samedi 27 février 2010

Get Well Soon




Une complainte tragique et romantique, de la même saveur que Divine Comedy à l'heure de la « régénération », en plus luxuriante, émane de « Vexations » le deuxième album de Get Well Soon; la même folie exubérante que Flotation Toy Warning avec en plus des envolées sombress; la même puissance sonore que The Dears sur « no cities left » avec en plus la sensibilité abîmé des sentiments bafoués; son sommet artistique avec la même force ambiante que « Ok Computer », la perfection totale; un grain de folie comme Tim Burton avec en plus une légère atmosphère slave; désespoir lacrymale similaire à Elliott Smith avec la féminité en plus......
Cet opus faramineux, vient plaquer au néant la moindre possibilité de bilan musicale 2009 (au même titre que quelques pièces qui introduisent 2010 en fanfare : Midlake; Owen Pallett; The Besnard Lakes; ..), une farouche impression d'avoir en possession la pièce maîtresse d'une prochaine décennie. Anéantir l'esprit de synthèse en fixant ses émotions sur cette étude minutieuse de quelques gifles infligées au quotidien...la vexation... « il faut voir comme on nous parle... ».
Combien d'écoute va t'il me falloir pour revenir de cette épaisse forêt ? La bande son idéale introspective pour les pensées d'un promeneur solitaire.
Pris en otage par ce tourbillon sentimental, je reste sans discours rétroactif, j'abdique le bilan et je happe l'instant présent, le carpe diem des bacs intemporels et je défie quiconque à l'étiquette romantique refoulé de ne pas avoir le poil aux aguets définitivement à l'écoute de cette œuvre et d'assumer en bloc cet état de fragilité réelle qui n'est pas une image, mais une vision approfondie et philosophique des choses et des gens qui nous entourent. Cette ode à la sensibilité oblige à dévoiler le dégout des sagesses raisonnables, des rigueurs, des froideurs, sans aucune pudeur, un état d'âme fidèle, le contraire de l'image tricheuse et entretenue … qui vexe.


GET WELL SOON "vexations" 2010 label : city slang




quand on aime : divine comedy; flotation toy warning; the dears, radiohead; le romantisme

mercredi 10 février 2010

L'Ocelle Mare


Le silence est le chef d’orchestre. Chaque instrument acoustique peu bavard vient placer chaque mot nécessaire dans cette discussion musicale millimétrée. Un bricolage minutieux vient enchanter les scénettes théâtrales précisément agencées. Chaque album de L’Ocelle Mare (trois en tout) s’enrichit d’expérimentation sonore et d’ambiances nocturnes à chaque fois plus profondes.
J’ai souvent utilisé le mot « ankylosé » quand il s’agissait de vanter une musique hypnotique et venimeuse. « Engourdi » je crois convient mieux à cet état de bien être suspendu. Une optique délétère épousant à merveille le silence et la sérénité envoûtante.
De Ruminance, le premier label de L’Ocelle Mare, à souterrains-refuges, les disques de Thomas Bonvallet n’ont cessé de gonfler en maturité, mais aussi de s’enfoncer dans une injuste invisibilité : « Engourdissement » n’a pas de distributeur, Thomas fait sa pub et ses envois lui-même. Depuis que son premier groupe s’est arrêté, il collabore au sein de quelques projets musicaux comme False Cognates ; Austin Townsend et Radikal Satan. Il suffit de visionner une improvisation à la guitare pour comprendre à quel point le travail de Thomas Bonvalet est habité, la vision de son art basé sur un jazz décortiqué et syncopé, entre résonance et dissonance.
Aussi touchant que les virées introspectives de Narcophony , aussi profond que les plus beaux paysages de Gastr Del Sol, « Engourdissement » nous emmène dans les hautes sphères blanches des musiques silencieuses, poussée à ses plus belles impressions, aussi joliment qu’une aquarelle complexe et délicate. Son mode d’expression est unique et déstabilisant, une exploration sonore extrêmement riche.
L'Ocelle Mare 2009 "engourdissement" label : souterrains-refuges
quand on aime : narcophony; gastr del sol