mercredi 31 octobre 2012

OOIOO




Grand Concours des Disques Exquis (J1)



Thrill Jockey est un extraordinaire label indépendant New Yorkais bâtissant un catalogue solide depuis 1992, et couvrant à peu près tous les styles musicaux.
Ils ont été les représentants de quelques groupes rares sur la planète. Le Japon en particulier, avec ce formidable collectif féminin psychédélique et tribal OOIOO. « Kila kila kila » 2004 est le premier album d'une discographie de cinq opus. Des allures de Red Hot, de Santana, un bon grain de folie à la Gang gang dance, du Blonde Redhead période rock, un album jazz rock époustouflant qu'elles auront du mal à dupliquer par la suite. Un moment particulier et unique, cosmique, libre et ludique. Un album EXQUIS :D

OOIOO 2004 « Kila kila kila » label : thrill jockey
L'album ici:
http://www.filestube.com/k/kila+ooioo
http://www.thrilljockey.com/thrill/OOIOO/KILA-KILA-KILA



Dans les arbres



Les arbres s'imbriquent comme un puzzle pour étendre sa marée de feuilles. Clarinette, harmonica, guitare, banjo, sruti box, piano préparé, harmonium, grosse caisse et percussions. Tout s'élève vers les rayons solaires. Des strates de notes vers les sommets pour capter l'énergie, la lumière. Canopée sonore, le monde en dessous n'est plus le même.

L'immatériel évaporé, de la buée, émanation de fumée, un certains vertige éthéré. De l'eau, de la transparence. Des hauteurs.

« Où que nous soyons, ce que nous entendons est essentiellement du bruit. Lorsque nous y prêtons pas attention, cela nous dérange. Lorsque nous l'écoutons, nous le trouvons fascinant. Le son d'un camion à 50 miles à l'heure. Les parasites entre les stations de radio. La pluie.
La musique édifie, car de temps en temps elle met l'âme en opération. L'âme est ce qui rassemble des éléments disparates, et son œuvre vous emplit de paix et d'amour » (John Cage)

Dans les arbres vit un quatuor de jazz expérimental. Ils ont édifié une cathédrale sonore forestière, celle des hauteurs. Magnifiquement irréel, la sève grimpe jusqu’en haut et rayonne en jeu conjugué.




Dans les arbres 2012 « Canopée » label : ECM

http://player.ecmrecords.com/dans_les_arbres-canopee/music
échelle de richter : 8
support cd
après 2 écoutes



mardi 30 octobre 2012

Neil Young 2012 bis


Dans la balance, il y a Moods muselé et Neil Young au sommet de son art. J’écoute « Psychedelic pill ». ……. Comme une rage qui gronde, des morceaux de vingt minutes comme pour gueuler plus fort, faire durer le débat.

85 minutes de pur jus, la nique à toutes les discographies. Un étendard. On pourrait écouter ça et rien d’autre. Formidable jeunesse éternelle, une vision impeccable d’un art que l’on suit depuis des décennies. Moods disparaît, Neil Young est toujours là.. j’écoute « Psychedelic pill » avec la plèvre en folie et les larmes aux yeux .. pour deux raisons. Rage, passion, colère, acharnement..

Bien plus que le disque de l’année…. « And now.. DRIFTIN BACK…. »



Neil Young 2012 « Psychedelic pill »


https://www.youtube.com/watch?v=njTmf5IQynE


dimanche 28 octobre 2012

Nits en concert


« Les nuits » comme un hymne noctambule à la voûte dégagée, juste avant le flamenco imaginaire et vaporeux de « The rising sun ». Jamais la nuit, les lumières n'ont été aussi belles. Puis cette divine descente, cette superbe dérive « The Eiffel tower »...... que l'on contemple d'une  Pizzeria .. « The pizzeria », comment peut on écrire une telle mélodie.

La pop très enlevée de « Doing dishes », l'évidence Beatles/XTC/Dylan et la sublime envolée « Flowers », et « heart » façon JJ Cale.

Exotique et sexy « Aquarium » sur le bariolé « 1974 »... « Welcome back » qui convoque les vision pop de Jeff Lyne.

L'hyper classieux à la production sucrée, des idées d'Amérique classique jazzy, « Wools ». Et l'on se laisse glisser sur les cordes et les chœurs de « 26 A (clouds in the sky) », avant de partir loin sur les cordes arabisantes de « Crime & punishment ». Étourdissant. Comme le doux gospel de « The wind, the hain »...le grand plongeon dans « Swimming » et le sublime tango mou « The strawberry girl ».

Puis on se souvient de ses « Three sisters », du tribal « H.O.M », et toujours cette lumière qu'ils possèdent « Light » quand on entre dans la maison de Jacob. Nits, « Soulman » quelquepart, la soul pop, celle qui tangue et bat dans les veines.


Et toujours « Malpensa » qui revient en boucle depuis qu'il est sorti cette année. A coup sur l'album pop de l'année... rappelez-vous....toutes ces portes du périphérique, comme une consécration avec toutes les choses les plus subtiles.
Tout ceci n'est pas le tracklisting du prochain concert des Nits à Paris, mais le fidèle voyage à travers lequel je visite les multiples facettes de ce groupes unique.
… « The Eiffel tower »... ils seront le jeudi 29 novembre au café de la danse à Paris.
Nits est un trésor qu'il faut débusquer, rares seront les affiches sur les murs métropolitains.
Je ne connais pas la liste des chansons, j'y serai, je veux y être. C'est pas tous les jours que Nits est en concert à Paris.




Peter Gabriel 86


Une consécration mondiale après un thème de quatre albums en solo, un casting imparable (Manu Katché, Bill Laswell, Nile Rodgers, Stewart Copeland, Laurie Anderson, Youssou N'Dour, Kate Bush, Daniel Lanois..) pour une consécration tout simplement. Sommet riche en couleurs, rock atmosphérique et world. Une pochette qui marque l'époque, une diversité maîtrisée pour une plaque tournante dans sa carrière. Avec cet opus 86, Peter Gabriel tourne définitivement la page de Genesis. Album parfait, des clips géniaux, énorme succès qui lui servira à construire les murs de son beau label World music...et surtout, la plus belle chanson dans mon classement perso: « Mercy street ».
J'ai quand même trouvé, dans cette décennie où je cherchais en vain un disque refuge, mon étendard 80's, même si j'ai compris à cette époque là, que je ne serais jamais avec Kate Bush :D 
« So » sort ces jours-ci pour les 25 ans anniversaire. Une remasterisation remarquable du son, un coffret avec dedans le concert inédit de la tournée de « So ». Athens octobre 1987.

Peter Gabriel 1986 « So » label : EMI
échelle de richter 9
support cd
après 1000 écoutes.
http://petergabriel.com/


l'intégral"> ici



vendredi 26 octobre 2012

Caethua






Une jolie pop bancale vernie d'une embellie, une certaine idée de fraicheur et de légèreté qui s'accroche à une mélancolie allégée. Cette tendresse est un doux rêve originalement fleuri, du pollen fou et scintillant qui s'échappe et se dépose un peu partout.
Un premier album hébergé par Blue Sanct en 2006, Caethua est parti se réfugier en Australie chez Preservation records. Les idées sonores traduisent un minimalisme tremblant au sein d'un monde fantastique comme pouvait le faire Broadcast, ou Pram, en plus introverti. Le rythme est vaporeux, la voix androgyne, tout est retenu timidement, délicat et gauche. De volages cuivres graves déposent quelques touches de terre de sienne brûlée.
Un disque touché par la grâce imaginaire « No man's land» (album crème), un deuxième folk « Into the dog-dayed night » (album gris), guitare/voix, intime à souhait, proche de Cat Power période « You are free » ou Laura Veirs. Caethua, c'est Clare Adrienne Cameron Hubbard.
Une folkeuse doucement folle.

Véritable enchantement, introspection de pop souterraine... en plus du design pochette unique du label Preservation, avec des pliages, des cavités cartonnées. Un manège en bois, baroquiolément enchanté. Une femme. Une artiste.


Caethua 2009 « No man's land / Into the dog-dayed night » label : preservation
 







Richard Knox & Frédéric D. Oberland



Les pôles ont déjà été explorés par Elegi, ou Simon Fisher Turner avec « The great whitesilence ». C'est Frédéric D. Oberland, Richard Knox et Angela Chan qui cette fois-ci ont posé leurs notes sur cette muraille de glace.
La nuit polaire, « The rustle of the stars » est beaucoup lyrique, plus ensoleillé, le soleil de minuit. Un point de non-retour, des rêves d'Egdar Allan Poe, des passages étroits, un néo-classique glacial et beau, de légères poussées post-rock, toujours saisies par le froid.
The rustle of the stars est un phénomène d'une beauté austère, le « bruissement des étoiles »... le bruit blanc qui chante la collision entre les micro-cristaux de la glace dans l'air. Et la guitare flotte dans un air capitonné par le mercure qui dégringole « drawing lines to the end of the world ». Respiration humaine, lenteur des déplacements, craquements de la banquise....
Une autre bande son glaciaire, un voyage immobile pétrifiant.


Richard Knox & FrédéricD. Oberland  2012 « The ruslte of the stars » label : gizehrecords
www.gizehrecords.com
http://www.therustleofthestars.com/
échelle de richter : 9
support cd
après 5 écoutes




 




jeudi 25 octobre 2012

Annette Peacock 72


Un autre jazz tarabiscoté, celui d'une artiste cette fois-ci, une pianiste chanteuse américaine qui fut propulsée dans le monde du jazz en épousant le bassiste Gary Peacock.
Une discographie charnue, un label (Ironic), et surtout une vision folle, une façon libre de faire du jazz. Cette femme sensuelle pioche dans le R'n'B, la soul, le jazz, le rock, le psychédélique.. sa voix modulaire est distordue et puissante, elle s'amuse à la rendre robotique en gérant elle-même l'électronique. Elle a tout écrit et composé. Artiste accomplie, icône 70's, un sex-appeal, un grain de folie, une réédition précieuse assurée par Light in the attic (celle qui ressuscite LeeHazlewood). Puis entre chaque délire expérimental, une balade, avec toujours ces petits feux follets sonores qui font l'identité de « I'm the one », deuxième album d'Annette Peacock.
Une contagion, celle de Pascal à travers lequel, j'essaye de combler mes lacunes jazz.

Fantastique album.


Annette Peacock 1972/2012 « I'm the one » label : RCA/ light in the attic
http://lightintheattic.net/artists/419-annette-peacock
échelle de richter : 7
support cd
après 1 écoutes









mardi 23 octobre 2012

The hand to man band


Jazz blues cubiste, un peu comme si Vincent Gallo venait percuter les studios d'Ummagumma. Libre, cérébral et complexe, l'architecture bizarroïde de « You are always on our minds » injecte une expérimentation psychédélique à la Santana, Wyatt ou Miles Davis, avec des apparitions vocales de blues théâtrale façon Tom Waits ou Red. Un batteur fou donne la réplique à un piano perdu, et le bassiste mathématiquement sportif rivalise avec une guitare alcoolique.
Quelques unes des 17 plages frôlent la folie pure et pourraient faire un séjour du côté de l'asile Beta LactamRing. La pochette quant à elle, rappelle une caricature fauve animée du film culte « Dune ».
Complètement intéressant, avec des  belles crises tribales, le nouvel album de The hand to man band est un bon trip dégingandé et jouissif.

The hand to man band 2012 « You are always on our minds » label : post consumer
http://postconsumer.bigcartel.com/product/you-are-always-in-our-minds
échelle de richter : 6
support cd
après 2 écoutes

The Hand to Man Band - The Down Moveables by The Post-Consumer Label





 






dimanche 21 octobre 2012

"Inondation sur l'île" ( 21 octobre 50x90)







"Luzerne, neige et blé d'hiver"







Plus de post-rock, plus d'éruption, tout est débranché. Tout est à plat, ne reste que les plaines brumeuses et boueuses, des gris, du détrempé, de simples petites touches d'ocre réchauffent timidement, comme un foyer qui agonise. Quelques bois viennent rompre l'horizon complexé. L'homme n'est plus.
La moiteur et l'absence de vent sont suffocantes, la pilosité se charge de la rosée des brumes, comme ses grasses toiles d'araignée que le brouillard dévoile. Un lièvre sort de son terrier, aucun chasseur n'a survécu à l'étendue. Le blé d'hiver empêche mes croquenots boueux de s'enfoncer dans le limon mouvant. Marcher loin, chercher l'éclaircie, un rayon, une percée de cobalt et s'assoir sur une roche de champ que la herse contourne. Se permettre cette solitude incertaine étourdis par les vapeurs cendrées, et grisé par les parfums de la terre alourdis par les gouttelettes microscopiques.
Les notes de piano font la lumière, les cordes le contraste, il faut repartir, le froid s'empare de l'humidité et le gris se salit. L'ocre s'est dissipé et la solitude reprends son pas, comme le plus fidèle compagnon.



Les disques du soleil et de l'acier 2005 .... Beckie Foon (de Constellation) au violoncelle, Rachel Levine à la mandoline, Spencer Krug au piano/accordéon. Trio canadien pour une rencontre unique, un trio néoclassique automnal.



Fiths of seven « Spry from bichter anise folds » label : DSA





"Folk celtique"








Palace Brothers 1993 "There is no-one what will take care of you" label : domino
http://www.dominorecordco.com/artists/palace/






"Automne imaginaire"



 
 
La forêt a surgit du terreau, les moulins n'ont plus de vent. Les ailes sont mortes et la rouille ronge les arbres. Rêve d'automne. Un siècle que la meule de pierre n'a pas écrasé le grain.
 
 
 








Syl Johnson 74


Le soleil tiède moite et inespéré perce enfin. Lumière dominicale douce et lustrale. Vite un bon disque de soul.
Syl Johnson, un grand blues man soul à l'ombre des célébrités du même genre, dont Al Green dont il partage le même label ( et pourtant bien meilleur à mon avis).
Assez méconnu, je plonge dans un album secondaire, mais tellement bon et chaud avec une touche de sombre. C'est pas sa meilleur vente, c'est un collector. Millésime..dominical, timidement ensoleillé, grisant, sentimentalement humide.



Syl Johnson 1974 « Diamon in the rough» label : HI
http://hirecords.com/artists/syljohnson.htm
http://www.discogs.com/Syl-Johnson-Diamond-In-The-Rough/release/1073328


samedi 20 octobre 2012

Leny Escudero 73


Rien à faire, aucune touche de cobalt ne perce cette chape grise qui chiale depuis des jours. L'énergie Prince s'est diluée en léthargie délavée. Une douce démission.
Leny Escudero, c'est un peu particulier, c'est la bande son minot, des idées que je me suis fait de la peinture à l'huile.
Un auteur maudit le poing en l'air, pas toujours d'accord avec ses confrères gueulards. Brassens brandit « Mourir pour des idées ».. Leny lui rétorque « Vivre pour des idées ». Mourir pour des idées, c'est plutôt un accident pour lui. La guerre d'Espagne, les montagnes de la Guadalajara.. La milice gantée à cravache menace la vie de son père qu'il sauvera parce qu'il ne sait ni lire ni écrire. L'exil.
Leny après avoir côtoyé les étoiles du monde yéyé entre 1962 et 67, accumulant les succès et les 45T, est parti faire le tour du monde, pour rompre et fuir. Fuir et revenir avec une autre discographie. Celle des 33T et des ventes amoindries, une image de rebelle en colère, un auteur compositeur maudit. Des injustices, des histoires d'amours et d'hommes, de l'histoire et une enfance qui remonte dans la gueule dès qu'il faut défendre.
Il revient avec « Escudero 71 » et empoche le prix Charles Cros, puis sort ce que je considère comme son plus bel album « Vivre pour des idées » 1973. Cet homme est debout, fier, son regard transperce et sa présence sur scène ravage. Cet homme est beau.

Le gris après-midi s'alourdit, s'épaissit, le carotène naissant s'éteint. J'écoute Leny Escudero et j'ai envie de prendre les brosses. Dehors les grosses herses retournent.. des corbeaux comme des goélands derrière un chalutier, dévorent les lombrics énormes. Quelques jachères relèvent ces terres de sienne brûlée.. « terre morte je t'aime ».

Leny Escudero 1973 « Vivre pour des idées » label cd réédité : déclic
http://www.lenyescudero.fr



 
C'est ta faute Djeed.. celle là , elle est pour toi
 

Celle là, c'est pour Lib.....
 



Prince 99


Un disque pour le samedi matin,pour injecter du carburant après une semaine de taff, histoire de montrer que toute l'énergie n'est pas bouffée. Un disque pour pousser vers le haut les tonnes de flottes qui continuent à s'abattre … nous on aime pas quand le ciel nous tombe sur la tète.
Il manque toujours une pièce dans la discographie généreuse et mal foutue de Prince, l'homme mystère sans site. Une autre visite récurrente dans ses bacs et je suis tombé sur « The Vault.. ». Une pochette tellement hideuse qu'on dirait une vieille compile de supermarché. Et pourtant dedans, c'est, comme d'habitude gigantesque. Très jazz, Prince semble prendre beaucoup de plaisir avec toujours cette sensation de facilité et d'intelligence pétillante.
Bon, inutile de dire que j'ai eu les gros yeux de mon ado fan de Michael !!! J'ai juste eu le temps s'esquisser un alibi qui se tient pour justifier ma transe et ma « trahison ». J'aime le blues et Prince, contrairement à Michael, est un excellent bluesman. « 5 Women » déhanchait ses accords, terrible, torride, c'est bon le blues balancé par un soulman.

« The vault.. » 1999, facile, excellent, soul, funk, disco, jazz, blues.. le ciel semble s'éclaircir ???

Prince 1999 « The vault .. «  label : warner




jeudi 18 octobre 2012

The pirate ship quintet


Le post-rock est cette fois-ci néoclassique ténébreux, arpèges anthracites et rythmiques plombées. Ça vrombit calme, avec de puissantes irruptions de guitares. Du slow jazz de plaines grises, du rock ambiant minimal viennent se poser sur des complaintes en lignes de violon. Tout y est chez The pirate ship quintet... quelques panoramiques brumeux de cordes classiques, et des cris de colère qui jaillissent d'outre-tombe … guitare/basse/batterie... et violon, avec une touche de gothique sur chaque envolée sonore... nous sommes chez Denovali.


The pirate ship quintet 2012 « Rope for no-hopers » label : denovali
www.denovali.com
http://www.thepirateshipquintet.com/
échelle de richter : 6,5
support cd
après 2 écoutes







mardi 16 octobre 2012

Mono



La grand retour du post-rock ? Juste avant la réapparition du Godspeed, une autre entité du rock qui gronde sur des étendues est revenue nous parler d’envergure. Mono sort un nouvel opus fidèlement abrité par Temporary residence, un voisin artistique de Constellation.

Plus mélodieux cette fois-ci, plus proche de la surface terrestre. Cinématographique même, avec de grands espaces symphoniques. Quelques airs de guitares rappellent Mike Oldfield et la plaine crachin Sigur Ros. De l’érosion et des embellies. Une patine de cordes lyriques qui donne de la lumière au post-rock rugueux qui a fait la gloire du collectif japonais né il y a dix ans.


Mono 2012 « For my parents » label : temporary residence
http://temporaryresidence.com/artists/mono
échelle de richter : 7
support mp3
après 1 écoute







lundi 15 octobre 2012

Godspeed You! Black Emperor


La clé de contact prête pour le grand vol. Un bail que le zingue n'avait pas vrombi, que le moteur n'avait pas pulsé ses tour-minutes. Et pourtant ça démarre au quart de tour, la mécanique bien huilée. Bâché, rangé, garé dans le vieux hangar, le beau Dakota 87 loin du train du soir, sort ses ailes reluisantes, le moteur est nickel, toujours aussi puissant, l'hélice aussi ferme, prêt pour les envergures et les hauteurs.
Vitesse fulgurante, lente ascension vertigineuse, chute tétanisante, le cœur de la machine s'accroche à la carlingue, rien de défaille, la pression artérielle maintient le cape. La syncope guette, les cordes sont tendues comme des convections suffocantes, les tempes battent mais la veine tient bon. Longtemps que nous n'étions pas monté aussi haut. Jusqu'à l'apesanteur.

Pas besoin d'hélium, d'aéronef ou de capsule pour une telle expérience, peu importe la stratosphère et les hauts budgets inutiles, l'onanisme scientifico-médiatique... A quoi sert d'aller ci haut pour ne rien voir, ne pas prendre le temps de regarder, si ce n'est pour contempler les reflets bleus, la texture des nuages, le noir galactique et l'appel de la brume....rester à bouffer des yeux cette opportunité panoramique et oublier l'exploit et la technicité.
Godspeed est là, de retour pour nous montrer le galbe de l'horizon, sa fesse bleutée et ses nébuleuses blanches vues d'en haut. « Allelujah! Don't bend! Ascend » est un nouveau voyage immobile, strictement vertical. Celui de monter là où il n'est plus possible d'aller depuis qu'ils ont rangé le vieux zingue GYBE dans le hangar. Une décennie sans toucher les étoiles, avec ces longs moments contemplatifs avant la chute libre. Le protocole est simple, se coiffer d'un casque Hi-Fi et tourner la clé de contact « play »... et c'est parti... c'est reparti. L'équipage ?? le même..Amar, Bryant, Cawdron, Menuck, Moya, Trudeau....... ..le voyage ? Pour tous.

Godspeed you! black emperor 2012 « Allelujah! Don't bend! Ascend »
label : constellation
http://cstrecords.com/cst081/
échelle de richter : 9
support cd
après 3 écoute







dimanche 14 octobre 2012

Jacques Bertin



 Difficile d'aborder un tel artiste, de trouver des mots pour traduite l'émotion injectée à l'écoute d'un vinyle de Bertin. Comme une balade un dimanche après midi gris, dans un parc. Borelly. « Jets d'eau, jeux d'oiseaux tranquilles, acte petit jeté aux oiseaux... ».
Le temps imbécile, la terre, toujours une terre qui colle aux semelles. Des granges, des tonnelles, la pudeur des sentiments divulgués, la tristesse dans une chanson, comme un bateau mort sur un fleuve... Un fleuve. Paroisse, rivière, des chansons comme des paysages, des prairies avec des fêtes étranges. Un tourbillon de personnages au milieu de remugles d'enfance. Des douleurs et une humilité à faire pleurer. Dandysme romantique en sentiments purs et forts, mourir aux genoux d'une femme très douce.
Jacques Bertin depuis 1967 offre sa musique très loin du brouhaha, sans concession aucune, à bichonner de torrides et fidèles passionnés...loin très loin du tumulte.

Des textes poignants et attachants.

« Le grand bras, les îles... » et je voudrais redevenir cet enfant qui passe.. de longues promenades au bord de la Loire, faire le tour de l'île d'or et sentir les peupliers géants. Ce lit merveilleux, ces remous..la paix.
Un accordéon à Chalonnes. Des couleurs. Toujours du calme. Un soir d'automne, le dimanche. Du blanc, du vert, du roux et du gris, des tètes penchent... un orgue mélancolique et d'éternelles chutes de feuilles.


Pour l'instant, c'est ma Beauce et l'horizon bouché. Des tonnes d'eau dégringolent, une caisse de disques chutent dans mon cerveau, viennent épouser ma léthargie. Recueillement, à la pointe nue de l'averse ma mélancolie.
J'ai retrouvé la date du concert de Leny Escudero, là où j'ai rencontré Renaud, du Leny contre du Bertin/Corringe. C'est en fait le vendredi 2 octobre 98. On s'est perdu de vue, il me reste toutes les bandes chrome avec les vinyles dessus.
Merci Renaud jadis, merci la pluie aujourd'hui.

« Je suis l’âme de tout le monde et je suis toute
l’âme du monde : la braise qui dans la soute
chante. J’ai transformé le vieux doute en voilier
je suis l’oiseau blessé qui ne tombe jamais »


Jacques Bertin 1993 « La blessure sous la mer » label : velen ..pour en choisir un.
http://velen.chez-alice.fr/bertin/index1.htm















" Survivant" 13 octobre 2012 71x51


"Abrité 14 octobre 2012 90x60


Julos Beaucarne 75


L'écluse est ouverte, les albums défilent comme le déluge de la voûte plombée. Hémorragie automnale, tout y passe, de Corringe à Bertin en passant par Vasca et Beaucarne.
Le temps s'arrête sur la mémoire des roses, petite comptine médiévale romantico-mélancolique.
Julos Beaucarne est l'emblème de la poésie chantée Belge, écologiste, comédien, baladin engagé, sculpteur, il a beaucoup œuvré pour la francophonie (il chante en Français et en Wallon et s'est beaucoup rapproché du Québec). Julos Beaucarne entre montage, chansons, révolte, tendresse, humour, monologues.. et une colossale discographie (quarantaine d'album dont le dernier vient juste de sortir).

On s'arrête en 1975, sa compagne vient d'être assassinée par un déséquilibré à la chandeleur de cette année là. Un album profondément troublant, plus que les autres évidemment. Et puis dedans, il a « De mémoire de rose ».


« Il faut s'aimer à tort et à travers ».


Julos Beaucarne 1975 « Chandeleur 75 » label : les éditions Louis-Hélène)
http://users.skynet.be/julos.beaucarne/index.html






samedi 13 octobre 2012

Michel Corringe


Bucheron des villes, Corringe a détruit ses premiers enregistrements. Sabotage, autodestruction, punition, beaucoup de poètes coléreux comme lui se sont abîmés à vouloir gueuler bien haut. Muselé par l'indifférence, Corringe s'est naufragé la tronche sur son art rejeté, comme un Fanon, un Léveillée... la voix Lavilliers Ferland Dassin de timbre puissant à la Ferrat.
Garagiste aussi, restaurateur, Beatnik d'ici, ce mec est un vagabond volontaire, dont « La route » est le point discographique culminant. Un peu de tout ça dans ce disque, plus tard c'est Roda-Gil qui lui écrit quatre chansons, ici, c'est Danyel Gérard. Nous sommes en plein dans les grands crus de la chanson française pure souche seventies. L'identité profonde.
« It's raining like a vache qui pisse », le goût des autres, je reviens de dehors avec mes godasses boueuses, des bûches plein les bras. Le foyer crépite pour la première fois cet automne.. du gris à n'en plus finir.. « la tète en vrille »..la « tète vide »..la tète grise. Crever comme un chien, tout seul, pour aller retrouver les siens.
1970 un grand classique « La route ».. un disque improbable, incroyable, témoin d'une époque franchouillarde millésimée. Il vase, ça crépite, ça gueule, des tranches de vie d'un pays où le « malheureux est roi ».



J'ai découvert Corringe en 1999, j'attendais dans ma voiture l'ouverture de la salle de concert. Dans le poste à cassettes gueulait Lenny Escudero, « La planète des fous » avec des 45T enregistrés. Un autre fou à tapé à ma vitre pour me demander éberlué la provenance de ces chansons inédites en 33T. Nous avons parler d'artistes français pendant des heures, je lui ai filé les Escudero inédits (K7 enregistrée)..il m'a proposé Corringe et Bertin, toujours en cassette. Quel cadeau...
Je me suis rué sur l'édition CD 2008 de « La route » (« Les paumés » à l'époque), une pochette grise avec son chien... « Les Saintes Marie »..Lenny aussi a chanté ça.
Michel Corringe est un fou furieux baladin extraordinaire.. l'histoire du « petit gars ». Merci pour l'aiguillage Jeepee ;D


Michel Corringe 1970 « La route » label : magic records




Land


La voix du crooner expérimental David Sylvian fait toujours son effet. Aussi, « Nothing is happening everywhere » dont il est l'invité vocal, est un grand moment digne de sa dimension.
Le reste de l'album est tout aussi libre. Il est question de collision entre rock et free jazz ambiant.
Improvisation, expérimentation posée sur de bonnes bases. Un art modelé, structuré, mais libre. Un moment musical aussi fort qu' « Elusive » dePressure Drop version instrumentale. Urbain, noctambule, grave, sérieux et mathématique, ambiant et cinématographique...et libre. Cet épisode très cuivré tient des allures de chorégraphies contemporaines.
 
Publié chez Samadhisound, hébergé par Important.. il est question sur ce disque là, de collision.


Land 2012 « Night within » label : important
http://importantrecords.com/imprec/imprec360



jeudi 11 octobre 2012

Tindersticks 1997


Mine de rien Toorsh vient de lancer avec son beau billet, un jeu musical sur lequel il serait intéressant de rebondir.
C'est pas l'album « île déserte », celui qui travaille profondément, celui qui transperce et trouble à certains moment de la vie. Pas vraiment la cogitation profonde, juste le disque parfait qui colle à la platine. Celui qu'on écoute le plus souvent, sans pouvoir expliquer pourquoi. Un autre album sucerait l'analyse très loin, nécessiterait une introspection abyssale à des heures de la journée pas reluisantes, une croix. C'est peut être pas celui qu'on écoute le plus souvent.
« Curtains » des Tindersticks est celui-là, celui qu'on écoute du début à la fin, sans anicroche aucune, tout passe, rien ne freine, automne, hiver, midi, voûte céleste, champs, montagnes, océan... rien n'y fait, l'écoute fidèle de ce disque est indiscutable.
Une élégance implacable, peut être même le prototype, un sommet de carrière, une mélancolie automnale torride, instrumentations luxueuses, violons, cuivres, piano, guitare/basse/batterie.. tout. Une voix. Le cœur bat mollement, des vapeurs rêveuses, une beauté hypnotisante, un épicentre de sensibilité contemporaine..le disque que j'écoute à n'importe quelle heure, tout le temps, le plus souvent, avec n'importe qui. Ce n'est pas une chronique sur Tindersticks, mais sur « Curtains » le chef d'œuvre intemporel qui tue... et vous ??


Tindersticks 1997 « Curtains » label : this way up/ universal
http://www.tindersticks.co.uk/discography/curtains/






J'arrête, vous connaissez tous.......


Main


Une fois n'est pas coutume, ce monde là est infiniment petit. Symétriquement opposé à la stratosphère. Main diffuse la bande son des insectes, des bactéries, voire des molécules, tout dépend des ouvertures à voyager. Du silence à perte de vu, dans des galeries de fondrières, à travers lesquelles les atomes s'entrechoquent mollement. Une relation chimiquement amoureuse.
Microscopiquement sonore, on est invité dans un monde sous le niveau zéro de l'écorce terrestre. Des cavités, des galeries, minutieusement labyrinthique. De l'immuable, un son millénaire inébranlable à venir qui passe sur la précarité humaine se ruant au salon de l'autodestruction. Quelques drones passagers semblent provenir de plus loin encore, vers d'autres de cellules, celles qui appartiennent aux âmes vivantes, celles qui resteront.
Le monde mille fois plus petit grouille avec notre passé d'homme, la présence humaine, la cohabitation avec nos déchets qui alourdissent la croûte. Je vais ici, sous cette dalle d'asphalte et plonge dans ce monde minuscule qui nous survivra.
La bande-son d'un autre monde, d'une architecture lilliputienne.

Cette extraordinaire abstraction est logiquement hébergée par les barrés hollandais (implantés en Belgique) Kraak. Mystérieuse auberge au catalogue rare, précieux, weird, expérimental et complexe. Kraak comme le craquement du vinyle.


Main 2012 « Tau » label : (K-RAA-K)3
http://www.kraak.net/en/artist/release/main
http://www.discogs.com/Main-Tau/release/69867