guitariste a été inspiré ici par le format « xenochrome » de Zappa.

Nadja file toujours comme une comète, la discographie de Baker est un casse-tète, ses collaborations un labyrinthe et ses disques solo de véritables explorations sonores diverses.

Aidan Baker 2012 « Variations on a loop » label : broken spine - « The spectrum of distraction » label : robotic empire.
http://aidanbaker.bandcamp.com/
http://newalbumreleases.net/42973/aidan-baker-the-spectrum-of-distraction-2012/#more-42973
http://newalbumreleases.net/45545/aidan-and-richard-baker-variations-on-a-loop-2012/#more-45545 pour la version shoegazing.
http://nadja.bandcamp.com/



 




Five Horse Johnson


La gueule de bois arrive au point zéro d'un compte à rebours au fil duquel les degrés fondent lentement, comme une distillation inversée.C'est ici que le remède s'impose pour compenser la perte.
 
Sur la pente ascendante, se sont des chemins poussièreux de bourbon qu'il faut franchir.
Un album pour tiser, pour grimper le gosier sec, gravir les échelons, les mètres de bière...
Quand on aime ZZ TOP en plus rural..une petite nouveauté qui chlingue.


Five Horse Johnson 2013 « The taking of black heart » label : small stone



samedi 26 janvier 2013

Paul McCartney 2005




Dimanche 27 janvier : Hangover sound
Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
C'est pas la messe, c'est pas du bronze, c'est pas du marbre... c'est pas du toc, c'est pas d'la tarte, c'est pas donné, c'est pas d'l'amour non plus... mais alors qu'est-ce que c'est... je vous l'demande... bah, c'est une grosse gueule de bois! (Dimanche matin enclume, ça craint, un disque pour soigner les gueules de bois.)



Dans mon armoire à pharmacie, il y a des disques de Paul McCartney, un en particulier. Le dimanche, alors que le troupeau est rappelé à l'ordre par les cloches, je sors du cageot avec les cheveux lourds comme la lune, des poils qui ne sont pas à moi. J'ai encore ces cris de joie, ces sourires de baleines aux haleines sucre de canne de la veille. Des mains sur l'épaule, des discussions utopiques, des aveux en aparté, des regards qui en disent long. Une longue descente dans le grisé.
Paul a 64 ans quand il sort « Chaos and creation in the backyard », "When i'm sixty four", c'est ici, son plus beau disque. Comme si un jour il avait pris rendez-vous avec lui.

George Martin lui présente Nigel Godrich. Jamais personne ne lui avait parlé comme ça, bousculé, Paul adore, il jouera de tout, comme en 70 et 80, jusqu'aux tubulars bell d' « English tea ». Tout remettre en question, comme un dimanche matin d'enclume, la gueule percutée par un bulldozer, la pantoufle caterpillar.
 
Cette fois-ci l'insolence n'est pas pour l'icône. Il est confronté à la franchise, malmené, il sortira le meilleur. Pour la première fois depuis les Beatles, Paul aura la voix de son age, l'intimité qu'on lui veut, il assumera le temps dissimulé, les années condensées, amassées, il va cesser de se faire passer pour l'éternel jeune homme. Une pause à la gaudriole crane, la noblesse d'un jeune homme qui a vieilli. Du coup, le disque n'est pas sombre, mais mélancolique, nostalgique. La preuve, la guitare sur « How kind of you » est la même que sur « Paperback writer ». Certaines mélodies (« Too much rain ») ont le sourire de « We can work it out », « Yesterday » « The long and widing road », « Maybe i'am amazed ».. du romantisme Polo à l'état pur en nappes fantomatiques trainent sur le mur de cet album. « Jenny Wren » a les ailes du « Black bird ». Jenny en pastille Rennie pour l'estomac. « A certain softness » berce mes sténoses avec son paracétamol slow. Des arabesques mélodiques jamais égalées, de la dentelle harmonique. Un sachet de smecta pour neutraliser les acidités, « Riding the vanity fair » quel breuvage doucereux. Une plongée dans l'intime, loin du brouhaha de la veille, des airs surannés comme il aime, mielleux « honey pie ».
 

Tous ces médocs me soulagent, je regarde à travers la fenêtre, cette mini-cour face à la salle à manger. Des visions grises, Michael le frangin qui capte en clichés, Liverpool.



Quelle gueule de bois !!

Un citrate de bétaine pour mon lobe hépatique... merde, y'en a plus.. tant pis je vais faire bouillir un citron et boire cette infusion.. « English tea ».. limon.

Dommage pour ceux qui assistent à mon apparition post-matinale, je mets pour la énième fois « Chaos and creation in the backyard »..oui je sais, encore et encore. Mon armoire à pharmacie est vide. Je ne participe pas à l'essor charognard des industries pharmaceutiques.. il y a juste ce disque pour moi.

Lustral, de l'aspirine à prendre par les oreilles. Tellement familier ce chant, si rassurant, je tiens debout, miracle, j'ai honte, pourquoi infliger une telle souffrance à la mémoire de nos cellules ? Le cytoplasme bat les tempes, je prendrais bien une Mc Ewan's !!!

« Follow me »....... allez, j'ai des stouts plein de frigo....



Paul McCartney 2005 « Chaos and creation in the backyard » label : mpl

Tout le monde a déjà Chaos !! alors prenez le temps de regarder cette heure de grande maitrise artistique.....



jeudi 24 janvier 2013

Blind Faith




Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Les disques, c'est comme le vin, des années avec, des années sans... mais que se passait-il l'année de votre naissance? (Un choix discographique de cette année-là.)
Vendredi 25 janvier : Happy Bithdyear

L’embarras du choix pour cette année charnière, une montagne de disques de grande qualité. Mon choix, Blind Faith, groupe éphémère, mais sommet musical :


Une bouffée d'oxygène pour ceux qui croyaient les Cream disparus. La voix de Jack Bruce est sublimement remplacée par celle de Steve Winwood. Comment peut on chanter le blues placé aussi haut ? Eric Clapton quant à lui passe son temps à se fondre au milieu de protagonistes plus prestigieux les uns que les autres. C'est pourtant lui épuisé, qui lâche l'affaire et se réfugie pour cogiter et tirer les leçons des fulgurances de Cream. Une autre lueur éreintée sortant d'un trafic flingué le rejoint, Steve Winwood avec qui il commence à gratter, écrire. Deux demi-Dieu verront alors débarquer un autre rescapé aux peaux tendues Ginger Baker. Des semaines à mijoter, à approfondir des noirceurs, à filtrer des fatigues pour voir surgir les chansons du diables, jamais autant de pépites sur un même disque. La fulgurance définitive après laquelle plus rien ne sera comme avant pour eux. Comme s'il avait fallu passer par là pour trouver l'apaisement et l'ouverture sur d'autres carrières. Va quand même falloir un bassiste. C'est chez les prog Family, au bout de huit semaines de travail que le trio allait piocher, Rick Grech. Et là mes frères, une véritable bombe épique et ponctuelle va naitre, surgir des flammes comme jamais. La vraie quintessence du blues rock dans ses formes les plus incandescentes et féminines. Le jeu de Baker est à se tordre, les guitares viscérales, la basse salope et la voix immensément divine.
1969, Polydor et Atlantic se percutent devant cette réunion de titans. Si le bassiste est affublé d'un charisme timide, Baker lui, complètement cinglé prend son rôle puissamment et balance, lors de la tournée qui débute illico, un « Under my thumb » épique qui va foudroyer les milliers de hippies qui se précipitent devant Blind Faith. Il avait en studio, phagocyté l'énorme jazz-rock africain « Do what you like ». Clapton lui montre ses incisives au meilleur de sa forme, tandis que Winwood n'en finit plus de monter aux cieux avec un chant totalement habité. Buddy Holly offre son fantôme injectant à Clapton l'idée lumineuse de greffer un manche de Stratocaster sur un corps de Telecaster, permettant une boucle hypnotique à ses riffs (« Well all right »).
Des prises énormes (la version Deluxe  confirme), « Hey Joe » qui split, la planète entière qui s'astique, un quatuor satanique quasiment sexuel, une pochette (les rééditions gardent l’originale) qui dérange mais qui ne sera qu’occasionnellement interdite (contrairement à « Electric Ladyland » la même année), des allusions Christiques (« Presence of the lord »), les mecs sont pompés jusqu'à la moelle pour une autre fatigue, juridique celle-ci. Clapton finira par se réfugier près de Lennon pour sa tournée Toronto et le Plastic Ono Band. Winwood avec sa voix stratosphérique exigera de multiples prises pour un disque quasi live.
Tout ça en quelques mois, un instant unique dans l'histoire du rock, aggloméré compact.
Toutes les chansons de cet album sont des pièces uniques, comme s'il s'agissait d'une compilation. Elles seront d'ailleurs reprises sans cesse pour les sessions live respectives... « Presence of the lord »... « Can't find my way home ».. et « Sea of joy ».. je mets un genou à terre à chaque écoute de celle-ci. Basique, géniale, Am, D, puis E et cassure en A et E pour garder la ligne.... pour la voix, faut demander à Steve de venir chanter. Exactement la musique qui me rend cinglé, à croire
1969, année sextraordinaire, d'une grande richesse culturelle :D..grand cru.




Blind Faith 1969 « Blind Faith » label : universal






mercredi 23 janvier 2013

BULLE

J'ai pris beaucoup de plaisir aujourd'hui à voir de tout, et surtout des tonnes de disques retournés pour chercher des bulles :D
Pis c'est pas beau tout ça ??











Et les bulles de champagne alors !!!! bah c'est pour moi..Tchin à tous...

mardi 22 janvier 2013

Polnareff 81






Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition
Mercredi 23 janvier : Bubbles cover
 
C'est le jour des enfants, avec ma petite dernière, quelquefois, nous cherchons les papillons sur les pochettes de Barclay James Harvest. Allez, ma princesse, en l'honneur de « l'art du disque » et d'une après-midi à buller, on change de thème et on part à la recherche de bulles. (Une pochette de disques avec des bulles dessus.)


Ma carcasse est lourde, mais mon cerveau est une bulle de savon, "je fais le tour de la terre, avec des gouttes d'illusions... je me faufile, attention aux épines... quelque chose dans les nuages. Et pourtant j'ai ma vie dedans, et j'ai peur qu'on crève mon cœur sur des fil barbelés".
Quel acte plus sensuel qu'une fille qui souffle dans un rond dentelé pour faire s'envoler une bulle de savon, son haleine emprisonné dedans près à faire le tour de la terre en effet papillon.

Y'a des bulles sur la pochette, dans le texte et dans l'idée. Minot, j'en avais marre aussi de lire des trucs moches dans les journaux, qu'on me dise ce qui est laid ou ce qui est beau. 1981, 12 ans, « Radio » à la radio. Une grande découverte, même si je flânais souvent avec le 45T de « Holiday » avec sa pochette sublime et la nouvelle moumoute de Poldo. « Holidays », quelle efficacité pop rarement entendu par ici.
Bref, la radio envoie notre exilé fiscal préféré de l'époque. Merde, où sont les filles bronzées en photo ? Les « Tam tam » résonnent aussi sur les onde mégahertz. Et moi je reste avec mon enregistreur K7 où il faut le silence complet dans la chambrée pour capter les chansons du stop ou encore consacré à Polnareff. Le reste est une longue plongée dans sa discographie complète, 45T inclus, avec la ferme idée d'avoir touché un grand génie de la chanson. S'il est un musicien de génie, Polnareff prends des textes, Delanoé, Dreau, Grosz etc. Mais le jazz, la soul, le funk, le rock, le disco et surtout la pop sont dans ses gènes.
« Bulles » est installé dans mon disque dur virtuel (on est quand même en 1981!!). Les balades faciles et efficaces cartonnent, « Elle rit », « Je t'aime », « Joue moi de toi » et « 365 jours par an ». Puis les méga tubes, « Tam-tam », « Radio »... ouaih mais voilà, Poldo est coincé entre les charts et son art. Dedans la bulle, il gronde une chose immense « La tosca » à travers laquelle il place toute son envergure, le progressif, la mélodie, le génie et surtout sa voix de soprano pop insolente. Il y a aussi « Bulle de savon » qui termine l'album sur un morceau grave et progressif, vif et inventif.

Et je me souviens d'avoir laisser les hits aux ondes et prendre pour moi cette extraordinaire Tosca et cette bulle de savon comme un zeppelin gonflé à bloc qui allait m'emmener sur les terres de la pop fantastique. Déjà chiant à l'époque, je fuyais les buzz hertziens, je me suis rué dans ce disque complètement percuté par ces deux instants uniques.
Vous connaissez une chanson aussi farfelue et musicale en France que « Où est la Tosca? »?
Quelle coïcidence, il paraitrait que c'est l'année Bowie avec son grand retour pour mars, et l'année Polnareff sur la toile. Je vous file du poldo depuis quelques jours, ce disque pour le thème est choisi depuis des semaines... , je vous l'envoie, écoutez d'urgence « La tosca » :D

Un son, des synthés, des muscles, du cliché, des hits, les années 80 qui débutent, facile comme sa voix, un talent au service de variété, une de ses plus grosses ventes, un grand retour avant le vide discographique (plus que 2 Lp à venir) , c'est Michel Polnareff en 1981. BULLES


Michel Polnareff 1981 « Bulles » label : epic




dimanche 20 janvier 2013

John Lennon 70




Grand jeu sans frontière des bloggers mangeurs de disques
5eme édition

Lundi 21 janvier : Protest album

C'est aigre un lundi, on se braque, l'humeur amère à reculons, une grosse envie de râler, de crier... de l'intérieur, et pourtant on y va quand même. (Vite! un protest album pour communier...)


Le Plastic Ono Band est né afin de bâtir un protest groupe immuable, au sein duquel n'importe qui pouvait venir jouer. L 'année même où les Beatles explosent, Lennon ne voulait plus se retrouver coincé dans un format figé, un quatuor. Plus aucune contrainte, revendiquer et chanter en tant que tel. Les Beatles était une souffrance terrible sur la fin. Ici, du brut, du Lo-Fi, finies les prises interminables en studio pour accoucher d'un Sergent Peppers pimpant. Des Bed-in pour crier, un docteur pour hurler. Ici, à cet instant précis, tout ressort, un comédon qu'on ravage, du pu jusque dans la gorge. Les cris sur « Mother » ont mis tout le monde d'accord. On traine l'enfance interminablement, à s'arracher la gorge. La voix au service des émotions.
La rupture avec son frère scarabée a plongé Lennon dans un vide sidéral dans lequel il est allé fouiller et ressortir ses blessures. Le docteur Arthur Janov est venu spécialement en Angleterre pour panser les cicatrices du Beatle au plus mal.
De son côté, Paul au fond lui aussi, s'est rué sur le travail, l'amour de la musique et sort aussi sont premier album solo, tout comme George et Ringo. Chacun sa méthode.
Revivre les souffrances de sa naissance pour purger, curer et réapprendre à vivre. Regagner le ventre de sa mère en prenant les sens à bras le corps.
1970, Lennon accepte la présence de Klaus Vorman, Clapton et garde avec lui son autre frangin Ringo.
« Plastic Ono Band » est un chef d'œuvre vocal, avec un piano instinctif qui pleure. Lennon n'était pas un virtuose au clavier, et pourtant, « Love » est à tomber "Isolation" aussi. Juste une ambiance lacrymale sur les touches. Ringo quant à lui dépose sa simplicité et son toucher sur le cerveau de Lennon, léger et ambiant, lui aussi est au plus mal. Clapton, une fois encore parmi quelques cadors se fait discret, pas moins que Spector censé produire l'album... à distance. Personne ne l'aura jamais vu.
C'est donc Lennon qui gère tout, les bande-son sous le bras. Il a tout juste 30 ans, un tournant dans sa vie.
« God »..la souffrance dans laquelle on nait, avec le piano gospel de Billy Preston, « Mother », la souffrance qu'on lui connait, « Well well well »..la colère.. « Working class hero » la souffrance des classes ouvrières.... protest album par excellence. Douloureux, terrible, on ne sort pas indemne de ce disque... même après 1000 écoutes.
C'est chiant les lundi, on a envie de hurler à la face du monde. Vomir nos douleurs.
John Lennon 1970 « Plastic Ono Band » label : apple.




Harry Nilsson / Randy Newman


J'ai découvert la discographie de Randy Newman il y a très peu de temps, des airs de Beatles flirtant avec Elton John, Al Stewart ou Billy Joel. Ses cinq premiers albums pour le prix d'un disque, une aubaine dans la caisse d'occas, du coup, j'ajoute en bonus cet hommage 70, Harry Nillson meets Randy Newman. Nilsson, vous savez, la voix extraordinaire qui fit chavirer la planète entière avec son « Without you » en 1971.
Sa voix ici est contenue, maîtrisée avec intelligence et dévotion. Randy Newman est au piano, le meilleur de ses compositions. Deux talents, deux amis, un bel hommage rempli de connivences intimes et d'amour de la chanson.
Randy Newman, c'est des ballades piano, de la chansonnette de cabaret, de la joie jazzy, de la fraicheur poétique et un engouement pour une gaité légère.
Est ce rencontre qui électrisera Nilsson avec « Schmilsson » un an après ? Ceci dit, « Nilsson sings Newman » est une bien belle récréation pour tout le monde, un opus de grande classe. Idéal pour se ressourcer devant la cheminée, prendre des forces, avant d'attaquer le séminaire des fadas :D

C'est avec cette sucrerie dominicale qui réchauffe chaleureusement que je voudrais remercier Jimmy, The boss of GJSF et le CMD, et tous les participants pour... tout à l'heure :D

Harry Nilsson 1970  « Nilsson sings Newman » label : réédition 2000 buddha records
http://www.discogs.com/artist/Harry+Nilsson
http://randynewman.com/
http://fortheloveofharry.blogspot.fr/2007/03/nilsson-sings-newman-1970.html








David Fenech


 
Le parcours de David Fenech est labyrinthique, comme sa discographie et sa musique, d'étroits couloirs sinueux, glauques et primaires. Tantôt tribal, tantôt joyeusement délirant, « Grand huit » se joue de nos formats classiques. David Fenech est chroniqueur musical, possède son label , Demosaurus, et travail à l'Ircam, ce qui explique l'approfondissement sonore expérimental de son jazz rock improvisé. Sa musique est robotique, il est aussi électronicien.
On démarre sur « Petit huit » qui ressemble à un doux délire funky de Kim, l'autre français libre.
« Confieso que he vivido », comme un miaulement humain, est une recherche sonore au beau milieu de paroles capturées à la façon de Dominique Petitgand.
« Mister master » est une élucubration de tuberculeux, les expectorations sont aussi grasses qu'Alvarius B, façon cabaret Tom Waits.
La folie touche à son comble lors du « lacher de luciole »...une douce injection qui commence à faire son effet, un manège perdu et interminablement toqué.
David est cinglé, autant que le Père Ubu, la preuve, « Boeuf bourguiba / opera en toc » embraye avec un blues ubuesque. « Jaune d'oeuf » émeut dans sa joie ronchonneuse même si la camisole xylophone nous couvre les paupières.
« Le petit soleil » a la même voix qu'Ignatus ou Flop.. encore d'autres fous joyeux de par ici, sur une musique qui sonne comme « La fosette ».
« Grand huit » nous ramène à la vie debout, avec ce formidable déhanchement funk torride.
« Solaris » dramatique et « Heeels » irréversible, c'est un bidouilleur habité. « Coralingo »... « Love that feel », ce mec est aussi dingue que Daniel Johnston, ou Danny Cohen, sa vision sonore déglinguée.

Expérimentations, esprit punk, liberté foutraque sombre, David Fenech est un casseur de portées, un brouilleur de format, il neige des flocons fluorescents sur cette pochette surprise qui est le fruit de cette arbre fushia devant lequel je me prends à revenir très souvent, pour contempler la folie d'un asile d'artistes libres. D'ailleurs il a collaboré avec Ghedalia Tazartès qu'il héberge sur son label, mais aussi Rhys Chatman, Sébastien Roux, Pascal Comelade, Gong, Jad Fair, le trompettiste Jac Berrocal, Klimperei le groupe bricolo des révolus nantais Collectif-effervescence.
Tout ceci explique cela, sa liberté, ses ouvertures a bâtir un album cubiste et fauve avec une touche de naïf cauchemardesque.
« Grand huit » est un disque large, sans barrière aucune. Une pilule acidulée qui plonge dans le coma ultra décalé, un trip coloré.


http://davidfenech.fr/wp/

samedi 19 janvier 2013

L.Pierre


 
On a du mal, à l'écoute des albums de L.Pierre, de se dire qu'il s'agissait de la voix scotch caverneuse d'Arab Strap. Son nouvel album « The island come true » marque plus encore cette féérie fantomatique d'un cinéma perdu. Certes, il traine toujours cette mélancolie poisseuse d'un coucher de soleil qui n'en finit plus, un romantisme désuet d'un vieux piano lointain qui grésille, mais jamais chez Arab Strap, nous n'avions pu déceler une once d'une telle féérie. Du Satie flottant, des voix d'opéra noyées, de l'exotisme et des paroles diffuses, une torpeur drone d'un bord de mer, une beauté sépia, des violons d'outre-tombe et un piano répétitif, un accordéon comateux... un disque à pleurer de bonheur. Et toujours les grésillements de vinyles.

« The island come true »  est fait de boucles, de samples, un cycle musical lancinant.. tout est fait de cycle, de retours, de flash, de visions nostalgiques, de larmes devant un air d'opéra lyrique écouté sur un vieux 78 tours.
Adan Moffat tangue une fois de plus. Son quatrième album atteint des cimes de sentiments cinématographiques, d'injections hallucinées. Le bricoleur de nos rêves les plus tendres. Un autre disque rappelle ce montage, SusumuYokota « Symbol » (un grand grand disque des 2000's). Mais ici, il y a l'intimité en plus, quelques spectres humains venus de l'au delà.
Les fans d'Arab Strap devront plutôt s'orienter vers les opus solo de Malcolm Middleton, même si la voix du groupe est immuablement celle d'Aidan Moffat.


L.Pierre 2013 « The island come true » label : melodic
http://newalbumreleases.net/52049/l-pierre-the-island-come-true-2013/
http://www.aidanmoffat.co.uk/




vendredi 18 janvier 2013

GJSF BMD 5


Eh ouaih, un an que Jimmy & co a lancé ce grignotage de disques inter-planétaire.. une année commence, la saison 2  :D
Les fadas sont dévoilés ici.

à lundi

jeudi 17 janvier 2013

Jake Bugg


Bon, j'y vais, je vous suis les gars, totalement, je suis en train d'écouter et je prends l'insolence du gamin comme on découvre une vieille réédition enfouie à se tordre, ou comme un lever de soleil devant lequel on reste figé. C'est une nouveauté, un début album à grabuges complètement intemporel.
Je m'en doutais un peu, un bilan annuel avant d'avoir tout écouté.. déjà Harold Budd, Sissoko, là Jake Bugg arrive en « ébranleur » d'ordre. Jake bouscule, pousse. Des tonnes de références, moi j'entends les aventures discographiques de Robin Gibb, ce Bee Gees songwriter à la voix fantastique venant percuter la facilité de Jack White quand il était lui aussi à ses débuts.

Fracas, Jimmy..on y va, j'ajoute, je suis avec vous à fond les ballons les p'tits gars... et bordel, c'est tout ce qu'on aime dans ce disque. Une grande fraicheur. Et rebordel, sa date de naissance c'est 1994 !! ..ça pourrait être …. mon gendre :D


Jake Bugg 2012 « jake bugg » label : mercury
http://jakebugg.com/
http://newalbumreleases.net/49801/jake-bugg-jake-bugg-2012/#more-49801

mercredi 16 janvier 2013

The Alvaret Ensemble



 
Théorème de Pythagore, interjection et collision d'ensembles, deux droites parallèles coupent une rosace à compas.. et la rose des sables se déchire sur les points cardinaux. Thalès cathédrale et lemme en corollaire flasque, les additions se multiplient. Tout construire sur des règles.
 
La tour Saint Jacques à Paris exhibe ses cotes sur des principes impairs. Aucun angle droit, aucune mesure paire, rien n'est d'équerre. Ce monument aux niveaux gauches est unique au monde (comme ma tour à moi). Même les marches en colimaçon se moque du rapporteur. Comment créer un mythe, défier les lois cartésiennes ?
Greg Haines, Jan et Romke Kleefstra (proche de Machinefabriek), Sytze Pruiksma, Nils Frahm, Sytze Pruiksma, Peter Broderick... sont tous des éléments chimiques purs, des faiseurs d'ambiances à ériger des tours transperçant l'horizon. La jonction de ces humbles paysagistes est un séminaire artistique improbable. Un fantasme, une toile à atteindre.
Et pourtant l'auberge Denovali a convoqué cette nouvelle génération expérimentale, défiant toutes les lois mathématiques, contournant tous les théorèmes. Cette intersection là est un phénomène biologique où tous les éléments ne font qu'un.
Food défiait déjà les grands cerveaux, The Alvaret Ensemble propose une nouvelle désobéissance, une autre interjection lumineuse en superposant le piano, le violon, les percussions, des effets, le cuivre (d'une extrème finesse) et des textes psalmodiés, comme sur Winter Family. Rien ici n'est mathématique, prévisible, la première expérience collective de The alvaret ensemble est un paysage impressionniste sans explication possible, un instant unique gravé, diffusé très très loin d'ici..personne n'en parle.. peut être est ce une menace blanche fantomatique .. peut être je l'ai rêvé.
 
 



The Alvaret Ensemble 2012 « the alvaret ensemble » label : denovali
http://greghaines.wordpress.com/2012/03/12/alvaret/
http://romkekleefstra.blogspot.fr/
https://soundcloud.com/#denovali/the-alvaret-ensemble-eac
http://www.denovali.com/thealvaretensemble/









lundi 14 janvier 2013

Sissoko - Budd



La musique est proche de moi, chaque instant, elle me longe, immuable. Jamais elle ne me lâche, collée, agglutinée, telle une sauvageonne qui m'accapare à perte de vue. Une amante. C'est un casque, un air, une mélodie ou un souvenir, une touche ambiante, un son, une parole, une langue et un souffle à l'oreille, c'est une chose virtuelle qui me flatte l'âme. Il m'arrive même d 'écouter onduler le silence. Je marche toujours avec elle accrochée à mon bras, intenable et indécente. Les êtres fantômes qui m'entoure en bipèdes zombies, sont misérables.
Elle me dépose à un endroit précis, cerné de muse et de spleen, je deviens égoïste et ne suis plus moi, je suis à ce point exact avec l'émotion précise impressionniste.
Je ne suis pas musicien, je ne la tiens pas entre mes doigts telle que je la conçois. Elle m'injecte uniquement. Un jour je prendrais les armes ? j'aiguiserai les accrods mineurs.
De n'importe quelle humeur elle est là, petit chant tribal en vaste symphonie, sous d'autres habits, une autre coiffure. C'est la même, c'est la mienne. Elle se déguise. Solennelle ou légère, brasier ou tendre baiser sur le nez, je veux errer sur les chemins et qu'elle sache que je suis pénétré à ma façon. Il m'arrive même d'être jaloux, peur qu'elle ne s'échappe de mon casque, que je l'écoute un autre jour avec la magie abîmée.

 



Je découvre deux chefs-d'œuvres bouleversants en même temps, l'un sable chaud, l'autre vallées enneigées, déboussolé, paumé, chaud et froid. Deux traditions, deux façons différentes de faire chanter les cordes.. violon, kora... sud ou nord... rien n'y fait, la musique est une histoire d'amour. Ces deux disques là sont la même chose, juste mon cerveau est géostationnaire.
Je reste sans voix auprès de ces deux disques qui ne déclenchent chez moi, que des émotions.



Harold Budd 2012 « Bandit of stature » label : darla
http://haroldbudd.com/
Ballaké Sissoko 2012 « At peace » label : no format
http://www.noformat.net/album-sissoko-at-peace-32.html






samedi 12 janvier 2013

Lau nau


Laura Naukkarinen est une virtuose celte voguant près des côtes de ses terres natales la Finlande. Son récent refuge chez Fonal est une bénédiction artistique entourée par les eaux, sur lesquelles viennent flotter des cordes claires. Cette fille est folle, libre et sa langue un véritable chant d'agace-pissette. Si les vikings ont navigué autour de sa presqu'île, elle en est la luciole guidant les naufragés. Jamais elle n'a été aussi pure, aussi biologique, même si « Kuoleman tappajan kuolema » va flirter avec ses glissements modernes syncopés, sa houle devient gonflée dans la plus écumeuse des séductions. De petits délires vocaux font de ce disque bleu un mini opéra celte de sirène des bois.
La tempête est toujours ponctuelle et Lau Nau revient à la douceur de son littoral, de ses fjords d'où l'on contemple la mer d'huile qui berce chaque coque.
Lau Nau est une petite fée indomptable, un ange des littorales glacials. Chaque note acoustique est un feu follet volcanique qui nous pique la peau, un folk scandinave à grand coup de cymbales et d'arpèges chaleureux. Le dernier morceau est un aveu, elle ne connait pas la vérité des âmes, elle s'évapore dans une nébuleuse d'anticorps qui nous immunise à vie. Un instant magique, avec toujours ce design cartonné à bague de Fonal.



Lau Nau 2012 "Valokiukkanen" label : fonal
http://www.launau.com/lau_nau.html
http://www.fonal.com/pressmaterial_launau.php
https://soundcloud.com/#launau
https://soundcloud.com/#fonal/sets/lau-nau-valohiukkanen





jeudi 10 janvier 2013

Townes Van Zandt 69


Il est beaucoup plus facile pour moi de mettre sur laplatine un album de Townes Van Zandt qu'un Dylan par exemple. Du moins à n'importe quel moment de la journée. Il est le gars qui balaye ce qui me freine chez Dylan, et l'emporte vers la country carrée de Johnny Cash.
C'est pas clair ? Bon, en gros Townes Van Zandt incarne à lui seul ce que j'aime chez Dylan et Cash, une country songwritée, avec comme mot d'ordre les balades tranquilles, le pondéré.
Mickey Newbury le découvre dans un bar, c'est le début d'une discographie merveilleuse de trente ans. La cuvée éponyme de 1969 est celui que j'écoute le plus, une homogénéité, des chansons imparables, un disque parfait... et puis « Fare thee well, Miss Carousel » fait mouche, entre autre.
Il est précieux d'avoir quelques opus de ce troubadour américain pour se laver le cerveau. Un Nick Drake outre-atlantique.



Townes Van Zandt 1969 « Townes Van Zandt » label : domino 2009.
https://townesvanzandt.com/








En bonus la reprise de Nacho Vegas que je vous ai présenté il y a qq semaines.