lundi 31 mai 2010

Alela Diane




Une branche de platine posée sur le rondin d’un arbre scié net ; une mine de critérium 0.5mm parcourant le sillon d’une emprunte digitale ; le dard d’un moustique glissant sur le fil d’une toile d’araignée d’une trentaine de mailles ; tout me ramène aux vinyles, aux 33 tours d’une galette de cire quand j'écoute certains cd. Quelques disques flottent de la même manière sur la cire noire, des airs qui réclament ce support, que l’on aurait préféré écouter en saphir, et je pense à Alela Diane quand le son épouse la photo sur la pochette et qu’on se dit qu’il manque le grésillement d’un autre temps, ce son parasite d’un feu de bois qui réchauffe l’âme, comme mes vieux Jethro Tull époque boisée, Incredible String Band ; Joan Baez ; Cohen ou Joni Mitchell.....
Visage en Joconde-sioux, sombre sépia d'un folk contemporain..2006 et déjà une référence , un totem qui passe encore comme un miracle.
Et, sur des pas de danse tribale étourdissante, je craque l'allumette sous le bois sec pour écouter comme il se doit « The pirate's gospel »...à défaut de ne plus être outillé Hi-Fi.



Alela Diane 2006 "the pirate's gospel" label : fargo

http://www.aleladiane.com/

http://www.fargorecords.com/

quand on aime : marissa nadler; moriarty; emily jane white......


http://filipo-photo.over-blog.com/article-23052335.html

samedi 15 mai 2010

Mi & L'Au



Légère transition avec un visage aux allures de Joni Mitchell (et quelquefois la voix), les chansons quant à elles sont pour les amoureux de Jennifer Charles (Elysian fields autre duo) ou Hope Sandoval (mazzy star). Une autre voix délicieuse de dessine, finlandaise cette fois-ci et partagée avec son compagnon français. Si leur premier album, hébergé en 2005 chez M.Gira (young god records) offrait un minimalisme boisé torride et engourdi (duo autour d'une seule guitare), ce dernier opus, « goodmorning jokers » cache derrière une pochette baroque et moribonde, un piano solennel et une foule d'instruments acoustiques brinquebalant les quatorzes comptines dans un manège sombre étourdissant.
Il existe une pièce rare entre les deux disques visibles, un album déglingué, barré, fabriqué à la main, introuvable et en français entièrement chanté par L'au le parisien : « du lait versé sur les robes blanches », un disque étonnant et improbable.
« Good morning jokers » s'éloigne de Devendra Banhart des débuts, mais peut se vanter d'être un grand disque libre et complet. Les cuivres, la harpe et le violon leur vont si bien. Surtout ne pas se fier à la pochette "trompe l'oeil", le disque est beau féérique et délicieux.



http://www.youtube.com/watch?v=cbNNQPxscBA

Mi & L'Au 2010 " good morning jokers" label : borne!recordings

www.myspace.com/miandlauspace

quand on aime : mazzy star; elysian fields; cat power; M Ward

mercredi 12 mai 2010

Joni Mitchell


J’insiste sur la véracité de cette apparition, moi qui chasse les images, les scènes en adéquation avec la sphère de mes écouteurs. Ce sosie de Joni Mitchell est venu s’asseoir dans le wagon à deux encablures de ma vitre au moment même où je partais à la découverte d’une pièce manquante de mes étagères : « clouds ». Un petit prix réédité le midi même chez mon disquaire favori devait anticiper le mirage de la frange blonde aux allures de Nico. Posée sur un visage dessiné par le même sculpteur, maigre aux pommettes saillantes et large bouche, la chevelure longue et blonde de cette jeune personne au regard cobalt a directement incarnée les sublimes morceaux de cet album culte de 1969, les prémices d’une grande carrière. Une exceptionnelle coïncidence éphémère puisque la belle personne est sortie du cadre dès la première station. Il a fallu que je stoppe le son pour me rendre compte, savoir où j’étais, rêve, mirage, monde parallèle…simple fait d’un chasseur de paysage attentif pas bredouille. Est-ce ce portrait de paille qui injecta un préjuger fallacieux, il n’empêche ce disque est un bijou.
Joni Mitchell 1969 "clouds" label : reprise

mardi 4 mai 2010

Beth Gibbons & Rustin Man

Une remise en question s'est profilée et, avec le recul, a marqué l'histoire de la musique des années 2000. Comme une pause au tumulte, au succès du groupe à travers lequel elle a architecturé un culte, Beth Gibbons propose avec "out of season" loin des sentiers chaotiques pop et électronique, ce qui fut à coup sûr, la première pierre acoustique d'une décennie qui allait devenir d'obédience folk (étiquette que l'on accole désormais à tout disque acoustique).
Une douce neurasthénie gobe les viscères et transmet au cerveau du plaisir. Et si la voix emblématique est à peine voilée par les généreuses volutes de tabac, tous les morceaux de cet œuvre pourpre sont habités par le fantôme de Mark Hollis. Ce disque est avant tout un alibi à toutes les chimères étouffées, une blessure que l'on cache parce que l'on en est coupable... c'est un visage sec instantanée, beau et torturé; un lit de rivière trouble, clair obscur et corps fantomatiques, stoïques, comme pétrifiés; ce sont des frimas matinaux que l'on veut tuer à coup de clopes pour se punir de ne pouvoir en accueillir les contrastes et de les transmettre; c'est un air rétro pour rompre avec l'ébulition; c'est brouiller les pistes afin d'oublier le sentier sans retour et faire croire que l'on gère chaque geste quotidien, chaque décision alors que seule l'envie de gravir quelques marches du ravin nous conduit vers une lueur blême imaginaire et prometteuse. C'est finalement ce petit anticorp "Rip" électronique qui nous immunise de tout, comme "Mysteries" en 2002, chanson absolue qui peut en quelques minutes nous empêcher d'aller plus loin dans les saisons, j'ai mis quelques dizaines d 'écoutes avant de passer à "Tom.." le tube, puis au reste, avec une autre menace de rester bloqué sur « show ».
J'ai lu un tas d'inepties sur ce disque à l'époque où les critiques restaient collés à "glory box" et Dummy (symbol du trip hop d'époque au côté de Jay jay johanson). Cet album est un objet rare qu'il faut prendre comme un moment unique, une utopie....ou alors le laisser alentours sans piper mot, sans aborder le hors sujet qu'Utley à la guitare guest et à la prod a donné en pâture à toutes pages mensuelles ou virtuelles. J'ajoute à se souvenir musical qui traine et qui traine encore, un portrait et une photo (misswalflower) qui me parle à la énième écoute te
llement influencée par Mme Pastel.
BETH GIBBONS & RUSTIN MAN 2002 "out of season" label : go beat

Frankie Sparo


Légèrement inquiet que le chemin de VoxPop suive les mêmes traces abyssales que Volume, je scrutais les mensuels dans mon parcours de relais H. Perplexe de court terme puisqu'il devait apparaître ce mois-ci revigoré et relooké. Quelques lignes plus loin, l'impatience assouvie, la joie passait à l'euphorie devant ces deux pages entières consacrées à un de mes label fétiches, Constellation. Montréal, Hotel 2 tango, un groupe, un endroit unique au monde avec dans ses wagons du son, des idées d'utopie musicale alternative, des musiciens interchangeables à volonté pour chaque artiste accueilli, et surtout une politique culturelle radicale. Puis des clichés, histoire de mettre le mythe en image, incarner le mystère, voir les coulisses du paradis, moi qui croyais infranchissables le seuil brulant .... Des visages donc, des étagères, des plans de travail et un texte sélectionnant 6 moments cruciaux du label à travers 6 albums. Je tire un peu les draps fanatiques à moi et dépose en sus un disque qui représente le symbole de Constellation. Un opus glu qui colle au bulbe depuis qu'il est paru en 2002. « Welcome crummy mystics » de Frankie Sparo est cyclique, systématique et récurent. Un ressac culturel qui apaise mon vague à l'âme tenace. Un étendard. A cette époque Constellation bavait de bouche à oreille pour s'épanouir, via Godspeed..., a silver Mt Zion...... en faisant sourdre ses grands espaces souterrains par quelques label indépendants. Et je me souviens des luttes infernales et des pioches frénétiques en compagnie de m&n pour boire cette onde politique et culturelle qui nous boulversaient.
Le catsing du disque est indécent; Efrim, Ian, Sophie, Jessica, Thierry, Nadia, Will.... tout le collectif est là derrière Frankie Sparo pour offrir ce qui est pour moi la vitrine absolu de l'ultra dimension qui jaillit de chaque pièce du catalogue : « city as might have been ». Les esprits sont fidèles et soudés, la mélancolie vaste et cordée, le disque exactement coincé entre Vic Shesnutt et Robert Wyatt, avec des pincées de Micah P Hinson avec des contrebasses jazz et un piano malade. Puis en passant, « caméra », une petite chanson fraiche en français qui rappelle tendrement Amor Belhom duo échappés de Calexico en 2000. On retrouve deux ans plus tôt, tout ce monde en prémices sur « my red scare » avec en plus le guitariste neurotique Harris Newman aux manettes, la hauteur moins vertigineuse mais l'esprit bien décidé.
Voxpop met les pieds dans le plat et ouvre en plein jour pour la première fois les portes du refuge parmi tous ses artistes atypiques et tellement séduisants
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Frankie Sparo 2002 " welcome crummy mystics" label : constellation
quand on aime : robert wyatt; vic chesnutt; micah p hinson; amor belhom duo

dimanche 2 mai 2010

Dominique A


Paris est au plus profond de mon épiderme sans que j’y puisse y loger, la mer est pour moi une sensation immuable sans que j’y puisse naviguer, la montagne sans la gravir me remue, et la musique me bouffe tout mon temps, sans que je puisse dévorer une seule partition. Contemplateur, observateur, j’ai du recul sur tout et j’assiste. Je côtoie des mondes inconnus, frileux et intimidés. Il n’y a guère que l’huile qui me suffise à m’investir. Ce blog n’est qu’un témoignage. Témoin d’un monde, je dévore tout ce qui passe devant mes sens avec pour seul mot d’ordre au coup de cœur, l’érection de mon cerveau et les soubresauts de mes viscères. C’est un peu le fil conducteur de Cocteau lorsqu’il s’interrogeait devant une œuvre. Et si tout se mélange, l’urbanisme, l’huile, l’air salin, l’oxygène et la mélodie, c’est pour mieux armer l’affect pour qu’il ne soit focalisé que sur la vibration. Le mot de synthèse est lâché, la VIBRATION. Et tout se bouscule dans de complexes labyrinthes afin d’arriver au plaisir qui catalyse notre propre histoire, notre fibre, nos émotions, nos goûts, et nos jugements.
Si ma posture reculée flotte, il est une rigueur qui est, sans aucune anicroche, si ce n'est l'exigence que je lui accorde. Un engagement fidèle puisque je suis dans la fosse avec lui depuis presque les débuts. L'exact rencontre d'un art et de mes états d'âmes. Aucune longueur d'onde ne pourra autant épouser mes visions. Bataclan 2010, mars en 31, jamais une telle osmose, toujours un cran de gagné, un niveau pris au dessus de tout. Et cette écoute viscérale, des vibrations cérébrales, des soubresauts épileptiques..
Dominique A culmine et peut donc regarder ses deux décennies de travaux en maîtrisant totalement chaque version nouvelle, toujours un peu plus haute. Les oiseaux n'en finissent pas d'être courageux et lui rageur, la nervosité des bras s'arrondit et les riffs coulent limpides et tonitruants. Lui qui croit avoir atteint le point culminant de sa visibilité, sa notoriété.... sa tournée « la musique » n'aura jamais autant abrité de chansons possibles (ep et inédits en sus), et les vidéos en ligne abondent. Les dernières démos inédites proposées sont quand même quelques petits chefs d'œuvre bien à lui.
Il est là, c'est lui, réveillez-vous, il est Léo Ferré, Etienne Daho, Guidoni, Bashung, Noir Désir, Barbara, Treinet, mais aussi Neil Young, Massive Attack..... tout en restant le représentant d'une génération qui s'étire maintenant et n'en finit plus de s'allonger.. de Bastien Lallemant à Bertrand Belin en passant par Stremler, Frank Monnet, Yvan Marc; Florent Marchet, Marc Gauvin …..............
Et puis, s'il perd un jour un peu de sa visibilité actuelle, qu'il revienne timidement au monde Remué, je serai là, fidèle, acharné et revanchard.
DOMINIQUE A 2010 "kick peplum" ep / concert Bataclan label : cinq 7