mardi 30 août 2011

Baxter Dury

















« Len parrot’s memorial lift » et « Floor show » étaient deux superbes albums arty pop coincés entre un tangage sensuel et un héritage anglais très marqué.
Ceci dit, la déconfiture commerciale latente faisait de ces deux préciosités, des œuvres injustement imperceptibles au grand jour. Et pourtant, ça fouettait sec et intime, deux grands disques d’un crooner groove sombre et sensuel.
Il y a tout ça aussi dans « Happy soup », mais avec en plus le tube potentiel. Plusieurs même. Des hits qui pourraient bien faire immerger cet artiste à sa juste valeur. Une sorte d’explosion médiatique plus large encore que la souterraine.
Extrêmement british pour ce pur produit de Londres… rien à jeter, décontracté, presque estival. Un album abouti, efficace, et bien roulé, qu'il soit du timbre crooner de Ian Stapple, ou plus aigu comme Damon Albarn. Et la chanson éponyme, "happy soup", mutante barry white chantant sur Air.... guitare Mike Oldfield sur "picnic on the edge", ska endiablé "trellic"...... etc

Une très grande réussite, facile.

Baxter Dury 2011 « Happy soup » label : regal
www.baxter-dury.com
Échelle de richter : 8,3
Support cd
Après 2 écoutes




dimanche 28 août 2011

Wladimir Anselme
























DaSilva, Souchon jeune, Bertrand Belin.... et puis une senteur JJ Cale.... Daniel Darc, Julien Baer, Thierry Stremler.... mais aussi un timbre Raphaël …. Thomas Fersen, Alister, DeRien.....mais aussi une guitare à l'anthracite Dominique A.... Hurleurs, Boeuf, Cyrz....mais surtout une bourlingueuse pop douce comme Superflu … Bertrand Louis, Marc Gauvin, Mendeslon.... un peu de Renan Luce aussi et Renaud allons-y, des accords tristes de Marcel Kanche, des airs de troubadours, des airs de rue..kétanou... « des sonates d'abricots »..« et puis la nuit s'allume ».

Il y a tout ce monde chez Wladimir Anselme, il est noir de monde. Et pourtant, c'est absolument unique, ce disque est un monde à lui avec des mots superbes et des mélodies implacables. Totalement magique. Et s'il rappelle tant de monde, c'est qu'il est unique.... et puis il y a « cheval ».
Après un disque qui comptera dans la pop/folk 2011 (Jonathan Wilson), voici ici, aussi avant les retours, un des meilleurs albums de l'hexagone.

Wladimir Anselme 2011 « Les heures courtes » label : klakson
http://wladimiranselme.free.fr/

échelle de richter : 8,8

support cd

après 8 écoutes



Wladimir Anselme - Cheval par La_Menuiserie

samedi 27 août 2011

Tom Waits 79































Pas un temps à griller une caille dehors, alors comme un samedi soir d'automne, il passe sur la platine, mon album récurent de Tom Waits. Le plus parfait de son opulente discographie à mes yeux. Un peu particulier, très complet, un aboutissement pour sa première partie de carrière abritée par Asylum. Juste avant de partir (à un albumprès) chez Islands pour sa trilogie infernale « Swordfishtrombones; Rain dogs, Franks wild years ». Pas très côté, cet album affiche complet: Jazz/blues/cabaret/whisky, un point culminant. Grand fan de ce génie rauque, "Blue valentine" reste ma faiblesse.

Tom Waits 1978 « Blue valentine » label : asylum/elektra


mercredi 24 août 2011

Jonathan Wilson



















Une note et deux accords, une sensation extraordinaire. Je suis stoppé net, arraché au trafic. Là, ici, je m’assois sur le rebords d’un square, happé. Immobile, le flot humain vous noie, le bataillon de solitudes grouille sur l’encre macadam. Comme un tombereau en panne, je reste ici à charrier des tonnes d’oppressions. Une épopée pop entame son opérette 70’s me plaquant là au milieu du brouhaha. Foule aphone, mise en musique vagale. Observer ce débit dingue dont je faisais parti il y a quelques secondes et se sentir en apesanteur, collé d’une légère dérive géostationnaire. Scruter cette blanche planète dentelée de bleu, la tète à l’envers.


Je me suis arrêté là, sur une pierre scellée et j’ai laissé défiler les 78 minutes de Jonathan Wilson. Le mellotron y est sûrement pour quelque chose. Quelle douce petite plage ambiante que cet instrument synthétique.
C’est progressif et étendu, des mêmes dimensions qu’un Flotation toy warning. C’est intime aussi, proche d’Elliott Smith ou Syd Matters. C’est doux et facile comme un Fleetwood Mac période Kirwan/Welch. C’est romantique comme un Patrick Watson, et c’est vaste comme un Bonnie « Prince » Billy, les mêmes couleurs de paysages…. les mêmes lueurs d’éther que Crosby Still & Nash.


Le son parfait, épouse les contours d’une époque en cire, des vinyles pressés au début des 70’s. Le timbre vocal rappelle tout cela aussi, et Baxter Dury en plus. Le folk est psychédélique et sa pop enchantée. 78 min et pas l’once d’un ennui, jamais. De longs morceaux, des étendues, et une basse chaloupée qui vient tanguer au beau milieu de ce voyage ("the way i feel"). Une pochette qui rappelle aussi le cœur de la musique progressive de la même époque. Et puis c’est Jagjaguwar, les voisins de palier de secretly canadian. On y est, dans le surdimensionné. Lui est de Caroline du sud et producteur de disques. L’album disponible depuis quelques jours, avant le grand rush des promontoires renouvelés. Inutile de trop les charger de nouveautés et de chercher en vain la faille, le disque de la rentrée. Il est déjà là.. le chef d’œuvre pop absolu.


Etre ici et complètement ailleurs, sur une pierre gorgée d’albedo, ou dans les frimas d’une dérive géostationnaire, en contemplation.
Jonathan Wislon 2011 « Gentle spirit » label : jagjawar
www.bellaunion.com/

www.songsofjonathanwilson.com

échelle de richter : 9
support cd
après 5 écoutes









Jonathan Wilson - Gentle Spirit by Bella Union

dimanche 21 août 2011

Dakota Suite



Johanna Hooson est toujours à l’optique, la pochette reste fidèlement noire et blanche. Chris Hooson quant à lui est toujours à la tète de Dakota Suite et offre cette fois-ci, un disque épure où le silence convole une fois de plus avec ses notes célestes. Il retrouve David Buxton pour un pur album du Dakota Suite dans sa belle lenteur habituelle. Le dernier en date « Vallisa », qui n’en finit pas de coller à ma platine, affichait une obédience néo-classique religieuse. C’est le jazz ici qui tient les deux hommes en harmonie, un jazz noir et blanc, étendu à l’infini, spirituel et murmuré. Si sur d'autres disques sa pop se fond quelquefois dans les nimbes mous de Nick Drake, son jazz épouse les contours feutrés de Bed sur « Newtom plum ».


Un joli duo modéré, sage, sensitif et intuitif comme à son habitude, que seuls deux morceaux ambiants expérimentaux viennent troubler et dématérialiser la construction jazzy de « The hearts of empty » (« the ladder », « m-theory »). Ces deux morceaux se noient, s’incrustent dans l’ensemble et prouve que le jazz de Dakota Suite reste fuyant et nocturne.
C’est Karaoke kalk qui cette fois-ci prend en charge cette nouvelle pierre qui érige l’édifice reculé de cette précieuse solitude musicale noire et blanche. Bel isolement dominical.

Dakota Suite 2011 « The hearts of empty » label : karaoke kalk
http://www.dakotasuite.com/
http://www.karaokekalk.com/

échelle de richter : 8,8
support cd
après 2 écoutes







Dakota Suite - Easy Steps





dakota suite - the hearts of empty (album preview)

jeudi 18 août 2011

Gérard Manset





























Un disque gravite autour d'une pochette. Londres. 1978. Un objet colossale et rare. Un masque d'escrime.
Alain Bashung en ultime liaison nous ramène à ce tourbillon d'artistes qui s'entrechoquent... deux noyaux qui se croisent depuis longtemps déjà. Sans pouvoir creuser. Aboutir à quelque chose. Bleu Pétrole, pour lui au faciès bleu acier, par lui l'éphèbe des azurs. Un reggae, l'exotisme Venus jaune vert et rouge récurent chez Manset.


Deux îcones refermés sur eux-même. « Rio grande / Lumières », un même bassiste, Manset à la photo, Alain sur scène.
L'un visible, l'autre pas. Un à la carlingue abîmée, l'autre doux consommateur. L'un ne fera plus de concert, l'autre n'en jamais fait. L'un repose, l'autre témoigne.
« Visage d'un Dieu Inca » de Manset, sur Bashung et lui. Chaque phrase est une enclume, 110 pages comme s'il s'agissait de pavés en plusieurs volume. Agrégat compact très condensé de mots puissants. J'ai commencé fébrile au hasard des chapitres. Et puis j'ai repris tout du début, longuement, goulument... entendre sur Bashung remue, apprendre des bribes de Manset excite.

J'arpente les lourdes pages au son de ma platine. Légers crépitements vinyles de braises qui meurent. Je passe 2870 de Manset, intrigué par ma boulette-Manset du billet 73. A défaut de m'être relu, j'écoute en boucle ce disque épique, puissant au son chaud des baffles Hi-Fi. 2870, « fresque d'un futur qui crisse », « démesure allégorique », majestueux et ample... un objet rare aussi. « un homme une femme », jamais choisi sur les cd triturés. Une pochette.

Et puis une bonne nouvelle. La reprise du blog Puzzle Doyster, où Manset est conté fidèlement sur fond noir.

Gérard Manset 1978 « 2870 » label : pathe marconi
Gérard Manset 2011 « Visage d'un Dieu Inca » éditions : l'aprpenteur
www.manset.fr










mardi 16 août 2011

Jesse Sparhawk & Eric Carbonara






Je pédale comme un âne sur les bords de ma rivière comme une thérapie. Une rémission par ma sueur toxique de nos vies cancérigènes qui nous cerne ; la fermentation mentale, la décomposition du corps. La terre chaude et humide branle la chair fumante et je pédale comme un âne. Mes yeux dévorent tout ce vert et je crache mes toxines par les pores comme une bête furieuse. Animal, on est mal.


Et pourtant, au retour, je m’écroule sur une musique lustrale, comme un remède au combat. Je dégouline encore des pentes ardues aux silex pièges, et je pars, je m’enfonce dans le tapis comme dans cet humus imbibé. Décélération cardiaque, engourdissement du cerveau. Phagocyté par la boue tiède, je reprends vie par les cordes divines, par cette transe figer-picking tribale.


C’est à ce moment là que la carcasse décolle, immobile, ne touche plus le sol. La réalité est plus belle ainsi, habillées d’arpèges élégiaques épousant des ondulations solaires. Les mêmes ondulations que connaît Ben Chasny.
Ce léger menuet de nymphes en ballerine de chlorophylle requinque dans un exotisme celtique, hindoustanique et médiéval.


60 cordes, une harpe à 38, une chaturangui à 22, un label VHF dans lequel se cachent une pléthore d’albums weird folk, Eric Carbonara et Jesse Sparhawk aussi membre de Fern Knight. Deux morceaux de 18min, un voyage immobile réparateur.

Jesse Sparhawk & Eric Carbonara 2011 « Sixty strings » label : vhf
http://www.vhfrecords.com/
http://ericcarbonara.bandcamp.com/releases (tout l'album en écoute ici)

http://jessesparhawk.bandcamp.com/album/sixty-strings
Échelle de richter : 8
Support cd
Après 2 écoutes

Quand on aime : ben chasny, jack rose






samedi 13 août 2011

Huile sur toile (81x30) 12Août 2011




Lüüp






















Lüüp est un collectif Grec dirigé par Stelios Romaliadis. Les collaborations sont internationaux et leur musique s'affiche progressive.
« Meadow rituals » est le dernier projet sorti sur Experimedia. Flute, violon, violoncelle, basse, sax et cor, le tout accompagné d'une belle voix à la Lisa Gerrard.
A la place du prog, je vois plutôt un bel ensemble néo-classique tiré sur le médiéval et le celtique. Ian Anderson (de Jethro Tull) seul accompagnant du Dead Can Dance pour un immense hymne à la nature, aux paysages, aux ciels plombés, beaux et chargés. Ciel de crème, lumières du nord, des esprits en spiral flottent et tombent sur des terres vierges, comme une symphonie caverneuse à travers laquelle la flute légère danse diaboliquement avec les cordes graves du violoncelle. Un combat titanesque pour une harmonie de contraste.



Musique nocturne en ces heures d'été sombre et froid, pochette sublime en inspiration d'ocre laiteux, ombres tribales en sienne brûlée, état de grâce musical, vent d'huile insufflé pour un disque rare.

Lüüp 2011 « Meadow rituals » label : experimedia
www.luup.experimedia.net

échelle de richter : 7,9
support cd
après 2 écoutes
quand on aime : dead can dance; ian anderson, sigur ros





















Horse Heart by Lüüp

vendredi 12 août 2011

Prince






Infernal ce type. A brouiller les pistes dans les arcanes des pseudos et des formats et des styles, il aura eut raison d'une tripotée de frileux, tout en cimentant ses fidèles. Je l'étais devenu un peu, frileux. Deux ans pour découvrir ce nouvel effort de Prince.
Un format bizarre donc. Un triple album !. On garde le R'n'B de Bria Valente pour plus tard .. et on cible le double album du petit génie.
Apparemment, le disque officiel s'affiche avec « Mplsound » en version simple. La version triple contient en plus « Lotusflow3r » et « Elixer » de Bria Valente.

« Mplsound », proche de sa tendance électro/soul. ..les rythmiques de « (there'll never b) another like me » sonnent comme « jam » de « Dangerous ». C'est sorti en 2009.
La grande différence avec Prince par rapport à Jackson, c'est son ludisme McCartney, sa propension à œuvrer dans l'opulence, à sortir des albums tout azimut, faciles, bons et polyvalents.

« Lotusflow3r » est un brûlot de blues/pop/rock/jazz à la Santana/Hendrix/Keziah Jones terriblement bon, avec quelques reprises, sous une maîtrise et une décontraction époustouflante. Chant et son excellents.
Un disque pour mon ado (« Mplsound ») et un disque pour papa, collé au lotus.

Prince 2009 « Lotusflow3r » / « Mplsound » label : NPG /because
site officiel : aucun.
http://musique.fluctuat.net/prince/discographie.html
échelle de richter : 8,5 / 6
support cd
après 5 et 1 écoute

quand on aime : santana; keziah jones, hendrix


Prince - Crimson and Clover (Official Video) par

mercredi 10 août 2011

mardi 9 août 2011

1973



Très attaché au 70’s, je me suis amusé à regrouper les pochettes des disques au cœur de cette décennie riche dans laquelle je puise sans cesse la substance. Une source inépuisable, une plaque tournante dans l’histoire de la musique. Un bilan riche, une discographie inépuisable où l’ère Beatles commence à être digérée et offre une arborescence musicale phare aiguillant sur le glam/prog/disco/soul/punk/hard/psyché/space naissant. Point culminant pour une pause synthèse estivale. 1973 est sûrement l’année idéale de mes étagères.

N° 1













Hexagone

















Prog
























Live



















Soul

















































Pop/Rock