mardi 27 janvier 2009

Andrew Bird




Une fois n’est pas coutume, une petite chronique à l’aveuglette, ou plutôt en sourdine puisque l’envie de m’étendre sur ce disque anticipe l’écoute. S’attarder quelques instants sur « Noble beast/Useless creatures » le nouveau double album d'Andrew Bird sans l’avoir écouter reste un exercice doux et excitant, faire mousser l’impatience et le désir. Tous les sens autres que l’ouïe peuvent suffire à déclencher un intérêt pour un album. Même si les travaux d’Andrew Bird déjà assimilés auparavant sont indiscutables et laissent sans espoir le risque de tomber sur une mauvaise pioche, même si le net ou les bibliothèques peuvent justifier quelques frilosités à l’acquisition, la question de laisser cet objet dans les bacs est un débat vain.
L’impatience affamée se concrétise alors par le toucher, palper le galbe moelleux et boursoufflé de la pochette généreuse attendrit le moment solennel d’ôter l’enveloppe de cellophane du disque. Le parfum d’imprimerie et de papier cartonné prend le relais émotionnel et apaise cette fois-ci l’angoisse de voir disparaître un jour l’objet, le support musical et l’existence d’une pochette, l'habit coquet.
L’œil rebondit alors sur chaque feuillet du livret, chaque gravure aquarelle de Diana Sudyka, chaque mot imprimé. Tout lire alors comme une préface afin de traduire la moindre information sur le contenu musical, chaque musicien, chaque instrument utilisé, le studio d’enregistrement, la géographie, les références, les titres et sa police ; « effigy » traduira t’il toute la promesse du dessin voisin; « master swarm » sentira t’il l’odeur du carton imprimé de cette envolée d’oiseaux jaillissant de l’arbre encre de Chine ?…. "Tient, Il n’y a plus inscrit Fargo en bas, sur le fond du verso". Verso, celui du cd qui laisse aussi imaginer par reflet la longueur de l’album, voire même de chaque morceau, et je me souviens des sillons des 33 tours qui lâchaient, dans une attention minutieuse et macroscopique, dans l’impudeur la plus totale des intervalles, toutes les informations sur le caractère de chaque morceau. Un crescendo voyait les sillons s’enluminer en s’éloignant les uns des autres…. Le vinyle procurait un plaisir ajouté dans un gestuel lent et appliqué. De ce fétichisme, il ne me reste que cette palpable envie de déguster en silence, les esgourdes punies, ce genre d’album qu’Andrew Bird propose depuis quelques jours au grand publique. Tant de plaisir viennent se greffer autour d’un son, si l’on prend le temps de s’y attarder.
Dans ma besace des pochettes de cd trainent avec le dernier ticket orange des transports en commun, un collector donc, puis un lecteur compact portable qui lutte contre un traducteur Mp3 et qui a pourtant déjà mis au placard une platine au saphir à bout de souffle et un walkman mangeur de bande chrome. Des objets dans un sac trop grand pour son époque, avant le tout numérique…navigo, IPod et kit main libre ; une vie pratique et sans plaisir. Elle était pourtant mignonne la guichetière Sncf et familiers Nicolas ou Manolo de Gibert.
Assouvir toutes les émotions périphériques au son, le laisser mijoter, attendre le moment choisi, le rendez-vous avec les notes, la concentration exacte pour effleurer la touche « play ».
ANDREW BIRD 2009 "noble beast / useless creatures" label : fat possum
quand on aime : les disques, les pochettes, le carton, les odeurs, les inspirations entremelées.....

samedi 17 janvier 2009

Pedal


Quelle soit douce et saupoudrée comme un clair clapotis d’ondée ; « security » ; rythmée et abondante comme un flot de torrent vif qui dévale les pentes d’une vallée plissée ; « the afterwards » ou « herzog » ; sautillante et dégoulinante comme une fuite grandissante ; « performance » ; forte et dévalant comme un fleuve gonflé à bloc dans un lit trop petit ; « burgeon » ; douce et printanière comme les méandres libres d’un court d’eau de clairière ; « sump » ; ou calme et majestueuse comme la plénitude inébranlable d’un océan, la musique de Pedal est avant tout une musique d’eau sous toutes ses formes et toujours accompagnée d’une lumière minimale et improvisée au fil d’un voile brumeux ou d’une éclaircie éphémère.
L’intelligence architecturale de deux pianistes à la fibre jazz distille un nectar délicieux qui n’en finit pas perler. Chris Abrahams (the necks) et Simon James Phillips (assemblage) sont les deux cerveaux et les quatre mains de ces paysages somptueux à faire se pâmer Keith Jarrett. Si pour une fois l’océan n’est pas à porté d’âme, c’est en regardant une pluie printanière tomber délicatement que l’on écoute le flot de notes, séduit et happé par la délicatesse architecturale des deux pianos de Pedal.
L’Australien Chris Abrahams offre habituellement ses cordes au groupe de musique nouvelles The Necks (ReR records) et propose quelques travaux solo au sein du collectif électro-expérimental Room 40 records.

Pedal 2008 « pedal » label : staubgold
quand on aime : keith jarrett ; The Necks ; Sylvain Chauveau

mercredi 14 janvier 2009

Préférences 2008

7 Meilleurs album internationnaux :
Paul MacCartney : fireman
Paul Weller : 22 dreams
Robert Wyatt : comicopera
Robert Plant / Alison Krauss : raising sand
Nick Cave and the Bad Seeds : dig & lazarus
Marianne Faithfull : easy comme, easy go
David Bowie : live santa monica ‘72

12 Meilleurs album Rock :
The Walkmen : you & me
Women : women (jagjaguwar)
The New Year : the new year (touch n go)
Parts and Labors : receivers (jagjaguwar)
Aqua Nebula Oscillator : aqua nebula oscillator (pan european)
MGMT : oracular spectacular (columbia)
Windsor for the Derby : how we lost (secretly canadian)
Deerhoof : offend magic (kill rock star)
Dungen : 4
Autistic Daughters : uneasy flowers (staubgold/kranky)
230 Divisadero : 230 divisadero (locust)
Frustration : relax (born bad)

12 Meilleurs album pop:
Get Swell Soon : rest now, weary head! You will get swell soon (city slang)
Luke Temple : snowbeast (fargo)
Roses King Castles : roses king castles (rough trade)
Hugh Coltman : stories from the safe house (universal)
Melpo Mene : bring the lion out (imperial rec)
Merz : moi et mon camion (gronland)
Islands : arm’s way (domino)
Calexico : carried to duet
Department of Eagles : in ear park
Radar Bros : auditorium
Vandaveer : grace and speed (gypsy eyes)
Maarten : my favourite sheriff (boxson)

10 Meilleurs album folk :
Timesbold : ill seen ill sung (glitterhouse)
Knight Fern : fern knight (vhf)
Tau Emerald : travellers two (important)
Angus and Julia Stone : a book like this
Ex Reverie : the door into summer (language of stone)
Mariee Sioux : faces in the rocks
Soltero : you’re no dream (la société exépéditionnaire)
Bowerbirds : hymn for horses (dead oceans)
Tom Brosseau : cavalier (fat cat)
Headless Heroes : the silence of love (fargo)

10 Meilleurs album Weird Folk :
Spires that in the Sunset Rises : curse the traced bird (secret eye)
Nalle : the siren’s wave (locust)
Ilyas Hamed : vertigo of dawn (digitalis a&c)
Sunburned – Circle : the blaze game (conspiracy)
500 mg : another order of experience (archive cd)
Zelienople : stone academy (digitalis a&c)
Scott Tuma : not for nobody (digitalis a&c)
Jeremy Kelly : Jeremy Kelly (digitalis a&c)
Pillars and Tongues : protection (contraphonic)
Milton Cross : light in the west (digitalis a&c)

10 Meilleurs album electro :
Németh : film (thrill jockey)
Ratatat : lp’3 (XL)
Machinefabriek : dawn (dekorder)
Fennesz : black sea (touch)
CoH : strings (raster noton)
Alpha : the sky is mine
Portishead : third
The Real Tuesday Weld : the London book of the dead
Mariska Baars/Wouter Van Veldhoven/Rutger Zuydervelt : zeeg (digitalis a&c)
The Declining Winter : goodbye minesota (rusted rail)

12 Meilleurs album electro-dance-soul-R’n’B:
Fujiya & Miyagi : lightbulbs (gronlnd)
Poni Hoax : images of Sigrid (tigersushi)
Rubin Steiner : weird hits, two covers and o love song
Hercules and the Love Affair : v/t (dfa)
The Chap : mega breakfast (lo recordings)
A bigger Slash : tunes for teens (bang bang & beats)
Calvin Harris : I created disco (cinq7)
Nekka : no longer at ease
Hocus Pocus : place 54
Madcon : so dark the con of man
Santogold : santogold
Erikha Badu : new amerykah

12 Meilleurs album expérimentaux (musique nouvelle):
L’Ocelle Marre : porte d’octobre (souterrains-refuges)
Pierre Bastien : visions of doing (western vinyl)
Renderizors : submarine (last visible dog)
Pedal : pedal (staubgold)
Tim Hecker / Aidan Baker : fantasma parastasie (alien8recordings)
Mira Calix : the elephant in the room : 3 commissions (warp)
Astrïd : & (arbouse)
Beequeen : sandancing (important)
Andy Moor : maker (unsounds)
Heaven And : sweeter as the years roll by (staubgold)
Painting Petals on Ghost Planet : fallen camellias (a silent place)
Hauschka : dusserldorf (karaoke kalk)

10 Meilleurs album frenshies :
Kim : don lee doo (vicious circle)
Marie Modiano : outland (naïve)
Thousand & Bramier : typhoon (arbouse)
My Name is Nobody : at the wolf pit (collectif effervescence)
French Cowboy / Lisa Li-Lund : share horses (havalina)
Kelly DeMartino : honest (village vert)
Marianne Dissard : l’entredeux
Stanley Brinks : dank u (auto prod)
Bumcello : lychee queen (tot ou tard)
Sporto Kantes : 3 at last (naïve)

6 Meilleurs album World :
Victor Démé : v/t (chapa blues)
Femi Kutti : day by day
Suarasama : fajar di atas awan (drag city)
Rachel Uthank & the Winterset : the bairns
Ayo : gravity at last
Melissa Laveaux : (no format)

10 Meilleurs album français :
Alain Bashung : bleu pétrole
Alain Souchon : écoutez d’où ma peine vient
Christophe : aimer ce que nous sommes
Barbara Carlotti : l’idéal
Rodolphe Burger : no sport
Jean-Louis Murat : tristan / Charles et Léo
Gérard Manset : manitoba ne répond plus
Wilfried : d’ailleurs
William Sheller : avatars
Daniel Darc : amours suprèmes

7 Meilleures rééditions :
Ed Askew : ask the unicorn
Duncan Browne : give me take you
Tom Brush : the circle game
Anne Briggs : v/t – sing a song for you
Owl : of mondrous legend (locust)
Ramses III : basilica (important)
Mellow Candle : swadding songs

5 Meilleurs Labels :
*Preservation
*Beta Lactam Ring
*Important
*A silent Place
*Digitalis industries