jeudi 17 août 2017

Jethro Tull 1971



Album de tous les sondages ? disque référence à proposer quand on veut faire découvrir Jethro Tull à un novice ? Surement. En tant que passionné du groupe dans son intégralité, je laisse glisser cet opus 71 sur les incontournables. Des choses évidentes à exposer sur "Aqualung", aussi, sur la pochette, un vieil homme tout droit sorti du folklore médiéval britannique comme s'il avait traversé l'Atlantique cachant sous sa pelure crasseuse la recette du vieux delta. L'air démoniaque, cette figure Old Scratch semble vouloir rappeler la croisée des chemins, la naissance du blues sur lequel Jethro Tull a déposé sa genèse.
Ian Anderson a dilué son blues initial avec du folk médiéval et du rock progressif à venir.

C'est une pochette mythique, un réflexe rétinien qui m'embarque dans la locomotive infernale du groupe, le grand père du blues, malicieux tirant vers la cloche, une musique de vagabond céleste mise en peinture par Burton Silverman. La légende veut que c'est le visage de Ian Anderson que le peintre a essayé d'incarner tout en utilisant les clichés de sans-abris de la compagne Jennie Anderson. Dans mon cerveau embrumé je croyais, au temps où j'ai découvert cet incontournable, que Aqualung était le chien du pépère à trottoir. Peu importe les idées de cabots, c'est un nom qui claque et sonne comme l'air aviné d'une belle époque des seventies reposant pour un temps sur la traversière bandée d'un baladin errant.

Médiatiquement la pièce centrale ? Peut-être. C'est en tout cas pour moi, l'album qui renferme une des plus belles chansons folk de Jethro Tull, "Wond'ring aloud".. ballade poétique merveilleuse qui sera reprise un an plus tard dans la compilation "Living in the Past" sous d'autres couleurs, "Wond'ring again".

Sur laplanète, 292 versions officielles d'"Aqualung" depuis 1971, je connais depuis 2015, trois rééditions remixées, dont celle de Steven Wilson 40 ans après ce pivot discographique. Celle qui renferme les plus riches bonus, et le son le plus fantastique, à condition d'en posséder  l'original, le vinyl, celui qu'il faut quand nous viennent des envies de quais, d’embarcadères, de rives bitumées, des envies de trottoirs sur lequel le blues a un jour déposé son baluchon pur coton.

Jethro Tull 1971 "Aqualung" label : chrysalis / islands



samedi 12 août 2017

Parov Stelar



Etage noir recordings, le niveau qui me renvoie vers au Professeur Inlassable à une époque dont j'ai oublié la saveur. Loin de moi l'idée de jouer les vieux gens, mais sans connaître la technique de la chose, y'a un truc en boucle répété qui me ramène à Moby et son « Play again » que j'écoute encore, quelques fois, des choses pas désagréables du tout, le son que l'on papiète quand y'a du monde autour des enceintes. Du festif désuet, des remixes de son d'un autre temps du des techniques modernes.. et j'aime ça. 
Sûrement la présence la présence de monde autour de cette musique est très recommandée, aussi je me retrouve solo explorer ce plasma autrichien sous un ciel d’août crachin et du monde arrive, plein de gens pour qu'on se colle et que le mercure retrouve des couleurs indécentes.


Je regarde sur Discogs, 2004 les débuts, 10 albums, rien de ma rétine qui réponde au souvenir, et pourtant cette pochette là sur les étalages étalés m'a interpellée, n'est-elle pas craquante ? Des reliques samplées, du sépia remasterisé, du son mélangé, c'est samedi, c'est bon.. j'attends du monde, je vais leur présenter Muddy Waters .. « Soul fever blues ».


Parov Stelar 2017 « The Burning Spider » label : étage noir recordings

jeudi 10 août 2017

Bertrand Burgalat 2017



Les albums de Bertrand Burgalat ont tous des vibrations estivales. Si le temps qu'il fait raconte des albums, quelques disques dressent illico la météo, « Les Choses qu'on ne peut dire à Personne » se partage entre juillettiste et aoûtiens.


Ultra anticyclonique, ultra classe, ultra dévotion pour cet univers "Sssound of Mmmusic" que j'ai pris passionnément pour entrer dans un nouveau siècle, huitième pièce de son label Tricatel, c'était en 2000.
D'ailleurs, Tricatel, ça sonne pas résidence de vacances, villégiature estivale, refuge de crique où le sable est ton oxygène ? Tout Burgalat en soleil ultra mure résonne sous le zénith hyper comblé de lumière. Ce son là, sa voix, la basse, synthés, un univers à lui, c'est un album qui raconte la vie d'aujourd'hui sur des notes intemporelles, passéistes et futuristes. C'est un climat, une ambiance, c'est absolument solaire..plus que jamais.

Burgalat n'a pas le retour qu'il mérite, il a pourtant offert en 2001 entre autre, un des meilleurs disques de rock de par ici avec les A.S Dragon.Cet album, faut le dire à tout le monde.
Je termine ce billet sur des mots à lui : « Il y a beaucoup de merdes qui marchent dans tout ce qui sort et ça a toujours été le cas. Et ce n'est pas parce que ce que l'on fait ne marche pas que ce n'est pas de la merde. Et s'il suffisait de faire de la merde pour que ça marche, il y aurait beaucoup de milliardaires du disque... » (R'n'F 2017) .

Bertrand Burgalat 2017 «  Les Choses qu'on ne peut dire à Personne » 
label : tricatel


lundi 7 août 2017

Tue-Loup 2017





Au bord du chemin qui mène à la musette, se dresse la même clôture de fils barbelés qu'en 98 quand les sarthois chantaient "Mon amant de Saint-Jean" cette première reprise fantastique qui a déposé Tue-Loup sur les rails en plus du fait que "Le Nœud", "Les Vanneaux", "La bougie" sont toujours des incontournables inébranlables d'alors, sans compter avec "Veltra" et "Morphlée"..


"La Bancale" s'est ouverte sur une discographie imparable avec mon sommet hexagonal à moi "La Belle Inutile" et le récent "Ramo". J'aime ce groupe et la carrière solo de Plumas.
Les lampions sont là, de l'autre côté du chemin acoustique qui invite, que j'ai foulé pour rejoindre la foule en java. J'ai cherché qui chantait, Bourvil, Montand, Piaf .. et puis je me suis perdu, je connais même pas Georgette Plana. Tue-Loup prend tellement à eux des airs que l'on connait tous, et puis c'est un grand groupe de par ici, et puis c'est un peu l'été quand même, et  puis la musette des bals de quelque part sur une petite scène carrée séduit, pas loin de par ici... trois temps, trois notes, une java, les Compagnons de la Chanson et viva Espana même à marée basse, histoire de danser avec Nana et Julo.


Tue-Loup 2017 "Total Musette" label : l'autre distribution / la lézarde

 


mercredi 2 août 2017

The Brian Jonestown Massacre 2017



Depuis que l'ergot du seigle a mis le grappin sur la musique fin 66 et à fait de l'été suivant le plus lysergique des mythes estivaux, le psychédélisme n'a jamais cessé de dilater la pupilles des artistes bariolés. Encore aujourd'hui, un kaléidoscope de musiciens portent sur eux le lourd héritage d'une conscience modifiée.
Les tiquettes psychées tombent sur les albums comme des confettis acidulés multicolores. Je pense à Jacco Gardner en premier, puis Lennon fils avec le barge Claypool....


Pensées et perceptions remaniées, rêves, transes, hallucinations..difficile de poser des frontières.. où commence le fauve, où prend fin la brûlure. Les produits lysergiques ont défilé à chaque génération, Lucy in the Sky with Diamonds-25, héroïne... Anton Newcombe, le massacre de Jonestown, les Stones de Brian, ses influences nommées un peu partout dans les titres, Velvet, My Bloody Valentine... c'est son 16ème album en 25 ans de trip, 6 mois de travail pour celui-là, du monde dans les crédits dont cette voix féminine à la Seigner (Tess Parks) qui donne à « Throbbing gristle » et «  One slow breath » une teinte ultra Orangée. « Don't Get Lost », le sublime double Lp de The Brian Jonestown Masscre irradie la planète depuis quelques mois déjà. Je pense aussi à Experimental Pop Band, des disques intemporels comme les champignons mexicains qui poussent entre les sillons d'un acétate de vinyle. 


Le label d'Anton The Committee to keep music evil en dit long sur les ondes ergométriques qui prennent d'assaut la charpente de son auberge. Un album à fumer, à s'injecter, allongé sur le buvard, sûrement le plus psyché de sa discographie foisonnante de lumières électroniques et de couleurs percutantes. 


The Brian Jonestown Massacre 2017 « Don't Get Lost » 
label : the committee to keep music evil / A records


lundi 31 juillet 2017

Hills / Elecric Moon / King Gizzard and the Lizard Wizard : stoner 2017





Ça brûle, c'est chaud, on crame, un vent solaire attise les écoutilles, liquéfiées, projetées en fusée cosmique, tout est en flamme.

Un triptyque 2017 shoegaze-space-spyché-stoner-garage-rock. Triptyque volcanique.

Hills « Alive at Roadburn » label : rocket recordings
Electric Moon « Stardust Rituals » label : sulation records
King Gizzard and the Lizard Wizard « Murder of the Universe » label : fightless



mercredi 26 juillet 2017

Simon / Sanson / Cabrel ... 3 pochettes





Tryptique à nouveau, des pochettes hexagonales assez moyennes et qui se ressemblent. Je pense à Franky et sa covers folie, à Rob le chartrain venu ici dans les commentaires, à tonton et son blog de vieux vinyles de part ici.
Coïncidence géographique, ces trois albums ont été achetés au même endroit, sauf Yves Simon, presque en même temps, un magasin d'occas à Chartres pour 10 balles. Sauf Yves Simon ces trois albums ne sont pas absolument indispensables dans la discographie de chacun, assez moyen même. Mais je les écoute toujours avec la même passion, celle d'une carrière époustouflante qui pardonne quelques baisses de régimes... sauf pour Yves Simon.

Elles se ressemblent ces pochettes au trois majors en triple lettres majuscules, non ??
Triptyque de chez nous à garder ou pas, sauf pour Yves Simon, « Un Autre Désir » est un grand disque, il y a « Les fantômes de Paris », Zelda et Caroline...


Yves Simon 1977 « Un Autre Désir » label : RCA victor
Francis Cabrel 1988 «  Les Chemins de Traverse » label : CBS
Véronique Sanson 1985 « Véronique Sanson » label : WEA






mercredi 19 juillet 2017

Jessica Moss / Saltland / Joni Void : Constellation 2017




Un triptyque, l'hotel2tango, constellation qui continue à diffuser quand tant de labels disparaissent. Sans avoir le moindre doute, les nouveautés d'un grand collectif flambent encore. Il ne faudrait pas pour autant qu'on laisse la routine s’installer, grignoter le nerf ou laisser s'éteindre ce feu qui perdure depuis la fin des 90's.


Trois nouveautés, une entité, avec toujours ce design de pochette qui colle à la politique artistique de Constellation.
Trois noms au CV hyper chargé parmi cette géométrie formidable,.. trois pochettes dans les tons, et en bonus, le grand retour prog expérimental fantastique des post-rock-jazz Do Make Say Thing.
De l'ambiant post rock, des cordes, du violon, du field recordings, des expérimentations..du gros son...les nouveautés Constellation.


Saltland « A Common Truth »
Joni Void « Selfless »
Jessica Moss « Pools of Lights »


Do Make Say Thing 2017 « Stubborn Persistent Illusions »


jeudi 13 juillet 2017

Feist 2017



« Pleasure » est le blues fou moderne de la plus belle fille du monde. Ou alors, le plus beau blues fushia de la plus folle fille au monde...

A l'image de la pochette, ce disque amok n'est pas si fou que ça. Une lune de plaisir se mange les bougainvilliers, elle, la Leslie rose s’apprête à défoncer une porte.
Comme par hasard, l'entité canadienne Broken Social Scene dont elle a fait parti sort un nouvel album.
« Pleasure »... j'entends du blues, c'est moderne, une fille que j'adore expérimente le sien.

Feist 2017 « Pleasure » label : interscope records
http://www.listentofeist.com/tour


vendredi 7 juillet 2017

Raoul Vignal



Le bruit blanc d'un été qui cogne, « The Silver Veil » est matinal, séminal, quelque chose qui engendre. Raoul Vignal promène son figer-picking à nylon sur ses frettes et c'est pas un manche.


Je me suis laissé happer par un album que j'ai mis du temps à écouter, le soleil allumé descend sur un horizon étain. Je pense à la kora de Yann Tambour (Thee, Stranded Horses) et au folk de Nick Drake/ John Martyn et l'on se situe certes quelque part, dans un endroit précis..mais où ?


Le premier album de Raoul est un miracle argenté, une lumière chamanique éclaboussante, chaque note alternative décompose le temps et absorbe les rayons.
Je reviens auprès de Talitres, des bordelais qui hébergent un lyonnais pour une musique de virtuose opalescent.

Raoul Vignal 2017 « The Silver Veil » label : talitres



mercredi 5 juillet 2017

Dan Auerbach 2017





Dan a laissé au vestiaire son blues rock de serrurier détrempé pour une pause estivale 60's déroutante. Ce sont des ballades pop soul comme si de rien n'était alors que tout y est.

Pas improbable que les auto-radios frissonnent cet été au son de « Waiting on a Song », Dan fait ce qu'il veut, heureux, il gambade avec ses notes et sa gratte débranchée ou pas. Boots foulant les feuilles d'érable, roots sucré, un petit sirop sympa pour l'été.


Dan Auerbach 2017 « Waiting on a Song » label : easy eye sound



dimanche 2 juillet 2017

Status Quo 1976



Je me souviens gamin d'avoir croisé Nougaro sur une plage de l'Ouest, pas loin d'une Thalasso. J'y vais franco, je suis fan etc etc. Euhhh.. bah de « Nougayork ». «Ah évidemment » me répond-il .. j'allais tout découvrir de lui juste après, et comprendre sa « frustration » d'alors en absorbant tout son art et sa discographie faramineuse. 


Là, avant hier, je place Status Quo dans une discussion discographique de rock majeur, certes houblonnée, avec quelques connaissances amicales anodines parmi lesquelles deux ou trois visages m'étaient absolument inconnus, mais qui n'avaient en rien de prime abord à procurer chez moi la moindre antipathie. « Ah ouaih énormes les Quo, moi aussi comme toi, je kiffes « In the Army Now » » que je prends sans m'y attendre, ou plutôt pas à ce moment là précis où j'ai perdu l'habitude d’accoster les gens connus ou pas sur une plages quelconque, et où ce morceau avec lequel je n'ai aucune aigreur, m'était complètement sorti du cortex.

Bordel, impossible d'écouter ce qu'on veut où et quand on veut. Un poil agacé je case direct un de mes préférés « Blue for You » des boogie's man de chez Vertigo anglais. Et j'y vais du « That's afect » ça compte pour les cleps ?? « All through the Night » c'est du poulet, « Rolling home » mon pote elle écoutait ça ta mère ?? .. les tuniques bleues vont venir t’enrôler dans une armée wok'n'woll à faire pâlir la prière du soir, j'vais quand même pas le débiter façon jambon d'York...
J'ai vu au silence général que cette tète inconnue avait la tronche d'un cumulo sans pouvoir lâcher la moindre goutte, un orage sec. J'ai recommander deux pintes, une pour lui, et j'ai pensé à Nougaro sur la plage avec un discours tout autre que j'ai grifouillé depuis, depuis trois décennie, les mots que je lui aurais dit maintenant. Le pire, c'est que je n'ai rien contre « In the Army now », ou plutôt, je n'avais rien contre. 


Moi j'aime bien la voix de Rossi, Parfitt est parti discrètement.. On met le bleu de travail, on sort les doigts et on balance « Blue for You » histoire de faire péter tous les pare-chocs. Et pour les fans de "In the Army now", le "Blue for You" est dispo en deluxe histoire de remettre les pendules à l'heure.

Status Quo 1976 « Blue for You » label : vertigo


jeudi 29 juin 2017

Babx 2017



Un monde sidérant se dresse devant moi, un dédale artistique à couper le souffle. Un souffle de Saravah à plein poumon. Je dois avoir le cerveau délié pour tomber en ce moment sur autant de chef d’œuvre.
J'ai quelques souvenirs vagues des balbutiements de Babx, il va falloir que je retourne décortiquer tout ça, histoire de comprendre la beauté axée de cette œuvre de chansons free-jazz de par ici. Certes le grave contexte déclencheur qui fait rage sur la planète dans ces nouveaux temps ...euh grave contexte... ignominie générale plutôt, donne à ce tableau là une profondeur indescriptible, la blessure pour ainsi mettre tout à plat.


Du Chatterton en feu pour mieux nous montrer le cuivre des fils conducteurs, la chair brûlée, on n'imagine pas la fulgurance tranquille qui passe dans ce câble là. J'ai mis le doigt sur cette moelle, je suis resté collé au mur bombardé ou explosé, en ruine, j'ai regardé Babx planer, monter mille fois plus haut, tomber au ciel, tout tangue..


C'est un album concept qui raconte une histoire, pas évident que les gens aiment, parce que faut vous dire Monsieur, que chez ces gens là......


Babx 2017 « Ascensions » label : bisonbison

lundi 26 juin 2017

Nev Cottee 2017





Voilà une musique qu'il colle au temps qu'il fait. Je ne connais pas Proud Mary, Nev Cottee en était le bassiste. Depuis que le groupe n'est plus, il a sorti trois albums à lui. Une belle pochette seventies dans un magasine, un rappel motivant de SB, et me voilà noyé dans le "Broken Flowers". Un mal fou à me procurer cette nouveauté sortie le 2 juin, l'unique streaming du label Wonderfulsound qui porte bien son nom et sur lequel déjà un rescapé de The Coral y figure, était mon seul recours jusqu'à aujourd'hui. Je viens juste d'être récompenser de mes recherches acharnées. Je savais quoiqu'il arrive que ce disque allait me renverser.


Un mancunien se balade dans le désert du Nevada , ou plutôt un esprit américain cinématographique flotte du côté de Manchester. Impossible d'imaginer autre chose qu'un voyage magnifique. "Broken Flowers" est un préjugé récompensé. J'avais le sentiment que. C'est exactement comme je le voyais.

Impossible de sortir du chemin quand on aime Hazlewood et Axelrod, Cohen, Lanegarn produits par Beck ou Danger Mouse, Rodolphe Burger ou l'"Hotel particulier" de Gainsbourg, americana symphonique from Manchester.... Il va passer quotidiennement de ce début d'été jusqu'à l'automne prochain et peut-être plus encore.


Va falloir le détrôner celui-là.


Nev Cottee 2017 "Broken Flowers" label : wonderfulsound








vendredi 23 juin 2017

Timber Timbre 2017




Le temps qu’il fait vient toujours déposer un contexte d’influence sur mes écoutes, aussi, j’aurais bien aimé vous parler d’un petit bijou de pop sombre tout fraîchement sorti. Mais dehors il fait beau, le ciel et le mercure chantent des acoustiques.
Il fait soleil à éclabousser chaque note et j’aurais pu attendre la nuit tombée pour m’étendre sur « Sincerely, Future Pollution ». Mais même les étoiles entre les burlats trop mûres me déconcentrent. Pourtant cette nouvelle collection de chansons parfaites des canadiens à succès est une des plus belles que j’ai pu écouter cette année.

Au loin, le chant des rainettes qui copulent me détourne de cette noire pochette urbaine au son grave. J’aperçois encore la petite touffe de mouron rouge qui égaille une pierre de rocaille, pas envie de m’en faire, du mouron, dommage, c’est un grand disque ce nouveau Timber Timbre, et je me souviens des albums précédents un peu plus lumineux. Pas de vent, la menthe poivrée exhale tout ce qu’elle peut et mes pensées anticycloniques m éloignent de ce chef d’œuvre.


Des jours que la canicule se repend et m’interdit de vous parler d’un disque sublime qui attend le prochain crachin gris pour embellir ma morosité. Cold pop atmosphérique à synthé, les guitares froides dansent la mélancolie, Kirk, Trottier et Charbonneau montent et franchissent les paliers des objets incontournables.
Dommage, il est 22h45, il fait 26°C, les ombres ne font plus qu’une et j’aurais bien aimé vous parler du nouveau Timber Timbre.

 
Timber Timbre 2017 “Sincerely, Future Pollution” label : city slang

mardi 20 juin 2017

Lindsey Buckingham / Christine McVie



Rescapés d'une autre vie ?

Il y a presque 25 ans, sur une des plus belles pochettes du moment, Lindsey & Nicks s'affichaient presque nus pour leur premier album. Lui dodu chevelu, elle mince et pulpeuse, presque 25 ans après, Stevie est occupée pas ses 24 carats, et sur la pochette 2017, deux sexa comme des jeunots qui font gaffe à leurs corps, Lindsey & Christine. Rescapés d'une vie faramineuse ??

Peu importe le contexte cette fois-ci, les autres vies ont passé, le Tango est consommé, les Carats sont encore sur la platine, c'est un super bon kiff gratos de retrouver des chansons nouvelles du Fleetwood Mac .. ah oui, un petit détail, John McVie est à la basse et Mick Fleetwood à la batterie. Et puis les vies sont passées, cet album sans titre est un bonus, un cadeau de haute tenue, avec dedans des chansons pop rock à la sauce Buckingham / McVie.

Alors la pochette est moyenne, mais bon, sont sexa, pas ensembles, on est pas dans les 70's, la nudité peut s’abstenir, toute façon les chansons sont absolument délicieuses, quand on aime le Fleetwood, oups, Lindsey & Christine. Le son est béton, Lindsey sait y faire, l'écriture enlevée, joyeuse, des excellentes ballades estivales à fredonner toute la journée. Eh, « In my World », y'a les gimmicks gutturaux de « Big Love » ou c'est mes yeux ?? Oui mais là c'est Christine. Peut-on lâcher sur ce morceau là, qu'il est typiquement Fleetwood ou Lindsey ?? On s'en fout, un nouveau Fleet... euh .. duo provenant du groupe anglo-americain vient de paraître, et je me relève la nuit pour écouter un de ces airs que j'ai égaré dans un rêve pop paradoxal.

« Too far gone », l'a toujours été rock la Perfect, « Carnival Begin » et l'album se termine sur la plus belle chanson, grave et rock, l'a toujours été un peu plus rock la McVie...
« Lay Down for Free », « Love is here to stay », c'est pas une rumeur, Lindsey est un très grand guitariste, on prétend qu'il n'est pas un héro, après Green et Dirwan pas facile, pourtant.

Bon, je parle beaucoup de Fleetwood Mac en ce moment, alors on va dire que dans les bacs, l'unique album Lindsey Buckingham / Christine McVie vient de sortir et qu'il colle aux oreilles sans prendre la tète, easy super bon, en pleine bourre, du pur jus, et ça reste toujours anglo-américain.

La saga continue.

Lindsey Buckingham / Christine McVie 2017 label : atlantic






lundi 19 juin 2017

The Mountain Goats 2017




Une multitude de pop moderne ainsi sonne comme The Mountain Goats : de Postal Service à The Clean en passant par Shack, Cane 141…..

Pourtant à chaque fois, ce groupe californien me procure un peu de plaisir en plus, une affection particulière, une touche de reviens-y. Je me remets « Ghosts » encore un peu, il est passé à une vitesse.

La recette est bien ficelée, elle est simple, une collection de chansons pop presque parfaites, une légèreté pas piquée des hameçons, des airs heureux comme des pinsons, harmonies, fraîcheur, cuivres (façon « Vers les Lueurs »), une à peine perceptible touche jazz qui séduit en arrière bouche, une voix avec laquelle on s'est déjà familiarisée, une sincérité enthousiasmante qu'ils ont bien du mal à dissimuler.
 
Bref, le disque pop moderne presque parfait.

 

 
The Mountain Goats 2017 « Goths » label : merge
 

jeudi 15 juin 2017

Kevin Mac & Mark







C'est pas beau ça, c'est pas un joli triptyque estival comme un festival à soi à se bouffer de la pop rock jusqu'à plus soif ? C'est un colloque avec des petits jeunots ou qui font genre, et qui commencent sérieusement à avoir de la bouteille à force qu'on parle d'eux de plus en plus. La trilogie des branlicots qui toisent avec leur disques insolents à tomber. Ils balancent la sauce easy avec du matos de haut niveau. Branleur et branlicots, oui car sur les trois il y a un pas tout jeune, mais qui vient se placer tranquille dans ce trinôme tellement il fait pas son age le Mark, le vieux de la veille.

Impossible pour moi de les départager, un tiercé dans le désordre, tantôt Morby, tantôt Mulcahy, quelques fois Demarco, un peu plus sombre et recroquevillé pour Mulcahy, plus suave et acoustique pour Demarco, quant à Morby, l'ex-Woods envoie facile un petit rock très sonore, très chiadé, des saynètes solides impeccables et rondouillardes... ah bah si, je dois avoir un faible pour Morby..mais peut-être demain Mulcahy sur le poteau viendra coiffer les deux autres avec sa touche de songwriter déglingué et buriné.


Je les ai découvert en même temps ces trois nouveautés 2017 qui vont lourdement alourdir l'étagère des bons disques cette année.

Ils n'ont aucune étiquette, leurs voix sont assez proches, Morby 29 ans 4 albums depuis 2013, Demarco 27 ans 6 albums depuis 2012, Mulcahy tout se brouille depuis 1997 et son gros CV.. pas d'étiquette sauf peut être le tout petit côté Morrisson de « The Fiddler » pour Mulcahy, ou le coté Reed de « Dry your eyes » pour Morby..ouaih bof, même pas, bon j'ai rien dit.

Un peu le Morby quand même ma préférence.. bon peu importe, on verra dans quelques mois la résistance aux écoutes..

Je viens de passer une journée avec trois nouveautés tellement de ce jour dans ma tète que je me demande bien si c'est pas mon cerveau qui a sublimé ce moment de rencontres ou si c'est le hasard vachement bien foutu de trois apparitions réservées le même jour qui du coup ont ensoleillées ce grand soleil estival alors qu'il n'a pas encore atteint son zénith.
Impossible de dissocier quoique ce soit, j'ai quand même l'impression que DeMarco n'est pas dans les premiers, mais bon, quelques degrés en plus et ses virées rocking-chair pop vont prendre le dessus sur les deux autres à coup sûr.

Allez, trois albums 2017, trois artistes incontournables pour une journée découverte, mon séminaire solo à bouffer Kevin, Mac et Mark sous un soleil de plomb. 


Kevin Morby 2017 « City Music » label : dead oceans
Mark Mulcahy 2017 « The Possum in the Driveway » label : mezzotint
Mac Demarco 2017 « This Old Dog » label : captured tracks